Ï06 CHAP. V : LES RÉGIMES
p. S 7, s^S, XII (1877, 2' série, t. iv), p. 296, A. B. (A. Boucherie), RLR, t. xvi (1879, 3*^ série, t. 11), p. 80, et Lespy, p. 295. Dat. /; et lou concurrents à Bordeaux; // en Born, Albrct, Bnzadais; Couserans sg. //, pi. lisi (d'un pi. /û agglutiné avec Tadv. pron. /', employé dans beaucoup de parlers comme dat. « lui, leur », v. § 85 g, note). Ce qui suit s'appliquera aux formes d'ace, masc. (fonction d'ace, masc. ou de dat. masc. et fém.) et fém. (fonction d'ace, fém.).
Masc. sing. procl. Ion en Béarn et dans les Landes, aussi eu en Béarn E., au en Béarn S., ou en Béarn O. et dans les Landes ; le [le] dans l'E. de la Lomagne, en Comminges, à Luchon,en Couserans, soit sur la lisière des pays de Toulouse et Foix, qui emploient le < (//) le comme pronom et comme article; ailleurs en général lou ; end. -/o//(E. de la Lomagne, etc.. /<?), asyll. -m [w], Ex. luch. atrapa-u « l'attraper », ligal-le « liez-ie ». Plur. correspondants: procl. Ions et eus * dus ^ ous, les; encl. -lous, -les, asyll. -us [ws].
Fém. sing. procl. la, sauf le [h] à Bayonne et dans la partie avoisinante des Landes; plur. correspondants las, les [Us] ; encl. suivant le traitement de lat. -^a, -^ as, ex. b. land. le[b], pi. les [Us], luch. lo, pi. les [les], g. lo, pi. los.
3. p. sg. neutre : généralement formes continuant hoc, souvent avec une accommodation de phonétique syntactique généralisée (-/) et une alternance vocalique 0 — a sur un modèle tel que fém. lo — la : ex. b. at, asyll. -/ ; Aire procl. at, encl. -ac, asyll. -c, Lectoure procl. ac, tonique -oc'y luch. oc, asyll. -c; Couserans procl. ac, encl. 'Oc; Biros procl. et encl. ac.
§ 75. — A Toulouse j'entends metèts-lo « mettez-la »,
§§ 75j 7^ FORMES Aa. ; enclise toul. 107
digats-me « dites-moi », assetats-bous « asseyez-vous » prononcés [metçllç, digâmme, asetâbus], slvqc des accommodations ou suppressions de consonnes comme à Luchon et en Béarn (v. § 71, oimat-bous, Qtc...}; mais, après une ^ 1 * forme paroxytonique d'impératif, gardo-le [gàrdçlé] \^\i^ « garde-le ». Pour l'infinitif je note /^^/-/^ \leiik]i<- le lire», <i legi-lo [le^ilç] « la lire », contre èi pas lèse de le, la legi « je n'ai pas le temps (litt. loisir) de le, la lire » ; léu soun anat cent cops parla-li de moun mal (Goudelin, p. 38) « je suis allé cent fois lui parler de mon mal ».
Faits analogues en pays de Foix, ainsi cambia-le « le changer », pourta-les « les (masc.) porter » ; de plus le pron. de la 3. p. masc, surtout ausing., admet devant le verbe des formes asyllabiques comme l'article (Mo«i".m-/ ritou « Monsieur le curé », etc., v. RLR 1908, p. 505, 506) : e -/ menée « et (il) le mena », cargats de -/ défendre « chargés de le défendre ».
Cf. ALF, Se laver la figure.
Point de formes asyllabiques ni même, je crois, d'enclise pour les pronoms en laur. carc. querc, à Montauban et autour de l'Aigoual, parlers qui admettent des articles asyllabiques (ex. dans RLR, loc. laud.).
A. — « Voici, voilà »
§ 76. — Très usitée dans la Provence proprement dite est restée la construction ancienne, impératif (aujourd'hui sing. ve < vide, plus rarement vejo, emprunté au prés, subj. 3. p. sg. ' < videat, plur. vès, forme de tempo allegro pour t'^^^^, emprunté au prés. ind. <i videtis) + pronom
I. Remplacé dans cet emploi par la forme analogique vegue (normalisation en -g- de tous les subj. de la deuxième conjugaison).
Io8 CHAP. \ : i 1 s RÉGIMKS §§ yé, 77
(ou adverbe prc^iioniiii.il « en ») conjoint + « ici » ou « là » :
en s'adressant à une personne qu'on tutoie, ve-l'eici^ mai, aquest! (jOuhr, proso, p. i) « le voici encore, celui-ci! » vc-raqui tout au s6u! « le voilà tout par terre! » (Miou^r., p. 188), ve-Faqui mai que se reviho « la voilà encore qui se réveille » {Varaiy a. 11, se. 11, p. 34), ve-Iis-aqui (Ans. Mathieu, AP 1878, p. 81) « les voilà n^ve-léis-eici {Oubr. proso, p. 310) tt les voici »> % ve-n-aqui un {Conte, Li PerdigaUy p. 44) « en voilà un » ;
en s'adressant à plusieurs personnes ou à une personne qu'on ne tutoie pas, la plago, vês-l'aqui! « la plaie, la voilà ! » (R. /., a. i, se. m, p. 42).
§ 77. — Au xviii'^ siècle (ex. dans Brusewitz, p. 19) on voit apparaître les tournures où « voici, voilà » sont soudés et fonctionnent comme une sorte d'interjection dans une phrase nominale : la veici « la voici », et aussi des tournures mixtes (aujourd'hui inusitées) avec un régime direct devant le verbe et un datif éthique entre le verbe et l'adverbe : /ow, la ve-t-eici « le, la voici ». Ainsi se sont constituées des formes qui sont aujourd'hui en Provence veici, vaqui, vcjeici, vejaqui % et qui s'emploient indifféremment en s'adressant à une personne qu'on tutoie ou non,
1. Orthographe actuellement usuelle; plus anciennement on peut trouver veleici, etc.. écrits en un seul mot ; vès a toujours été écrit séparément ou avec trait d'union.