VOICI, VOILA
ou à plusieurs personnes. Les tournures du type précédent sont restées usitées surtout avec les pron. de la 3. p. et « en » ; plutôt rare est p. ex. ve-, vès-nous-eici « nous voici ». Les tournures du type récent peuvent s'employer en toute circonstance : lou vaqui sus ma man « le voilà sur ma main » (^Miôugr., p. 14), lou vejeici mai (Ouhr. proso, p. 19). <^ le voici encore », nefi vaqui uno di plus bello cité § 90. Elles sont seules admises devant un régime nominal : veici toun paire « voici ton père ». Elles prédominent dans les parlers autres que ceux de la Provence proprement dite, ex. bit. bejaici, haqui. Beaucoup de parlers 1. et aq. se servent très fréquemment de « ici, là » sans élément d'origine verbale, ex. mtp. aqui lou fatou « voilà le facteur ». Locc, not. toul., fréquemment garaici, garaqui (^garo, impér. de gara << vha. -warôn + « ici, là »).
§ 78. — Les combinaisons avec aqui sont beaucoup plus usitées que les combinaisons avec eici, de même qu'en fr. parlé on emploie beaucoup plus fréquemment là, voilà que ici, voici; cf. § 18. Dans la Gm^^f Mistral traduit les en, ecce de la Vulgate soit simplement (le plus souvent) par ve « vois » ou par vès « voyez », soit à peu près indifféremment par veici ou par vaqui, ex. veici que more (l, 5) « en morior », vaqui que more (xLViii, 21) « en ego morior ».
B. — Plusieurs verbes
§ 79. — La position des pronoms dépend ici de la nature du groupe verbal senti ou non comme un tout indivisible, comme une unité syntactique indissoluble, et, quand le second verbe est à l'infinitif, peu importe en principe que les deux verbes soient unis avec ou sans préposition (v.
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§S 114, II), 79 /// jine,So): vous km toitnie à dire aussi bien que t'eus lou dève dire. Si le groupe est senti comme indissoluble, les pronoms sont sentis comme régimes de tout le groupe à la fois. Sinon, ils sont, suivant le sens de la phrase, soit rattachés au verbe principal, soit, s'il y en a plusieurs dans la môme phrase, répartis entre les deux verbes.
Les constructions varient suivant trois catégories de verbes qu'il faut maintenant examiner un peu en détail'.
1° Verbes auxiliaires proprement dits. Aux formes périphrastiques du passé et au passif, les deux verbes sont inséparables et les pronoms se placent devant (Tai pour ta « je l'ai porté », te siéu ôuhliga « je te suis obligé », pèr vous Vavé di u pour vous l'avoir dit », me siéu troumpa « je me suis trompé », lom. mèi perdut tnoun amigo, v. § 66 in fitUy etc. . . .) sauf peut-être à l'impér. {agues-lou fa « aie fait cela », litt. « aie-le fait » ; les constructions de ce type sont à peu près inusitées). Cependant certains parlers aq. peuvent intercaler un pronom enclitique après l'inf. « avoir », ex. Sengouagnet aué-lo croumpado (BDM 19 12, p. 138) « l'avoir achetée » ; en b. après ahé-le croumpade est usité à côté de la construction plus fréquente après Fabé croumpade.
Mais aux formes périphrastiques du futur (§ 115) on dira p. ex. ai de t'escriéure « j'ai à t'écrire », sian pèr loti faire « nous allons le faire » ; * fai d'escriéure* lou sian pèr faire seraient à peu près incompréhensibles.
2° Verbes presque toujours sentis comme formant un groupe indissoluble avec un deuxième verbe (principal) à Tinfinitif ; ce verbe principal peut être précédé d'un com-
I. Très nombreux ex. dans Brusewitz, p. 38-43 ; plusieurs ne sont pas bien interprétés.