AUXILIAIRES ET SEMI-AUXILIAIRÉS III
plément (cf. § 36) ; les verbes de cette catégorie s'unissent au verbe principal sans préposition intermédiaire. Sont presque toujours sentis comme formant un groupe indissoluble les verbes signifiant « faire, laisser, envoyer, mener, entendre, voir, sentir ». Les pronoms se placent devant le groupe verbal, sauf à l'impér., où ils se placent entre les deux verbes : pèr me faire rire « pour me faire rire », vous lou far ai bèn coumprendre « je vous le ferai bien comprendre », se loufaguè pas dire dos f es « il ne se le fit pas dire deux fois », emai te fagues charpa « quoique tu te fasses gronder », l'ai hissa bada « je Tai laissé attendre », nous mandon guerre (( on nous envoie chercher », lis ié meno paisse « il les y mène paître », l'ai entendu (ou ausi) dire (c je l'ai entendu dire », aquéu mur, l'ai vist demouli « ce mur, je l'ai vu démolir », Vai senti passa « je l'ai senti passer » ; fai-te vèire « fais-toi voir » , mando-nous guerre « envoie-nous chercher », laisso-me la vèire « laisse-moi la voir », leissas-me vous lou dire « laissez-moi vous le dire » ; après un subj. exprimant la prohibition (§ 131), même ordre qu'avec un autre subj. : te jagues pas vèire ou noun te fagues vèire, comme plus haut emai te fagues charpa.
M. Brusewitz (p. 38) cite un exemple curieux de Bellaud (i, p. 57) :
Tu noun mi fas que trouhlar moun cervèu,
litt. « tu ne me fais que troubler mon cerveau », c.-à.-d. « tu ne fais que troubler mon cerveau » : les constructions usuelles seraient tu noun fas gue trouhlar moun cervèu et tu noun fas gue mi trouhlar lou cervèu, mais aucune n'aurait convenu au mètre du vers.
Pour la forme des pron. entre impér. et i4if. (élisions, pronom de la 3^ personne), v. § 82. Pour l'historique v. plus loin, 3°.
112 CHAI. . . ,.. t^hi,lMKS ^ 79, 2°
Certains cas semblent taire exception, ainsi estouna de l'aus' ié demanda rintrado (Coûte, La)ii salut de Tarascoun, p. 2\\) « étonné de Tentendrc lui demander l'entrée ». La tournure n'est particulière ni au pron. ié ni au groupe inf. -\inf. : on dirait de même de l'ausi te demanda, Fausiguè ié demanda « il l'entendit lui demander », etc. ... Il y a ici en réalité deux groupes pronom -|- verbe. Cf. encore vous Fat entefidu dire « je vous l'ai entendu dire », mais XH}us ai entendu ié dire « je vous ai entendu lui dire ' ; te Fai leissa dire « je te l'ai laissé dire », mais Fai leissa me dire « je t*ai laissé me dire ». Il en est de même dans plusieurs ex. cités plus haut (impér. -|- pron. -\- inf.) : fai'te vèire et tnando-nous guerre sont des unités syntactiques [ faitçvéire, màndçnuskère ] , mais laisso-me la vèire et leissas-me vous lou dire se décomposent : [ làisçmé lavéire, lisamç valudlr(].
Quand le second verbe est réfléchi, le pron. n'est d'habitude pas exprimé spécialement devant lui, jamais quand cette expression ferait répétition de pron. identiques se suivant immédiatement (superposition syllabique) : laissom'asseta (Ow^r. proso, p. i88) «laisse-mo/ m'asseoir », leissasme desgounfla (ibid,, p. 170) « hissez-moi me dégonfler » ; en dehors de ce cas particulier, on préfère aussi omettre le pronom toutes les fois que le sens est assez clair : se la fas pas teisa (jOubr, proso, p. 95) « si tu ne la fais pas taire », pèr faire asseta. . . . tout lou mounde (ibid., p. 193) « pour faire asseoir. . . . tout le monde », li laisson nega Çibid.y p. 174) « ils les laissent se noyer ' ».
I. Je ne sais pourquoi M. Brusewitz (p. 77) voit une omission de pron. dans
N'i*a que l'an agu vist, au founs d'un toumple,
Estalouira au soulèu subre l'areno.
Il ne s'agit pas ici d'un inf., mais d'un part, pass., et Mistral traduit