SEMI-AUXILIAIRES II
Dans une construction comme
Leissas-Z^z s' emplana dins lis èr benastru
« laissez-Z^j- se perdre dans les airs pleins d'étoiles » (Mir., c. II, str. 46), la coupure entre les deux membres [lîsaléi semplqnd], marquée par l'emploi de la forme pleine /«(v.§ 82) explique 5' d'ailleurs en même temps euphonique. Dans pulèu que de la leissa /espandi « plutôt que de la laisser s'épanouir » {Varai, a. iv, se. iv, p. 142) on peut voir le désir d'éviter l'aphérèse leissa spandi qui donnerait un effet rythmique plutôt fâcheux.
3° Verbes signifiant « pouvoir, vouloir, devoir, falloir, savoir, oser, aller, venir, recommencer {tourna dans les locutions itératives) ».
Ces verbes sont suivis (avec ou sans complément, et le plus souvent sans préposition) d'un verbe principal à Tinfinitif. On trouve encore chez Boysset p. ex. van si embrassar « ils s'embrassèrent ^ » : le pronom est enclitique der-
lui-même très exactement : « il en est qui l'ont vu, au fond d'un gouffre, nonchalamment couché au soleil sur le sable » (Rose, c. vi, 1. l, p. 138). Je ne m'explique pas non plus comment il peut dire (p. 77) que « l'usage est le même qu'en français », alors qu'il traduit lui-même li laisson nega par « ils les laissent se noyer 0.
I. Prétérit périphrastique, employé dans la narration à peu près avec le même sens que le prétérit simple, aujourd'hui d'usage courant en / Catalogne, très répandu dans les Alpes au moyen âge (P. Meyer, R 1889, p. 427), fréquent dans Cro:(ada ( not. v. 471, 5127, 5150, 5183), parfois employé dans les mystères alpins ; ex. très instructif pour l'origine de la tournure dans DLM, p. 427, 428 (Briançon, a. 1495); ex. avec le prêt, de « aller » au lieu du prés, dans DLM, p. 438, no 10, anet pendre «. prit » (Guillestre, a. 1539). Je n'ai jamais entendu employer cette tournure dans la conversation, mais les exemples suivants, tirés de récits familiers, montrent qu'elle n'a pas entièrement disparu de la langue actuelle (plusieurs ex. avec pron. régime) : vau entendre « j'entends » (présent narratif) dans Esp., ch. iv, éd. pr. p. 60, éd. pr.fr. p. 128; se van dire d'un à l'autre (AP 1877, p. 60) « l'un d'eux
J. RoNjAT. — Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes. 8