‹ Essai de syntaxe des parlers provençaux modernesChapitre 48 sur 139 · IÎ4 CHAP. I RÉGIMES · texte numérisé non relu

IÎ4 CHAP. I RÉGIMES

ricrc le prcniicr verbe, tournure usuelle en vpr. (cf. § 68). Mais quand l'ordre pronom + verbe saufà l'impératif s'établit définitivement, il paraît emporter l'ordre pronom -f groupe verbal indissoluble : Boysset hésite encore entre/« lo hatciar « il le fit baptiser » et lofes portar « il le fit porter » (déjà tu tfii mandas asorar idola dans Sainte Agnès), mais Bellaud emploie à la règle la tournure si f allé retirar « il fallait se retirer », exceptionnellement noun poudrié marrestar «< ne pourrait m 'arrêter » (jioun mi poudrié arrestnr aurait une syllabe de trop et un hiatus) ; E pouedes ardimen ti repausar

dit à l'autre » ; me vau trouva soulet dins un bos (Lom valent orne, AP 1870, p. 19)« je me trouvai seul dans un bois» ; avec le prêt, de « aller », s'enatiè rescoutitra son ami Gustin (AP 1883, p. 45) « il rencontra son ami Gustin » ; g. Estouc pas tournado au licit, que te ban encoiière entene

pèrdehoro tout jour lou mémo tapatge La drolo se léuèc en trembla :

s'emba de-caps enta la porto e te ha entene toutjour.... (AG 1907, p. 40) • à peine fut-elle retournée au lit, qu'on entendit encore dehors tou-

. jours le même tapage La jeune fille se leva en tremblant : elle alla

vers la porte et entendit toujours » (on voit que le prêt, prêriphras-

lique alterne ici avec le prêt, simple, se léuèc, et avec le prés., s'emba ; /« est deux fois datif éthique); Monguilhem (bas Armagnac, près du Marsan) La messe coumence. Au cap d'ue pause, que-t ban bese entra lou Pierricoun, lou courdè. Que-s pren ue cadière, que-s sièt, e qu'aten (AG 1910, p. 22) « lamesse commence. Au bout d'un moment on voit entrer Pierrot le cordier. Il prend une chaise, s'assied, et attend ». Lesex. anciens qui suivent sont empruntésà Lespy(p. 360, 361, 509): Béarn, a. IJ45 :lobeguer de Pardies baentrar a l'hostau, e ba prenerXo crimalh, e ha-umeter a Bone en la maa « le viguierdeP. entra à la maison, prit la crémaillère et la mit dans la main de B. » (cérémonial démise en possession); Récits d'histoire sainte: ban se espaurir « s'effrayèrent », la raube qui portabe va arder a grans fiâmes « la robe qu'elle portait brûla à grandes fiammes » (ici on voit le point de départ de la tournure, le contexte admettant très bien le sens de « commença à, se mit à » et le texte provençal correspondant ayant comenseron a cremar^ le texte catalan conunseren a cremar). De telles formes devaient être usuelles au xvi« siècle en Aquitaine et en Agenais : Montluc a écrit vie va souvenir^ d'Aubignê met se va souvenir dans la bouche du baron de Faeneste, on trouve va entrer dans VHeptanièrony et Bernard Palissy emploie se va élever y me vont élire juge (Lanusse, p. 430, 431).

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