‹ Essai de syntaxe des parlers provençaux modernesChapitre 58 sur 139 · C. — Rapports de réciprocité · texte numérisé non relu

C. — Rapports de réciprocité

§ 94. — Nos parlers usent abondamment de la tournure se interiungere pour inter se iungere (peut-être favorisée par des constructions celtiques analogues, v. M.-L. , t. m, § 610) : s'entre-baia « se donner réciproquement », s'entrecroHsa « s'entrecroiser », etc.

D'autre part ils combinent (surtout le prov.) « un » et « autre » d'une façon assez originale : S'espinchavian dis un is autre « nous nous regardions les uns les autres » (Mir., c. VII, str. 20), litt. « des uns aux autres » ; dis un is autre Rivalisant de joio e de jouïno « à qui mieux mieux rivalisant de joie et de liesse » (Rose, c. x, l. Lxxxiv, p. 242); s'ama lis un emé lis autre (Oubr. proso, p. 305) « s'aimer les uns les autres », litt. « les uns avec les autres ».

Voici un ex. de mélange des deux tournures : de l'un à Fautre entre-counè'isson si pensado (P. Devoluy, AP 1907, p. 81, VP 18, p. 2, c. 2) « connaissent réciproquement leurs pensées ».

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