REG. ACTIF ET REG. PASSIF I4I
se. 2), et Je n'ai qu'à laisser faire à son mauvais destin (Molière) étonne sûrement de nos jours plus d'un lecteur ou auditeur.
Nos parlers ont développé davantage le second type, dans lequel, quand deux régimes nominaux sont exprimés, ils le sont ci l'accusatif, le régime actif (a) paraissant senti comme objet de l'action exprimée par le semi-auxiliaire, le régime passif (g) paraissant senti comme objet de l'action exprimée par l'autre verbe (à l'inf.), ex.
A soun flasquet à-de-rèng // (a) fai béure
Uno aigo-ardènt (g) que li nèblo n'en foundon
(^Rose, c. II, 1. XIII, p. 34) « à son flacon, tour à tour, Wleur fait boire une eau-de-vie à faire fondre les brouillards » %
Lis (a) a fa soufri lou martire (g)
(Ouhr. vers, p. 80) « il leur a tait soufi"rir le martyre ».
Comme le français moderne, nos parlers mettent le régime actif à l'accusatif quand le second verbe est intransitif ou employé intransitivement, ex. wtshs-lèi dansa ^ « woytz-les danser », lou laisse faire « je /^ laisse faire », la fau dansa « je la fais danser », /'ause canta.a je /'entends chanter » . Un régime actif exprimé autrement que par un pron. conj. se place généralement après le second verbe^
1. M. Brusewitz n'a pas compris la structure de cette phrase : il voit dans // un dat. emprunté au dial. méd. (p. 119) ; l'emprunt n'a aucune raison d'être ; si Mistral avait voulu employer un datif, il aurait mis «V, qui serait entré dans le vers comme //. Il n'aurait pas commis celte méprise s'il avait tenu compte p. ex. du vers de Roumanille cité ici au texte après l'ex. de Rose : Us est nettement un ace. conj. prov. litt. devant voyelle ; l'ace, conj. méd. serait leis, et le dat. conj. méd. serait à Marseille /' [/], ailleurs U [/'].
2. Les ex. prov. non suivis de référence sont dus pour la plupart à l'obligeance de F. Mistral.