ÉG. ACTIF ET REG. PASSIF I
l'étroite union du groupe verbal dans l'ensemble du concept. Dans vès-lèi cauca l'iero « woytz-les fouler l'aire» la coupure est plus nette que dans les ex. précédents : on pourrait remplacer cauca par que caucon, « fouler » par « qui foulent » ; une substitution analogue ne serait pas possible dans les ex. précédents. Coupure également nette, bien qu'ici une substitution du même genre soit presque impossible, dans estouna de /'ausi ié demanda l'intrado cité § 79, 2°; au demeurant, le second dat. ié étant nécessaire, les rapports sont ainsi plus clairement exprimés qu'avec un dat. encore devant ausi.
4° Régime actif (a) et régime passif (g) exprimés par des noms autres que des pron. pers. conj., adv. pron. ou pron. rel.
Les constructions semi-aux. + a -f inf. + g ne prêtant à aucune confusion, par suite de l'entrelacement des verbes et des régimes, a et g sont exprimés sans à, sauf ce qui sera dit ci-après de certains parlers aq., ex. prov. litt. laisso // mar inié heurt sounaigo-ar dent, ausès, leissas C amelat àthstna. si vers « entendez, laissez Camelat débiter ses vers », ai ausi Mistral dire eiçà « j'ai entendu Mistral dire ceci », Aleissandre leissè si troupo reprene alen « Alexandre laissa ses troupes reprendre haleine ».
Mais si, généralement pour une raison d'euphonie tenant à la longueur relative des divers membres de la phrase, on a des régimes en contact (c'est la seule tournure usitée avec « faire », cf. plus haut la note sous 3°), la diversité des rapports est marquée par à devant le régime actif, quelle que soit sa place dans la phrase (c.-à-d. régime passif avant le régime actif, ou inversement), ex. prov. litt. laisso béure soun aigo-ardènt i marinié, fai béure d' aigo-ardènt i marinié, fai béure / marinié uno aigo-ardènt que li nèblo rien foundon, ai fa dire de vers à Camelat, impér. fai dire si vers
J. RoNjAT. — Essai de syntaxe des parlers pravençaux modernes. lO
// i^amclat (la loin huk \ i.innciU idiomatique serait, avec répétition de régimes, f;ii-/V dire si vers, à Cavielal)^ ai fa Icgi Ouméro à tnonn amt, ai fa legi à nwun ami aquéli pouèvio soubeiratt, ai ausi d'irceiçdà Mistral, Aleissandre leissè reprene aktt à si troupo.
Je ne vois en somme aucune différence importante avec l'usage français.
En Béarn, à Arrens et en général dans les hautes vallées de Lavedan on met à devant un nom propre de personne régime actif (cf. § 59), ex. b. dèche hus mariniès bebe aiguede-lnte-y qu'èi entenut à Mistral dise aço; dechats à Devoluy ha loti sou discours « laissez Devoluy faire son discours » comme dechats parla à Dœoluy et dechats ha lousou discours à Dci'oluy ; dèche bebe la loue aigue-de-bite aus mariniès.
5° Régime actif exprimé d'une manière quelconque, régime passif exprimé par une proposition subordonnée introduite par la conjonction que. Mêmes usages qu'en fr.
« jVi entendu Mistral dire que , j'ai entendu dire à Mistral
que , je lui ai fait croire que , je /'ai (ou lui ai) laissé
croire que , ]e leur z\ entendu dire que », etc Ici
encore à devant un nom propre de personne en Béarn,
etc ; dans la combinaison v entendre dire », les deux
verbes sont fréquemment unis par à : Arrens qu'èi entenut
à Mistral à dise que ; enb. on préfère éviter la répétition
de à et ne l'employer que devant le second verbe : qu'èi entenut Mistral à dise que