IÔ3 IDIOTISMES ; PRÉDICAT VERBAL I
L'emploi d'une préposition et d'une conjonction ou
d'un adverbe pour introduire un prédicat concorde généralement avec l'usage français (prendre à témoin, imputer a bien, vivre eyi honnête homme, 2sd\x pour ami, \t\m pour certain, choisir comme àid, etc., v. M.-L., t. m, §§ 403- 408). Voici quelques tournures assez particulières :
Pudi^ vin, à la pipo « puer le vin, la pipe » (TDF, v° à).
Acô m'es de bon « cela m'est agréable », acô me sara de mau « cela me sera pénible », acô vous èro de grèu « cela vous pesait », m'es bèn de fèr (< lat. féru) de plus te vèire « il m'est bien dur de ne plus te voir », la tenon de graciousado « on la courtise assidûment » (TDF, v° de). Faire dôu fin (Zerbin, cité dans TDF, v° faire) « faire le fin, le malin », type très usité en locc. avec article ou pron. poss., hdelû^hdesounomQi<. faire l'homme ». Cf. encore g. estudia de curé (AG 1913, p. 58) « étudier pour devenir curé ».
Me tène pêr paga « je me considère comme payé », l'an leissa pêr mort « on l'a laissé pour mort », prendre pèr mau « prendre mal, prendre en mauvaise part ».
Pour « les larmes lui coulent /â^a76'5 », etc...., v. § 109.
§ 103. — Le prédicat verbal est introduit par de plus souvent qu'en français : « il est à croire que... » se dit es J^crèire que...., « ça n'est pas^z faire » acô'spas de faire. Cf. es un orne de crèire « c'est un homme qu'on peut croire, un homme digne de foi », siéu bèn de crèire « on peut m'en croire ».
L'infinitif peut être muni d'un attribut adjectif ou adverbe : es de bèu (ou de bon) faire « c'est facile à faire », litt. « de beau (ou de bon) faire », c.-à-d. « de faire facile » ; es de bèu dire « c'est bon à dire » ; es de bèu (ou de bon) vèire v( c'est facile à voir, c'est bien clair, il est facile
TSj (H\r. \i ; il. PRÉDICAT §§ 103, 104
de voir, il csi cvideni » , <> de bon legi « c'est très lisible », es de marrit pesa « c'est difficile à peser », es de mau reteni c'est difficile à retenir » (TDF, v" de) ; toutacb's de goustous C' e de bon saupre (P. Devoluy, VP 90, p. 6, c. 2) « tout cela est savoureux à lire et bon à savoir ». La plupart de CCS tournures peuvent être suivies d'une proposition introduite par la conjonction que. J'ai cru pouvoir employer de même es de hèu saupre Que la fam quàuqui-fes nous engano (AP 1904, p. 47) « on sait, c'est une chose bien connue que la faim nous trompe quelquefois ». Je lis d'autre part toul. es deboun counèisse « c'est facile à connaître » dans TO, mars 19 10, b. de mau mia « difficile à mener » dans BT 76, p. I, c. I. Cf., avec un pron. poss., Ambert aquel ort is pas de moun vendre « je ne peux pas vendre ce jardin » ou « je n'ai pas le droit de vendre ce jardin »> (Mich., p. 83). Ces tournures sont également connues en fpr. du
canton de Vaud, ex [e de byç savây h ] « il est clair
que », litt. « il est de beau savoir que » (Gauchat,
BGPSR 1909, p. 23).
§ 104. — Le prédicat peut être répété pour recevoir plus de relief: pron. conj. + verbe -f prédicat développé détaché, ex. vos que la fugue un pau, fa maire (§ 99, 1°), aquéu /'es, entendu {Ouhr, proso, p. 282, Capelan, p. 5) « celui-là /'est, entendu (habile, expert) », cresès que la fugué, countènto ! (§ 99, 2°) ; /'es, potiUt, acô, que ? (Varai, a. 11, se. VII, p. 44) « (ça) l'est, joli, ça, hein ? ' ».
La tournure inverse, ex. poulity /'es, acô, est plus rare, tandis que les deux tournures sont à peu près également usitées dans les répétitions de régimes (§§ 88, 89).
I. M. Brusewitz (p. 9), trompe par une ponctuation défectueuse et une traduction non littérale, voit à tort dans /' le pronom sujet neutre lo (V. S 49)-