IIO PRÉP., ETC. + INFINITIF
saut du lit », entre lou vèire « en le voyant, au premier coup d'œil », entre te lou dire « dès qu'il (ou elle) te l'eut dit, dès qu'ils (ou elles) te l'eurent dit », Mai, tre te vèire, Ve lis estelio, o Magali, coume an pâli ! (( mais, dès qu'elles t'ont vue, o Magali, vois les étoiles, comme elles ont pâli ! » {Mir., c. III, str. 58^")-
Les parlers de l'O. admettent encore quelques autres prép. devant inf., et ceux de la Guyenne et de l'Aquitaine ont avec d'autres prép. des constructions du type prov. tre te vèire. Locc. aq. lim., Velay et Ambert en -{- inf., ex. en canta - en chanta « en chantant » ( prov. en cantant, avec le gérondif) ; locc. aq. en tout canta « tout en chantant » ou simplement « en chantant » ; b. big. land. en hèt canta « en chantant » (cf. § 21). Luch. en este empatchat M. Canielat (BDM 1912, p. 115) « M. Camelat étant empêché ». Ség. dahant respoundre « avant de répondre ». Gév. dahont mi coucha « avant de me coucher ». Au lieu de pèr « pour » l'aq. emploie généralement enta, ta \
Infinitif précédé d'un adverbe ou d'une locution adverbiale de temps : ség. talèu èstre soûl « aussitôt que je fus (tu fus, etc..) seul », suto ( <C sûh(i)ta X sû(r) su ?) la heire sourti a dès qu'il l'eut (ou que je l'eus, etc.) vue sortir » ; prov. litt. li chato, uno fes avé di sis ouro, se couchèron. . . uno fes èstre revihado de soun proumié som (Ch. Riéu, Ai. 122, p. 2, c. 3) « les jeunes filles, une fois leurs
I. Ta sort de ^«/a comme prov. Ire de entre (y. la note précédente). Enta sort (par différenciation consonantique comme dans crampo <" cranibo -C cambro «< cam(e)ra) de * enda ( end devant a- dans Récits d'histoire sainte : end arredemcioun de touts sos peccats « pour rédemption de tous ses péchés ») < * inde de ad, pour inde ad, qu'on trouve dans les indications de distance des itinéraires : du sens de « de là à » on passe à ceux de « vers, pour (aller à) », etc.. Ind(e) ad serait devenu * ena, comme vendante > henent ; indead serait devenu * egna comme verÇeynndla > hergoupio.
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prières dites, se couchèrent une fois réveillées de leur
premier sommeil »>.
§ 111. — Participe présent en fonction de gérondif précédé de eHy ex. prov. en cautant (iocc. aq. en caulay etc., v. § no) ; seul, plus rarement qu'après en : m'envau cantanl « je m'en vais chantant », vS'anaves quauque jour trevant cité § 133, arribe en canlant « j'arrive en chantant » ; l'usage est à peu près le même qu'en français pour l'emploi du gérondif seul ou du gérondif ( dial. inf.) avecfw ; cependant En estent don païs, Sabèn noste mestié (AT. C. d. T., Moulin d'ôliy p. 65) « étant du pays, nous savons notre métier ».
Préposition + participe passé substantivé, ex. à tna dessaupudo « à mon insu » {dessaupre « ignorer, oublier »).
Préposition + substantif -|- participe présent, ex. à miejonr dindant « à midi sonnant ».
Constructions analogues avec un participe passé ou un adjectif postverbal : à founs perdu « à fonds perdu », à jour fait « à la nuit tombante », Iocc. à soulel coule, prov. à sotiléu treinount « au coucher du soleil » ( coule post verbal de coulca<Z coll(o)carey tretnount postverbal de tremounia qui en parlant du soleil signifie « passer derrière les montagnes » et, plus généralement, « se coucher »).
Rappelons encore les groupes de dre, etc., d'ageinouioun, etc. cités § 29 in fine.
\t Nom -f- participe (le plus souvent), ou participe I -f nom (construction plutôt littéraire), comme l'ablatif circonstanciel latin, Deo iuuante, Carthagine deleta, etc., et constructions (très usuelles) du type esp. sentado que se hubo « lorsqu'il se fut assis, une fois assis » : iéu mourctiî « moi mourant », c.-à.-d. « si je meurs, quand je mourrai », se vesènt quasi rouina « se voyant presque ruiné » ;
§§ III, 112 gérondifs; propositions 169
Fouquet de Marsiho, ^
Dins fatahut clauso li ciho De soun Azalaïs, intravo couventiau
{Cal., c. V, p. 218) « Fouquet de Marseille, (une fois) les yeux (litt. cils) de son Adélaïde clos dans le cercueil, / entrait (comme) moine (dans un couvent) » ; -^
cromnpa que lis agiiêre, m'envène au camp (Esp.y ch. i
II, p. 31) « une fois que je les eus achetées ' » ; ^
E, aflata que se fuguêron, eu li beisè e embrassé, en disent à soun fiéu... {Genèsi, xlviii, 10, 11) « applicitosque ad se, deosculatus et circumplexus eos, dixit ad filium suum. . . »
Plus rare est la construction avec préposition, du type^ lat. post Veios captos, qu'on trouve p. ex. dans des textes béarnais du moyen âge (cités par Lespy, p. 420, 421) : après tôt acabat.hs partides son aperades per los judyamenz « tout étant terminé, les parties sont appelées pour les jugements » ; après tnorte laprumere molher « après la mort de sa première femme ». On peut dire p. ex. après ma letro escricho, mais la tournure usuelle est un cop ma letro escricho « une fois ma lettre écrite » ou un cop avé 'scri ma letro (cf. §110 in fine).
§ 112. — Le complément peut être constitué par une proposition entière, formant un long groupe de souffle dont l'unité synthétique autorise une grande liberté de construction :
' Ansin don tèms que segalejo (c pendant que Ton devise ainsi » {Nerto, c. m, p. 136);
I. Il s'agit d'oranges, masc. en prov. (ara«^^),de là croumpaau masc.
170 CHAP. Mil : "^ ' OMPLÉMENTS § 112
(ic sa urmofo
Entre sache quèro dcforo Bette^et Trege, Boucicaut Liuen dôu palais pountificau, Sabe pasmounte, a vira brido »
(ihid.y p. 150) « dès qu'il a appris que Benoît XIII était hors de sa demeure, Boucicaut a tourné bride loin du palais pontifical, je ne sais où » ;
pas vèire qu', uno hrigo
Se fourvianty quau noun poussigo Dins soun draiôu uno fournigo Fai obro de vertu mai valènto eilamount
(^Cal., c. VII, p. 300) litt. v< ne pas voir que, se détournant un peu, qui n'écrase pas en chemin une fourmi fait œuvre de vertu plus méritoire là-haut (au ciel) », c.-à-d. « ne pas voir que celui qui se détourne un peu de son chemin pour éviter d'écraser une fourmi » ;
Lou Dettwun de miejour en palun quand se lêvo, Ai vist fantaumeja coume dirian de Trèvo
(Mistral, Lou Mirage, VP 27, p. i, c. 2, AP 1909, p. 27, OulivadOj p. 154) « quand le démon de midi se lève sur les marais, j'ai vu apparaître comme des fantômes ce que nous appellerions des Trêvo (revenants) » ;
A tis ami, jusqu'à la toumbo, Rèsto fidèu, e^d'unocoumbo Coutne s'envolo uno couloumbo.
Un jour t'envoularas apereilamoundaut
« à tes amis, jusqu'au tombeau, reste fidèle, et, d'une vallée ainsi que s'envole une colombe, un jour tu t*envoleras au haut des cieux » {Farandoulo, p. 250).
^ 113 PROPOS.; REPET. DE COMPLEMENTS I7I
§ 113. — Répétitions de compléments. — Mêmes usages que pour les répétitions de régimes (§§ 88-90). Répétition par adv. pron. conjoint si le complément principal est détaché devant le verbe : d'Arle, nen vène (( d'Arles, j'en viens » ; la cimo que n'en parles, ié siéu mounta a le sommet dont tu parles, j'y suis monté ». Mise en relief par adv. pron. -|- verbe -|- complément détaché : nen davale, de la mountagno « j'en descends, de la montagne » ; lé sias agudo estado, en Arle, vous ? « y avez-vous été, en Arles, vous ? » {Mir., c. viii, str. 41).
Dans s'enana, s'enveni, s'entourna, etc.. la conscience du sens de en- est perdue : on peut exprimer Fadv. pron. p. ex. dans me nentourne « j'en reviens », et on ne sent pas de répétition de complément dans m'enwau d'Avignoun « je m'en vais d'Avignon » (cf. §§ 85 y, note, et 90 in fine).
Sur l'élément subjectif du langage dans les compléments, V. § 64.