PARTICIPE PASSÉ
aut i' a ' no bello susado de pijoun « d'ici au sommet il y a une belle suée de pigeon » (expression populaire pour désigner une ascension longue ou rude).
Plusieurs participes passés latins ne sont continués phonétiquement qu'avec le sens d'adjectifs ou de substantifs indépendants de toute forme verbale, ex. :
Adj. (prov.) gen{i)tu >> gènt « gentil », d{i)rectu >> dre « droit », strictu >> estré « étroit » ; dans quelques-uns subsiste assez clairement le sens du part. pass. avec l'aspect perfectif de résultat final de l'action : rasu > ras « ras » (part. pass. rasa « rasé », inf. rasa, du verbe dérivé *rasare)j tortu >• tort « tors » (part. pass. toursegu « tordu » refait sur l'inf. torse << *lôrcere), exsuctu > eissu « sec » (^eissuga « essuyé »), *voc(^iyu >> vuege « vide » (vuja « vidé, versé »); dom{t)tu, -a >> alp. lim. dotinde (rehii sur le fém. doundo - dounda, phonétiquement on aurait *dount <C dom(i)tu comme gènt << gen(i)tu) « dressé, soumis, docile » (dounda « dompté, dressé » <C dom(i)tatu). On voit par ces exemples que les part. pass. employés comme adj. se présentent en général avec le sens passif; comme exemple de sens actif on peut citer ardit « hardi ».
Subst. (prov.) deb(J)tu > dèute (refait comme plus haut dounde) «dette», vend(t)ta ^ vèndo « y tntt )), perd (^i)ta >> perdo « perte », te(n)su > tes « îlot de sable aux bouches du Rhône », te(n)sa > teso « toise ; tendue, rangée de filets à prendre les oiseaux établie sur les arbres d'une allée » ; *tend(t)ta > tèndo « tente », spo{n)su, -a > espous, -so «, époux, épouse »; to(n)sa > bas lim. touso « fille des champs » '; en tant que part. « dû, vendue, perdue, tendu, -ue, tondue » on emploie les formes refaites degu. vendudo, perdudo, tendu, -udo, toundudo, et le verbe simple spondere n'est pas continué dans nos parlers.
I. Et dérivé prov. lor. touselto « froment dont l'épi est sans barbe ».
J'ai donné aux §§ 105-108 les règles d'accord des participes. Pour remploi de l'infinitif et des participes dans les compléments, v. §§iio, m. Sur l'emploi de l'infinitif ou des formes personnelles dans les propositions subordonnées, V. §§ 114-116.
,-AiL § 131. — Notre langue a conservé l'usage latin du subjoncU! dans les prohibitions : vous iroiimpés pas ! <' (ne) I vous trompez pas! » ; regardas }DénQ touques rèn « regardez bien et (ne) touchez rien » ; Crèi-me, felibre, cantes plus! « crois-moi, poète, (ne) chante plus! » (FarandouJo, p. ii2);aficsQn-\io\ «(ne) va nulle part! » (ibid., p. 114); Regardes pas \ou cèu, etc cité § 44. Sur la valeur d'aspect particulière à l'impf. subj. v. § 122 in fine et les ex . cités au § 148.
Nice emploie couramment l'infinitif ; l'inf. se rencontre aussi dans la Nobla leiçon^ ainsi au v. 210 non temer, Maria « ne crains pas, Marie », contre le subj. plus fréquent ; la tournure a même pénétré au xv^ siècle dans le Briançonnais, voisin des vallées vaudoises : non locbar pas lo servitor (Mist. S. Mart., v. 405) « ne touche pas le serviteur » ; je ne crois pas qu'elle se soit implantée en Briançonnais.
Usitées partout sont des tournures comme sadreissa au burèu « s'adresser au bureau », s.-ent. « il faut, prière de », etc... ; une explication analogue peut rendre compte de l'inf. prohibitif, mais, comme il s'agit probablement ici d'une importation italienne, on peut également songer à l'explication proposée par Mohl (p. 248), « impf. lat. ne diccre(j)... pour ne dicas, etc., cristallisés et confondus avec l'inf. ».
L'impératif, étant placé en principe avant les régimes et compléments, peut être remplacé par le présent subjonctif