IMPÉRATIF ET SUBJONCTIF
si des considérations de stylistique ou de métrique font préférer Tordre inverse : de tentacioun nous gardes « de tentation garde-nous {Rose, c. i, 1. ix, p. 26), A-de-rèng beguen en troupo « tour à tour buvons ensemble » {Isclo, Coupo, p. 38); mais Au brande miejournen Adusès vôsti drolo! (Mistral, La Respelido, RLR 1901, p. 7, AP 1901, p. 35, CP, p. 113, Oulivado, p. 43) « à la ronde méridionale amenez vos filles ! », d' aquesto terro emporto-me (fienèsi, xLVii, 30) (cet auferas me de terra bac ». L'usage n'est pas très nettement fixé; on peut cependant dire qu'en général le subj. est indiqué quand le régime ou complément forme avec le verbe qui suit un groupe intimement uni. Dans
O, longo-mai n'en vegues naisse, E li coundugties dins lou paisse !
c( oui, longtemps puisses-tu les voir multiplier, et les conduire au pâturage ! » (Mir., c. iv, str. 39), longo-mai peut être senti comme une phrase nominale exclamafive introduisant une proposition subordonnée avec subj. sans que (cf. bastOj § 116).
Sur l'emploi ou l'absence de que devant le subj., v. §§ 52, 116, 135.
§ 132. — Les futurs et les conditionnels peuvent servir à exprimer un doute, et surtout une conjecture ou un (( entendre dire » :
I . ié sara arriba quaucarèn « il lui sera arrivé quelque chose (un malheur, un accident) » ; 2. sara malaut « il
sera malade » ; 3. aurés àqn coumprés que « vous aure:(^
(sans doute) déjà compris que »; 4. sarié'sta malaut
« ï\ aurait été malade » ; 5. siauy proumiero persouno dou plurau, présent endicatiéu de èstre, sarié emprunta dou
sujountiéu latin *siamus « siatty i. p. pi. prés, ind, de èstre, serait emprunté du subj. lat. *siamus ».
Le point de départ de ces tournures est dans des constructions complètes avec une proposition subordonnée ayant le verbe au présent ou à l'imparfait. : 1. 2. « puisqu'il n'est pas ici », 4. 5. « si l'on en croyait (ou croit) la rumeur publique, l'opinion publique, l'opinion courante », etc..
§ 133. — Condition ou hypothèse. — 1" Avec une proposition principale ayant le verbe au prés. ind. (fr. « si le vent est fort, la mer est agitée »), au futur (fr. « s'il vienty je partirai ») ou au présent avec sens futur (fr. « s'il vient, je pars »), nos parlers admettent les mêmes correspondances de temps dans la prop. subordonnée que le français :
se lou vent es fort, la mar es boulegado ; se vèn, partirai ou parte.
Voici un exemple de tournure interrogative à sens conditionnel :
Perd, jogo mai « perd-il, il joue encore » {Nerto, prol., p. 12).
2° Verbe de la proposition principale au conditionnel ou à l'imparfait : se venié, partiriéu « s'il venait, je partirais » ; s*êro vengu, sariéii parti ou partiéu « s'il était venu, je serais parti ou partais » ; se X*** es arriba pèr aquéu trin, déurié déjà èstre à l'oustau « si y^***est arrivé par ce train, il devrait déjà être à la maison » ; se X*** éro arriba..., sarié à l'oustau
« si X*** était arrivé , Userait à la maison ». On voit que
les correspondances sont les mêmes qu'en français. Mais de plus nos parlers admettent après « si » le subj. au lieu de l'ind., surtout au pqpf. : se fuguésse vengu, arriba sont ^presque aussi courants que s'èro. On peut encore rempla-