CONDITION OU HYPOTHESE
cer (c si » -\-- subj. par subj. + -ti (§ 143, 2°) : fuguêsse-ti vengu (cf. ail. wàre er gekommen = wenn er gekommen wàré). Au style élevé appartiennent en général les subj. sans (( si )> ni -//, comme dans plusieurs des exclamations citées au § 148. Dans
S'anaves quauque jour trevant, Brave leitour, pèr l'encountrado De Sant-Grabié vo de Laurado, Podes, se lou cresiés necit, T'assegura d'aquest récit
ÇNerto, epil., p. 374), litt. « si tu allais, brave lecteur,
par la contrée , tu peux, si tu le croyais nécessaire,
t'assurer (de la véracité) de ce récit )>, il y a une correspondance anomale qui peut s'expliquer par le sens propre (conditionnel) du verbe « pouvoir ». Sur le conditionnel en périg. après « si )> v. § 135.
« Que » remplaçant « si » après « et » exige un subjonctif : se ié vai e que lou vegon « s'il y va et qu'on le voie », mais se ié vai e se lou veson « s'il y va et si on le voit » ; de même impf. se ïanavo e que lou veguêsson, mais se ïanavo e se lou vesien (ou avec le subj., conformément à ce qui vient d'être dit plus haut^ se lanêsse e se lou veguêsson, ou encore se lanésse e que lou veguêsson).
En aq. et dans les autres parlers cités § 134 le verbe placé après « si » est au prés. subj. s'il a le sens futur. Les autres parlers présentent peu de particularités intéressantes. L'ancien vaudois mettait le fut. dans des phrases comme si tu non perdonares, tu non trobares salvament {Nobla leiçon, V. 260) « si tu ne pardonnes pas, tu ne trouveras pas le salut » ; les traductions modernes ont le prés. ind. : Queyrasse tu noun per do unes, Val-Saint-Martin se tu perdoune(s) pa(s). Pour le périg., v. § 135.
L'alternative s'exprime comme en fr. parque -\- subj. :
Que plogue, que nève, Que toumbe d'aglan, Fau que tout relève Dôu sourne estelan
« qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il tombe du gland, tout doit relever du firmament sombre » (/?./., a. v, se. viii, p. 296).
« Quand même, quand bien même » s'exprime par quand (qqf. e quand) avec le conditionnel ou l'imparfait subjonctif : Quand ié déuriéu leissa la bourro (Nerto, c. vi, p. 304) « quand je devrais y laisser ma barbe » (litt, « la bourre », V. § 92, 1°), E quand lou Diable ié sarié (Nerto, c. 11, p. 90) « et quand le diable y serait » ; Quand visquêsse milo an {Mir.y c. i, str. 30) « quand je vivrais mille ans ».
Les autres conjonctions concessives exigent le subjonctif, v.§ 135-
§ 134. — En aq. on emploie le subjonctif dans toutes les propositions à sens futur introduites par un pronom relatif ou une conjonction (cf. esp. dile cuando la veas « dis-lui quand tu la verras »), généralisation du type lat. augetur memoria si eam exerceas : lom. lou qui lou bejo, Vaujo bist « celui qui le verra, Y aura vu » ; b. lous qui bôu- Ihin présenta quauque pouësie (RBG 19 10, p. 78) « ceux qui voudront présenter quelque poésie (au concours des Jeux Floraujc) » ; lom. càmbio-m en ço qui boulJjos « changemoi en ce que tu voudras », Quan las nostos auelhos Aujon hèit lous agnèts (Bladé, t. i, p. 136) « quand nos brebis auront fait leurs (litt. « les», v. § 92, 1°) agneaux », tant que bisœn « tant qu'ils vivront », coumo boulhos me jutjaras^ « tu me jugeras comme tu voudras » ; Aire talèu coum sïe nèit « aussitôt qnW fera (litt. sera) nuit ». Pour l'impf. v.§i38.