‹ Essai de syntaxe des parlers provençaux modernesChapitre 89 sur 139 · VERBES AFFECTIFS · texte numérisé non relu

VERBES AFFECTIFS

la nécessité, l'utilité, la possibilité et leurs contraires, tels que fau « il faut », es necite, es de mesiié « il est nécessaire », ai besoufiy me fat mestié « j'ai besoin », que « il est utile, inutile ; il se peut, il ne se peut pas, il est possible, impossible, il n'est pas possible, impossible; il suffit, il ne suffit pas » ;

la dénégation, le doute et diverses nuances voisines, tels que « nier, il est faux, il n'est pas vrai, ne pas penser, ne pas trouver (pour les formes interrogatives, v. § 137); douter ; contester, hésiter à admettre, croire difficilement, avoir peine à croire, il ne -|- dat. conj. -f- semble pas, paraît pas » ;

l'approbation et l'improbation avec des nuances complexes de sentiment (éloge, blâme, regret), tels que « approuver, regretter, déplorer, il convient, il vaut mieux, il est juste, bon, mauvais, bien, mal, beau, honteux^ c'est une honte, il est dommage, fâcheux » (es daumage, es grand pie ta).

Je relève en périg. une attractiqn j7iodale semblable à celle qui a été mentionnée au § 135 : faudrib que chantariàs « [{faudrait que tu chantasses », litt. « chanterais »; les gens du peuple en parlant français disent il faudrait que tu chanterais (Daniel, p. 55). A Ambert on emploie le futur ou le conditionnel suivant que le verbe introductif est au prés, ou à l'impf. : cragnisse mas (cf. lim. noumàs, § 157) que ribarà pas « je crains seulement qu'il n'arrive pas », is de cragne que sera mouort « il est à craindre qu'il soit mort » ; cragnîssio que vendrib pas « je craignais qu'il ne vînt pas » (Mich., p. 179).

§ 137. — Que -)- indicatif (aussi conditionnel, ex. « je crois que cet enfant grandirait davantage si on le nourrissait mieux, qu'il aurait fait des bêtises si on Tavait laissé faire ») ou subjonctif :

suivant le degré de la conviction ou de la concession, après « sembler, paraître, admettre, concéder, etc.. : il semble que cet enfant a grandi, que cela est (ou soit) facile, j*admets, je concède qu'il a (ou qu'il ait) tort; sais-tu, tu ne sais pas que tu fais des sottises; je ne savais pas qu'il //// (ou était) malade; etc.. »; de plus, impf. subj. dans sabiéu pas que venguèsse « je ne savais pas qu'il viendrait » ;

suivant le degré de la certitude, la conviction personnelle, la croyance, après « penser, trouver » interrogatifs, ex. « Pensez-vous qu'il soit bien facile De tromper un docteur tel que moi ? ne pensez- vous pas qu'on puisse (ou peut) prendre plaisir à faire le bien ? ne trouvez-vous pas qu'il/rt// froid ? trouvez-vous qu'il ait raison ? etc.. » ; pour « croire », mêmes usages qu'en français, « crois-tu que Dieu est grand ? crois-tu que la terre est (ou soit) un lieu de délices? etc.. », sauf que l'impf. subj. est tout à fait usuel quand « croire » est au passé, ex.

l'aguè ' ici tau tresanamen, l'aguè de man tau picamen.

Que creseguerian un moumen Que la grando salo escîatèsse

{Campano, c ii, p. 23) « il y eut ici un tel tressaillement, il y eut un tel battement de mains, que nous crûmes un moment que la grande salle allait éclater » ; on aurait de même escîatèsse avec l'impf. cresian, le parf. avèn cresegu, le pqpf. avian cresegu ou le conditionnel passé aurian cresegu ;

suivant que le sens est présent ou futur, après « être d'avis », ex. « je suis d'avis que X*** est un imbécile, je suis d'avis que tu ailles lui parler, que tu rncltes des gants pour le lui dire », etc..

Four espéra, v. § 136.

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