CHAP. XI : INTERROG. ET EXCLAM. ^^ I4O, I4I
« comment allez-vous ? » perqué ploures ? « pourquoi pleures-tu ? »
Une forme de tempo allegro intéressante est prov. ,y/Wo,j ? pour que dises? « que dites-vous ? comment ? plaît-il ? » (s'emploie pour faire répéter quelque chose qu'on n'a pas bien entendu ou compris).
S'il y a un sujet exprimé, il se place après le verbe, ex. cornue vai vaste paire ? « comment va votre père ? » perqué parlo ansin twste uUstre ? (fienèsi, XLiv, 7) « quare sic loquitur dominus noster ? » De même, un groupe « combien de » se dissocie le plus souvent, comme on l'a vu par les ex. quant es d'ouro? quant avès de ténis? cf. Ambert quant si(s) ve? <i quel âge as-tu ? » litt. « combien es-tu vieux? »
Les pronoms ou adv. pron. régimes gardent leur place normale (§§ 67 ss.), ex. queto terro vous a vist naisse ? déjà cité plus haut, que nen pensas ? « qu'en pensezvous ? »
' Li que vivon encaro,
Perqué tant liuen de iéu lou sort lis a coundu ?
« ceux qui vivent encore, pourquoi si loin de moi le sort les a-t-il conduits? » (FihOj p. 180).
Les phrases nominales sont ici très fréquentes, ainsi que les groupes pronom ou adverbe + infinitif (d. § 33) : que novo? « quelles nouvelles? » perqué? « pourquoi ? » queto femo? « quelle femme? » que faire? « que faire? » perqué dire acô? « pourquoi dire cela ? » coume faire? « comment faire ? » mounte ana? « où aller? », etc..
§ 141. — Quand la phrase ne comporte pas de forme interrogative, l'interrogation se marque souvent simplemont par une intensité particulière et un accent musical haut sur la dernière syllabe tonique de la phrase (dernière en
§§ 141, 14^ PROCÉDÉS DIVERS d'iNTERROG. 221
faisant abstraction des éléments détachés à la fin), le ton montant indiquant que la pensée est inachevée^ qu'on attend une réponse (cf. van Ginneken, p. 340, et Vincent d'Indy, p. 30) : vênes? « viens-tu ? » avec ê plus intense et d'une quinte à une octave plus haut que dans vênes « tu viens » ou dans d'ounte vènes? « d'où viens-tu ? )>. Ex. de phrase nominale : parai? « n'est-il pas vrai ? n'est-ce pas? » (forme de tempo allegro pour pas veraï), mêmes différences avec es pas verai que « il n'est pas vrai que »
Vous sias rèn facho mau, Mirèio ?
(Mir., c. II, str. 48) « ne vous êtes-vous pas fait mal, Mirèio ? » mau plus intense et plus haut que rên ; la voix redescend sur le vocatif détaché Mirèio ;
La cregnès donne bèn, la coutigo ?
« vous le craignez donc bien, le chatouillement ? » (Jdir,, c, II, str. 41) : bèn plus intense et plus haut que -gnès ; la voix redescend sur le régime répété et détaché coutigo. Cf. encore (les syllabes en italiques portent l'accent interrogatif) les ex. cités §§ 43, 47 : Bèn ? Mirèio, vèn bèn, la fueio ? l'ères pas, tu, Agustino ? § 89 : lé dounes d'èr, à ta sourreto? § 99, 1° : Vos que la fugue un pau, ta maire, iéu ? § 106, 1° a : lé sias agudo Qstaào, en Arle, vous, Mirèio ? Sujets, régimes, prédicats et compléments se détachent après une coupe qui suit le mot frappé de l'accent interrogatif; ils sont intonés un peu plus haut qu'à la pause des phrases simplement énonciatives.
§ 142. — Rare est l'inversion du sujet sans coupe et avec accent interrogatif sur le sujet postposé : voudra Moussu lou Curât ? (Conte, Quand ère enfant, p. 24e) « Monsieur le curé voudra-t-il ? » b.