‹ Essai de traitement de la migraine et de l'épilepsie par les solutions hypertoniques. Étude clinique et expérimentaleChapitre 55 sur 86 · PHYSIOPATHOLOGIE DE L’ÉPILEPSIE REVUE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PHYSIOPATHOLOGIE DE L’ÉPILEPSIE REVUE GÉNÉRALE

Avant de poursuivre plus avant notre étude expérimentale de l’action des solutions hypertoniques, 1l nous paraît intéressant de résumer en une brève revue générale les conceptions actuelles ayant trait à la physio-pathologie de l’épilepsie. Dès l’abord, nous renvoyons le lecteur au remarquable ouvrage de PaGnrez sur l’Epilepsie dans lequel nous avons largement puisé, ainsi qu'aux comptes rendus de la Réunion neurologique internationale annuelle de 1932 et du Congrès neurologique international de Londres de 1935. Ce sont là nos principales sources.

Aussi intéressante que puisse paraître une étude étiologique de l’épilepsie, elle n’a point sa place dans l’étude thé-

rapeutique et physio- pathologique que nous nous proposons

ici. Aussi, nous n’aborderons, ni l'étude de l’hérédité épileptique, mi celle des rapports entre lépilepsie et Péclampsie infantile et les longues discussions qu'ils ont suscitées, pas plus que celle du rôle joué par le facteur hérédo-alcoolique ou “hérédo-syphilitique, dans la genèse des accidents.

I nous faut retenir ici l'hypothèse d’une constitution épileptoïde soutenue par Mme Mixkowska. De très nombreux auteurs ont défendu l’idée que lépileptique possède des anomalies dégénératives du caractère et, sans aller aussi loin que Mme MixkowskAa qui explique les crises par la théorie psychogénétique, il nous paraît séduisant de penser que lépileptique possède une constitution biologique, un terrain spécial fait de dégénérescences multiples, endocri-

ro ve

miennes, nerveuses, humorales et psychiques, qui est le résultat Æ tares qui lui sont transmises Rate en et qu'il est souvent apte à transmettre à ses descendants. On conçoit mal, en effet, qu’un individu, alcoolique par exemple, puisse transmettre à son fils une tare capable de produire sur l'organisme des troubles aussi importants que l’épilepsie, sans que ce fils, porteur de tares bien plus considérables que celles du père, soit apte à les transmettre lui-même à sa descendance. Il est fréquent d’ailleurs de noter l’alcoolisme, non chez les ascendants directs, mais seulement chez les grandsparents de très nombreux épileptiques. On est bien obligé d'admettre une fragilisation spéciale de l’organisme due à l'alcoolisme des grands-parents et qui ne s’est pas manifestée chez les ascendants directs du malade. Quoi qu’il en soit, l’existence d’un terrain épileptique nous semble découler de ces faits et l'importance même des troubles nerveux, humoraux, métaboliques, qui existent chez l’épileptique et qui dénotent un dysfonctionnement certain de la majorité des organes nobles, vient encore appuver à nos yeux la vraisemblance de cette hypothèse.

Étude anatomo-pathologique

On considérait, à la fin du sièele dernier, l’épilepsie comme une névrose, et ce n’est qu’à la suite des travaux de Pierre Marie que des études anatomo-pathologiques ont été poursuivies, qui ont montré chez beaucoup d’épileptiques des lésions macroscopiques ou microscopiques. £

Brarz a trouvé des lésions de la corne d’Ammon chez la moitié des épileptiques.

CHasLix a constaté une gliose sous-piale qu’il pense pouvoir être primitive ou héréditaire.

BLeurer, sur 26 cerveaux d’épileptiques, a confirmé les constatations de CHASLIN.

MariNesco a constaté une diminution des granulations chromatophiles des cellules pyramidales.

D’autres auteurs ont signalé, qu’outre les lésions de sclérose de CHASsLIN, existaient des lésions constituées par la des-

Buvar lé

truction des fibres d'association, ainsi que des lésions vasculaires.

ALZHEIMER a constaté souvent une sclérose atrophique des circonvolutions.

Larenez-LavasTiNE, MarcnanD, Roger Vorsrx, pensent que la sclérose névroglique n’existe très marquée que chez les épileptiques déments.

TRAMER a constaté des altérations des cellules de BEerTz particulièrement marquées dans les épilepsies spastiques.

Yvan BerrranD et Rives ont constaté des altérations architectoniques diffuses avec lésions vasculaires constantes. * Mixkowski a trouvé des lésions vasculaires, des thromboses récentes, des dilatations péri-vasculaires, des infiltrats et des exsudats, des hémorragies, soit dans l’espace péri-vasculaire, soit dans la substarice nerveuse elle-même,

Krakora a trouvé des corpuscules amyloïdes dans le locus niger, la couche optique, le noyau dentelé, le noyau rouge et la zone rolandique.

UrecuiA a montré que certaines épilepsies syphilitiques étaient en rapport, non avec des lésions de syphilis cérébrale, mais avec l’artérite des petits vaisseaux.

Bycuowski à constaté une fois un foyer de calafication cérébrale. ï

Minkowski a trouvé dans 2/3 des cas des altérations de l'olive inférieure bulbaire.

Tom a constaté que la dilatation des ventricules cérébraux existait dans 54,6 % des cas.

Paurran et Srixresco de Bucarest ont pratiqué le repérage ventriculaire chez 122 épileptiques, ils ne trouvent que 42 fois des ventricules normaux. Chez tous les autres malades, soit dans 63 % des cas, on peut noter des modifications de place, de forme, ou de perméabilité ventriculaires.

Berrzki de Moscou pense que l’atteinte très prononcée de l'ectoglie et des neurones témoigne d’une intoxication grave du système nerveux au cours des accès.

À. Sazmon de Florence se basant surtout sur des arguments cliniques et physiologiques localise un centre épileptogène principal parmi les noyaux infundibulo-tubériens. Ce

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