‹ Essai de traitement de la migraine et de l'épilepsie par les solutions hypertoniques. Étude clinique et expérimentaleChapitre 79 sur 86 · ESSAI DE SYNTHÈSE · texte numérisé non relu

ESSAI DE SYNTHÈSE

Nous venons d'exposer, dans les chapitres qui précèdent, les faits cliniques qu’il nous a été donné de constater, au cours de tentatives thérapeutiques que nous avons tenté d'éclairer par des recherches bibliographiques, d’une part, et des essais expérimentaux, de l’autre. Nous allons nous efforcer, dans ce chapitre, de faire une sorte de synthèse de tous les éléments que nous possédons et d’essayer de classer la thérapeutique que nous proposons dans un cadre plus général.

Dès l’abord, une question se pose, celle des rapports de la migraine et du mal comitial. Il en est peu qui soient, à l'heure actuelle, plus controversés et sur lesquels les différents auteurs aient pris aussi nettement position. Pasreur-VALLERY- Rapor et HamsurGEr concluent après avoih passé en revue ces faits cliniques et des faits pathogéniques en faveur de la parenté des 2 affections : « 1l nous semble que toutes ces recherches ont surtout l’intérêt de souligner que migraine et épilepsie font partie de cette vaste classe morbide des crises à déterminisme local. Migraine et épilepsie peuvent y être plus particuhèrement rapprochées comme étant, toutes deux, des orages nerveux. Mais il ne nous semble pas possible, tout au moins actuellement, d'établir une parenté plus étroite entre mirgaine et épilepsie ».

Pacniez, citant l'opinion de Pasreur-Vazrery-RADor, énoncée à la 6€ réunion neurologique internationale annuelle de 1995, écrit : « je ne crois pas ce point de vue exact, et Je pense, pour ma part, qu'il y a entre les 2 maladies des relations très importantes ».

En faveur de liens étroits existant entre les 2 affections, on peut citer l’opinion de Liveine, qui écrivait en 1873 : « l’épilepsie est la névrose qui entretient avec la migraine la plus étroite connexion, soit qu’à l’occasion, une affection se substitue à l’autre, soit qu’on constate entre les 2 névroses une série de cas intermédiaires ».

Gowers cite 2 observations de migraine ayant disparu au moment où s’installaient les crises d’épilepsie et ayant reparu lorsque l'institution d’un traitement eut fait disparaître l’épilepsie.

PAGniEz rapporte 2 observations analogues.

Cosrepoar et Huconor ont publié l'observation d’un malade chez lequel la radiographie du crâne montrait une plaque calcaire de la faux du cerveau et qui présentait, tantôt des crises migraineuses, et tantôt des crises épileptiques.

Les hypothèses pathogéniques viennent encore renforcer cette opinion. Le mécanisme intime de la erise migraineuse, comme celui de la crise épileptique, semble bien comporter une étape vasculaire. On sait la tendance des crises d’épilepsie à se grouper dans la période pré-menstruelle, la migraine menstruelle est une entité clinique bien définie et bien connue.

Les arguments que l’on peut invoquer contre toute parenté entre migraine et épilepsie sont presque tous d'ordre négatif. Le plus important d’entre eux est l'extrême rareté avec laquelle on peut constater ia migraine et l’épilepsie chez le même malade. Il faut alors admettre une coïncidence qui fait que les 2 maladies existent à la fois chez le même sujet.

Les cas de migraines accompagnées d’épilepsie semblent bien plaider en faveur de l'hypothèse soutenue par PaGnrez, mais PasreuRr-VALLERY-Rapor cite l'opinion de John Puæic- LIPS qui estime que les phénomènes épileptoïdes constatés à l’acmé de la crise migraineuse n’ont rien à voir avec l’épilepsie vraie,

Il nous semble, personnellement, que l’opinion de PA- GNIEZ est appuyée par des arguments plus solides et surtout,

par des arguments positifs. Les cas d’alternance de migraine à d’épilepsie sont rares, mais cela ne leur enlève en rien leur valeur démonstrative et l’on peut conclure, nous semble-t-il,

que si les faits cliniques, physio-pathologiques ou thérapeutiques ne sont pas encore assez nombreux ou assez nets pour démontrer de façon péremptoire l’existence d’un lien entre épilepsie et migraine, ils constituent un faisceau de présomptions extrêmement troublantes. Il nous a été permis de constater, au cours de nos tentatives thérapeutiques, que le même médicament (sérum salé hypertonique à 20 %) administré de la même façon, à la même dose, arrêtait dans le même laps de temps (20 minutes) les crises migraineuses et les états de mal épileptiques, et cela dans tous les cas qu’il nous a été donné d’observer. Quelle que soit la fragilité des arguments thérapeutiques, cette similitude d’action nous paraît apporter un argument de plus à la théorie de Liveinc.

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