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Nous pourrions multiplier les observations de tolérance, parce que nous avons souvent mis au traitement des malades ne présentant pas de signes cliniques de syphilis, mais seulement une syphilis sérologiquement contrôlable.
La tolérance, dans tous ces cas, fut excellente, et nous avons pu atteindre les doses de 60 cc. de solution injectable, représentant 13 gr. 800 de K.U.D.A., soit 3 gr. d’arsenic chez 2 femmes de 19 et 26 ans, dans un traitement de 10 semaines.
Les traitements d'entretien furent faits à doses moindres, mais toujours suivant la même cadence de 2 injections hebdomadaires à 3 centimètres cubes.
Observation n° 11. — Da... Georgette, 33 ans.
Syphilis remontant à 2? mois environ.
Actuellement, 7 juillet 1931 : B.-W. : ++ ++, Hecht : + +++, Vernes à 79. Quelques macu'es cicatricielles pigmentées thoraciques et abdominales, Pas d’autres signes de spécifité. Pas de traitement antérieur.
La malade reçoit en ? mois (juillet et août), 18 injections hebdomadaires, c’est-à-dire 11 gr. 730 de K.U.D.A., soit 2 gr. 55 d’arsenic, sans présenter aucune intolérance.
La réaction positive du sang reste en plateau, mais la réactio de Vernes tombe à V. 36.
Observation n° 12. — Gu... Marie-Louise, 23 ans.
Mise au traitement le 29 août 1931 pour macules cicatricielles de lésions périanales de syphilis secondaire et adénopathie inguinale gauche.
BW Et Hecht 7 + +++.et.Vernes-à 47.
On avait fait antérieurement six injections de cyanure de mercure, arrêtées par l'apparition d’une légère stomatite ; puis quatre injections de novarsénobenzol (0.15, 0.30, 0.45 et 0.60) bien supportées. Elle reçoit une série de 17 injections bihebdomadaires — 11 gr. 04 de K.U.D.A., soit 2 gr. 40 d’arsenic — sans aucun signe d’intolérance.
Mais le B.-W. et le Hecht dans le sang restent positifs, seul le Vernes descend à 0 en fin de traitement, qui dura 9 semaines.
Observation n° 13. — La... Simone, 19 ans.
Accident primitif inconnu. |
A l'examen, 27 avril 1931, présente une infiltration périanale formée de papules violacées : syphilides secondaires en voie de rétrocession, sous l'effet d’un traitement irrégulier par injections intra-musculaires d’un sel de bismuth.
BNC . Heché:} L'Eh-F VernEssr dt.
Mise immédiatement au traitement, On fait 18 injections bihebdomadaires, c'est-à-dire 11 gr. 730 de K.U.D.A., soit 2 gr. b5 d’arsenic, sans qu'il apparaisse aucun signe d’intolérance. Les signes cliniques avaient disparu rapidement et les prises de sang montraient :
Ep
A la septième semaine de traitement : B.-W. : ——+#+, Hecht : ++++, Vérnes à 0,
A la 8 semaine : B.-W. : ——++, Hecht : ——++, Vernes à 0.
A la 9 semaine : B.-W. : ———+, Hecht : ——++, Vernes à 0.
Observation n° 14. — Ho... Elise, 22 ans.
‘Syphilis asymptomatique. Diagnostic par B.-W. partiellement positif, à l'hôpital Saint-Louis. Traitement antérieur : une série de novarsénobenzol à Saint-Louis, de février à juin.
Actuellement, le 8 juillet 1931, on ne trouve aucun signe de syphilis cliniquement décelable. Placards eczémateux des avantbras, mais dans le sang : B.-W. : + +++, Hecht : + +++, Vernes à 54.
Mise au traitement par des injections bihebdomadaires de K.U.D.A., toujours bien supportées, on fait une série de 16 injections totalisant 10 gr. 350 de K.U.D.A., soit 2 gr. 25 d’arsenic, qui n'influent pas sur le Wassermann ni sur le Hecht, mais amènent le Vernes à 0.
Observation n° 15. — Ma... Lucienne, 28 ans.
Syphilis ancienne traitée irrégulièr ement depuis 8 ans par des séries d'injections de novarsénobenzol et bismuth.
Présente, le 4 août 1931, trois ulcérations frrépütières des réglons fessières droites et gauches — exulcération plutôt qu'ulcération — à fond propre, irrégulières, bordées d’une auréole violacée, apparues il y a un mois environ ; aucun autre signe de syphilis en évolution.
B.-W. : ++++, Hecht : ++++, Vernes à 95.
Reçoit une série de 12 injections — 7 gr. 590 de K.U.D.A., soit 1 gr. 65 d'arsenic — qui cicatrise les lésions sans entraîner d’intolérance, mais influe peu sur les réactions sanguines, comme on le voit dans les syphilis anciennes. Après un mois et demi de traitement, le B.-W. est toujours partiellement positif, le Hecht montre : ++++, Vernes à 58.
Observation n° 16. — Bau.: : Madeleine, 31 ans.
Syphilis ancienne dont le début par roséole remonte à 1928. Mise au traitement, à Lyon, par injections veineuses de novarsénobenzol. A cette époque, la malade fait à la 4 piqûre (0.60), ane crise nitritoide, immédiatement après l'injection, et une légère érvthrodermie.
Traitée par la suite à l'hôpital Saint-Louis par des injections intramusculaires de bismuth, mais irrégulièrement.
Ne présente, le 11 août 1931, aucun signe clinique de syphilis évolutive, pourtant :
BW: i——+ +, Hecht, : —+++,.1e 12 août.
Mise au traitement, elle supporte 10 injections — 6 gr. 210 de K.U.D.A., soit 1 gr. 35 d’arsenic — sans manifestation d’intolé-
rance ou d'intoxication, mettant en évidence une dissociation entre la tolérance au novarsénobenzol et au K.U.D.A. , que nous avons. déjà soulignée.
Observation n° 17. — He... Georgette, 21 ans. Syphilis ancienne (septembre 1930), diagnostiquée par : syphi-
EÉVREE
lides papulo-végétantes vulvaires, périvulvaires et périanales : accident primitif ignoré.
B.-W. : ++++, Hecht : +++ +, Vernes à 100,
Traitée par une série de novarsénobenzol : 0.15, 0.30, 0.45, 0.60 et 6 fois 0.75 (6 grammes de novar), au cours d’un premier séjour.
On reprend, après un repos de 15 jours, le ? décembre, un traitement par le K.U.D.A. : 10 injections bihebdomadaires — 6 gr. 440 de K.U.D.A., soit 1 gr. 40 d’arsenic. La série a été très bien supportée, malgré l'apparition, en cours de traitement, d’une angine rouge avec légère poussée de température.
Un examen du fond d’œil, pratiqué le 12 janvier 1931, était normal.
Cette malade, revue en mars 1931, 6 mois après le début du traitement, présentait encore un B.-W. et un Hecht positifs, malgré la mise en œuvre d’un traitement bismuthique, mais ne présentait aucun signe de spécifité en évolution.
Observation n° 18. — Du... Léa, 21 ans.
Syphilis ancienne. Début il y a trois ans par roséole.
Traitement régulièrement suivi pendant deux ans. Une série de novarsénobenzol, cyanure de mercure, huile grise et bismuth. Tolérance excellente. Le dernier traitement par l'hydroxyde de bismuth remonte à 5 mois.
Le 13 janvier 1931, prise de sang :
B.-W. : —— ++, Hecht : ——++, Vernes à 8.
Mise aux injections régulières de K.U.D.A. hebdomadaires, 14 injections furent faites, totalisant 8 gr. 970 de K.U.D.A., soit 1 gr. 95 d’arsenic, entre le 14 janvier et le 28 février 1931.
On n’a noté, au cours des sept semaines de traitement, aucun signe d'intolérance ni d'intoxication. Un examen du fond d’œil pratiqué le 11 février 1931, fut normal.
Nous pourrions multiplier les observations de tolérance calquées sur celles-ci, mais elles ne nous donnent que peu d'indication sur la valeur thérapeutique du K.U.D.A.
Et, d'autre part, nous n'avons fait de fortes doses de K.U. D.A. qu'à des malades présentant des accidents syphilitiques en évolution, pour pouvoir juger l’action du traitement sur l'aspect des éléments et sur leur rétrocession plus ou moins rapide. C’est pourquoi, dans l'exposé des résultats cliniques des observations qui vont suivre, nous mentionnons des doses de K.U.D.A. bien plus importantes que les doses faites chez les malades des observations précitées, pour lesquelles nous n'avons considéré le traitement que comme un traitement d'entretien, et non un traitement d'assaut.
En résumé, la tolérance, aux doses employées, est bonne, sauf pour quelques malades plus ou moins sensibles à l’arsenic en général, et pour quelques malades, moins nombreuses, qui ont présenté une intolérance élective au K.U.D.A.