‹ Essai De Traitement De La Syphilis Par Un Nouveau Composé Arsenical Pentavalent Le Méta-Mono-Uurée-Para-Oxy-Phénylarsinate De DiéthylamineChapitre 14 sur 16 · DE · texte numérisé non relu

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quée, 2 ce. le 10, 3 ce le 13 et on continue à cette dose à raison de deux injections par semaine.

La tolérance aux premières piqûres fut exce'lente, et, dès la deuxième injection, on peut noter un ‘affaissement des lésions papuleuses et une déco oration des Jésions érvthémateuses, qui vont se poursuivre en s'accentuant lentement après chaque piqûre. A la septième injection, 19 jours après le début du traitement, la céphalée nocturne avait disparu et les plaques muqueuses buccales rétrocédé comp'ètement. La roséole devenait difficilement diagnostiquable et à la fin de la troisième semaine de traitement, cette efflorescence de syphilides secondaires était complètement jugu'ée.

Les réactions de B.-W. et de Hecht restaient positives en plateau ; la réaction de Vernes hebdomadaire montrait une chute JeANEMOOPà ANS:

Le traitement fut échelonné sur 10 semaines, pendant lesquelles le malade reçut 16 injections totalisant 9 gr. 200 de K.U.D.A., c'est-à-dire 2? gr. d’arsenic.

On n’observa que quelques coliques intestinales survenues après la 11° piqûre, et l’apparition d'une cénhalée diurne à la 15° piqûre, peu importante, traduisant une légère intolérance qui fit arrêter le traitement, Nous n'avons pas pu faire pratiquer à cette date un examen des veux. Ce malade a été par la suite traité avec un sel de bismuth soluble, et, malgré un traitement intensif, il gardait encore, en septembre 1931, une réaction de B.-W. et de Hecht entièrement positive.

Observation n° 22. — Bon... Lucienne, 19 ans.

Œdème diffus indolore de la partie supérieure des petites lèvres et du capuchon du clitoris. Cicatrice vraisemblable épidermisée et blanchâtre du chancre d’inoculation à la face interne de la petite lèvre droite, Adénopathie inguinale droite typique. La ma'ade se plaint de céphalée et aurait présenté une roséole passagère.

Actuellement, le .15 septembre 1931 : B.-W. : + +++; Hecht : ++++, Vernes à 100,

Le traitement intensif pendant deux mois et demi fit disparaître, dès les premières piqûres, la cénhalée et les manifesta-

tions cliniques, mais malgré 21 injections, — 13 gr. 800 de KU.D A. soit 3 gr. d’arsenic, — n'’avant entraîné aucun signe

D 7e 2 Y * " d'intoxication ni d’into!'érance, le B.-W. et le Hecht restaient positifs, tandis que le Vernes, était tombé rapidement, en un mois et demi, de V. 100 à V. 0.

Observation n° 23. — Bu... Yvonne, 19 ans,

Le début paraît remonter au mois de février 1931 par une éclosion de syphilides vulvaires. Il n’a pas été fait de traitement jusqu'à l’admission.

Actue'lement, le 11 mars 1931, plaques muqueuses papulo hypertrophiques frambésiformes et érosives des grandes lèvres et périanales en rhagades. Adénopathie inguinale syphiloïde. (Œdème de la grande lèvre droite, sur laquelle on voit coexister avee cette éruption secondaire l'accident primitif en voie d’épidermisation. Sur le tronc et l'abdomen, roséole érythémateuse et

érythémato-papuleuse discrète. Gorge rouge. Adénopathie sans autre signe de septicémie tréponémique.

Dans le sang : B.-W. : + +++, Hecht : ++++, Vernes 55.

Mise immédiatement aux injections bihebdomadaires, dès ïa 3e piqûre on voit rétrocéder les lésions vulvaires, et après la 6° injection il ne persiste plus que des macules violacées épidermisées complètement ; l’œdème de la grande lèvre s’est résorbé. La roséole est éteinte.

Après une série de 20 injections, au cours desquelles on ne relèva pas de signes d’intolérance, totalisant 13 gr. 110 de K.U.D.A., soit ? gr. 85 d'arsenic, la réaction sanguine était

B.-W, : ———+, Hecht : ++++, Vernes (,.

Observation n° 24. — Bar. Hélène, 33 ans.

Aurait eu une roséole en décembre 1930, traitée par des piqûres intramusculaires, non précisées par la malade, jusqu'à la fin de janvier 1931. Plus de traitement jusqu'à ce jour.

A l'examen, le 25 octobre 1931, elle présente une plaque muqueuse de la grandeur d'une pièce de cinquante centimes sur la face interne de la petite lèvre droite, Adénopathie syphiloïde de l'aine du même côté. Pas d’autres signes de syphilis en évolution.

Réactions sanguines : B.-W.:+ +++, Hecht:++++, V. à 50.

Mise au traitement, elle supporte sans incident 15 injections bihebdomradaires, c'est-à-dire 10 gr. 350 de K.U.D.A., soit 2 gr. 25 d'arsenic.

La plaque muqueuse avait disparu très rapidement dès la 3°

injection (8° jour). Au bout de la série — 8 semaines de traitement — les réactions sanguines étaient :

B.:-W. : ——+ +, Hecht : —+++, Vernes à 3

amorçant une négativation que nous n'avons pu poursuivre,

Observation n° 25. — Cou... Marie, 26 ans.

Accident primitif passé inaperçu. Depuis le 1% janvier 1931, se plaint de céphalée nocturne frontale et temporale accompagnée d'une alopécie diffuse et progressive. Amaigrissement, malaises, température à 37,8 le soir. À partir du 10 janvier 1931, apparition de lésions vulvaires qui, le 16 janvier, sont typiques : svphilides papulo-érosives de la grande lèvre gauche, bordées d’une auréole leucoplasique, œdème indolore de cette grande lèvre, mais pas de trace ni de cicatrice de l'accident primaire. Adénopathie syphiloïde de l’aine gauche. Roséole érythémato-papuleuse du tronc. Plaque fauchée de la langue.

L'examen, par ailleurs, ne signale rien d'anormal : réflectivité normale ; réflexes pupillaires normaux. UÜrines : ni sucre ni albumine,

Une prise de sang, le 16 janvier, montre un B.-W. : ++++,et un Hecht : ++++; Vernes 27.

Mise immédiatement au traitement par 2? injections hebdomadaires, nous avons constaté la rétrocession rapide des ,symptômes cliniques et, par la pratique des prises de sang en série, une chute de la positivité des réactions sanguines, qui s’amorça au bout de un mois et demi de traitement environ. (Cf. Graphique page 37.)

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Dès le lendemain de la première piqüre, la céphalée, non influencée par tous les traitements symptomatiques antérieurs, est en diminution, mais on note une poussée congestive marquée au niveau des éléments papuleux de la roséole, plus rouges et plus saillants.Cette réaction focale s’effaça rapidement et, à la troisième injection, on notait déjà une amélioration des lésions vulvaires, la cépha'ée rebelle avait mie u complètement. Le 30 janvier, la roséole s’éteignait et les plaques muqueuses de la grande lèvre commençaient leur épidermisation. A la 7° piqüre, — 22 jour de traitement — toutes les lésions spécifiques laissaient des macules cicatricielles.

Un examen du fond d'œil ne décela aucune altération d'origine toxique et, par ailleurs, nous n'avons trouvé aucun signe d’intolérance chez cette malade, qui a supporté 21 injections bihebdomadaires, tota isant 60 cc. de solution injectée, c'est-à-dire 13 gr. 800 de K.U.D.A., soit 3 gr. d’arsenic, en une seule série, du 16 janvier au 28 mars 1931.

Revue par nous en juin 1931, cette malade ne présentait aucun signe clinique de spécifité et son B.-W. même, après réactivation au début d’une série d'entretien, restait négatif, malgré une cessation complète du tratement, par négligence, depuis la “ernière injection, c’est-à-dire du 28 mars jusqu’au 20 juin, pendant trois mois.

‘Observation n° 26. — Or... Lucienne, 20 ans.

A l'examen, le 10 décembre 1930, présente une infiltration périana.e de syphilides papulo-érosives avec érosions radiées des plis de l'anus ; sans signe d'accident primitif. Rien sur la peau et les muqueuses. Adénopathie inguinale syphi'oïde, Chute des cheveux marquée. Pas de céphalée.

Enceinte de ? mois environ. ;

NV TEE ACER EEE ernesta Loir

Présence de tréponèmes sur les syphilides.

Mise au traitement immédiatement, la série de 17 injections — 1 gr. 730 de K.U.D.A., soit 2 gr. 55 d'arsenie — fut très bien supportée dans l’ensemble, malgré l’apparition d'une très lègère céphalée, après les deux ou trois premières piqûres qui, par la suite, disparut. Le 12 janvier 1931, examen des veux normal.

L'éruption de syphilides papulo-érosives était épidermisée dès la troisième injection, et au bout de trois semaines de traitement, la cicatrisation était complète. Ultra négatif le 20 décembre 1930.

En fin de sér.e, après deux mois de traitement, le B.-W. dans le sang, ainsi que le Hecht étaient négatifs, le Vernes à 0. (Cf. Graphique, page 37.)

La grossesse se continuait sans incident.

Observation n° 27. — Ten... Angèle, 21 ans.

Sans accident antérieur cliniquement décelable, apparition, il y à Cinq ou six jours (début d'octobre 1931) d’une infiltration bilatérale indolente des grandes lèvres, qui sont recouvertes, sur leurs bords et leurs faces internes, de syphilides papuleuses et érosivés s'étendant jusqu'à l’anus en arrière et l’entourant.

Syphilides érosives du vestibule et des petites lèvres, Adénopa-

thie imguinale typique. Rien sur la peau. Fissure de la commissure labiale gauche. Angine rouge.

BW +++, Hecht : + +++; Vernes à,97.

On commence une série de 17 injections bihebdomadaires — 11 gr. 730 de K.U.D.A., soit 2 gr. 55 d'arsenie — pendant deux mois, très bien supportées.

Dès la sixième injection, au bout de deux semaines et demi de traitement, les lésions vulvaires étaient cicatrisées.

Er fin de série, — après 8 semaines de traitement — le B.-W. et le Hecht, dans le sang, restaient positifs, mais le Vernes fléchissait à V. 18.

Observation n° 28. — Thé... Marie, 20 ans.

A l'examen, le 20 décembre 1931, présente une érosion minime de la fourchette, linéaire, propre, non indurée, indolore. Adénopathie inguinale droite indolore, formée d'un glangion roulant sous le doigt, sans périadénite.

Accident apparu récemment et insidieusement.

B.-W. : ———— Hecht : ————, Vernes à 0.

Le 30 décembre 1931, présence à l’ultramicroscope de tréponèmes sur l’ulcération qui augmente dans tous les diamètres.

B.-W. : ++4+, Hecht : +++4+, Vernes à 63.

On met immédiatement la malade au traitement, et on obtient la cicatrisation du chancre après trois injections.

On fait 14 injections bihebdomadaires pendant 2? mois, très bien supportées — 9 gr. 660 de K.U.D.A., soit 2 gr. 10 d’arsenic — Aucun signe d’intolérance n’a été observé. Deux examens du fond d'œil, pratiqués au début et à la fin du traitement, furent négatifs.

Cessé après la 7° semaine, le traitement n'avait pas modifié les réactions de Hecht et Wassermann dans le sang, le Vernes était tombé à 11.

Après 3 mois de cessation complète de tout traitement, par négligence, cette malade nous est revenue le 23 mai, présentant une éruption généralisée de syphilides psoriasiformes en gouttes sur les membres, mais surtout sur le tronc, apparue environ un mois et demi après la terminaison de la série de K.U.D.A.

B.-W. :+ +++, Hecht : + +++, Vernes à 111.

On reprend les injections, qui, rapidement, dès la cinquième piqûre, doivent être cessées parce que, chaque fois, elles entrainent une céphalée typique — un des petits signes d’intolérance. On constatait déjà à ce moment un affaissement et une rétrocession nette des éléments de parakératose.

Une série de novarsénobenzol, commencée aussitôt, doit être arrêtée après deux injections (0 gr. 15 et 0 gr. 30), pour la même cause : cépha'ée après chaque piqûre.

On continue le traitement par un sel de bismuth soluble.

Observalion n° 29. — Ray... Clémentine, 19 ans. Svphilides péripilaires acnéiformes sur tout le tronc, les bras, le cou et la racine des cuisses, depuis une huitaine de jours.

US

* Œdème de la grande lèvre gauche, traces de chancre du cli-

toris, Adénopathie inguinale bilatérale syphiloïde. B.-W.:++++, Hecht:+++#+, Vernes à 132 (29 octobre 1931). Mise au traitement par injections de K.U.D.A., régulièrement

faites, sans qu'on note aucun signe d’intolérance ou d’intoxication.

Au cours de la série de 14 injections, c’est-à-dire 9 gr. 600 de K.U.D.A., soit 2 gr. 10 d’arsenic (du 31 octobre au 19 décembre 1931), les syphilides rétrocédèrent lentement, ne disparaissant complètement qu'à la quatrième semaine de traitement.

Parallèlement, le Vernes baissait de V. 132 à V. 28. B.-W. et Hecht restaient en plateau après sept semaines de traitement.

Observation n° 30. — Au... Agnès, 53 ans.

Ne présentant pas de signes de spécifité antérieure. Dans les antécédents, on ne relève en effet qu'une fausse couche de trois mois, spontanée, à l’âge de 33 ans. Pas de grossesse ultérieure.

Jamais aucun B.-W.; pas de signes de syphilis primaire, ni secondaire.

Ji y a trois ans, apparition de syphilides tubercu!euses dans la région lombo-sacrée, qui depuis cette époque augmentèrent lentement, mais régulièrement, de superficie, tandis qu'apparaissent de nouvelles localisations sur les membres, il y a deux ans, et à la face, il y a un an et demi.

La malade n’a suivi aucun traitement.

Actuellement, le 27 février 1931, sur la région lombo-sacrée, s'étend un vaste p acard de la dimension d'une main, dont le centre, infiltré dans son ensemble, se plissant difficilement, est de couleur brunâtre vio'acée, La bordure de ce placard, irrégulièrement polycyelique, est formée d'éléments tuberculo-circinés,

rouges violacés, peu squameux mais nettement papuleux et infiltrés.

Disséminés sur le corps, on note des placards semblables, mais plus petits, sur la poitrine, au pli du coude droit, ainsi qu’une infiltration brunâtre, parcourue de stries violacées du menton : et de la lèvre supérieure, agglomérat de syphilides tuberculeuses en nappe.

B.-W. : ++++, Hecht : + +++, Vernes à 121.

Par conséquent : syphilides tertiaires sans antécédents de syphilis, ni secondaire ni primaire cliniquement décelables.

ixamen général : au cœur : un c'angor du deuxième bruit et un léger souffle systolique de la base ; réflexes patellaires normaux ; pas d’'Argyil-Robertson.

Par ailleurs, rien à signaler.

On commence le traitement le 28 février 1931. Après la deuxième injection, on notait déjà un affaissement des éléments qui paraissaient plus pâles, surtout au menton. La troisième injection fit apparaître une légère diarrhée ; les deux injections, suivantes furent faites à 2

Ù 2 cc. et, la diarrhée ayant disparu, on reprit le traitement à la cadence normale.

La malade supporta, sans autre accident, 19 injections, totalisant 11 gr. 960 de K.U.D.A., soit 2 gr, 50 d'arsenic.

ni

Les lésions avaient rétrocédé progressivement, lentement, au cours du traitement, arrêté à la neuvième semaine. A ce moment, les syphilides tuberculeuses en nappe du menton avaient disparu complètement ; le vaste placard diminué dans toutes ses dimensions, ne laissait plus, à sa place, qu’une pigmentation brunâtre cicatricie!le ; l’infiltration n'existait plus, de même au bras et sur la poitrine, mais le B.-W. et le Hecht restaient positifs, le Vernes à 97.

Après l'examen des observations précédentes, nous pouvons juger la valeur du K.U.D.A. dans le traitement des syphilis : syphilis primaire, secondaire et même tertiaire.

L'action sur les éléments figurés de la syphilis est le meilleur des critères pour un traitement anti-spécifique, puisque les résultats en sont cliniquement contrôlables : mais on demande en outre à toute thérapeutique de la syphilis, de satisfaire à un certain nombre de tests cliniques.

En premier lieu, elle doit avoir une action rapide sur les manifestations syphilitiques et une grande puissance de cicatrisation. Elle doit influencer les séro-réactions spécifiques et enfin les résultats obtenus doivent être, autant que possible, stables et les récidives éloignées.

L'action du K.U D.A. sur les manifestations cutanéo-muaqueuses de la syphilis est évidente.

Nous avons obtenu la cicatrisation de chancres syphilitiques érosifs et papuleux en 8 et 10 jours, ce qui correspond aux délais qu’il faut compter pour la cicatrisation par les injections de novarsénobenzol.

Pour les autres accidents — accidents secondaires et ter- Haires — les délais nous ont paru légèrement allongés pour le S UED'A

La cérhalée syphilitique diminuait dès la première injection pour ne disparaître qu’au bout de 8 jours.

Les éléments éruptifs secondaires sur lesauels il était plus facile de suivre l’action du traitement. évoluèrent de façon assez vaïiable, mais nous avons pu établir des moyennes qui sont très près de la majorité des cas.

La roséole demandait pour s’effacer un temps très variable entre 8 et 29 jours.

Par contre, les lésions muqueuses, mieux vascularisées, disparaissaient plus rapidement. Les syphilides muqueuses érosives, environ en & jours.

Les plaques muqueuses hypertrophiaues, plus longues à s’épidermiser, demandaient environ 20 jours. Les lésions papuleuses des muqueuses cicatrisant en un temps plus court

de 15 à 29 jours.

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