‹ Essai De Traitement De La Syphilis Par Un Nouveau Composé Arsenical Pentavalent Le Méta-Mono-Uurée-Para-Oxy-Phénylarsinate De DiéthylamineChapitre 9 sur 16 · TOLÉRANCE · texte numérisé non relu

TOLÉRANCE

Nous ne parlerons pas de la tolérance locale, qui fut toujours excellente ; les injections faites strictement intramusculaires aux points d'élection n'ayant jamais entraîné aucun accident local et étant très bien tolérées par les tissus au moment de l'injection comme les jours suivants.

En fin de série, les points d'injection restent absolument indolores, spontanément et à la palpation : nous n’avons constaté aucune tendance à la formation de myosite progressive telle qu'on la voit apparaître chez les vieux habitués des con- A de dermato-vénéréologie, traités par les sels de bismuth.

Au point de vue de Ja tolérance générale, nous n'avons relevé qu’une dizaine d'observations de malades traités par le K.U.D.A. et ayant présenté des signes d’intolérance qui, dans la plupart des cas, se sont réduits aux premiers symptômes de l'intolérance aux arsenicaux pentavalents, c’est-à-dire à une céphalée plus ou moins nette et une diarrhée accompagnée ou non de coliques intestinales, qui nous firent arrêter immédiatement les injections.

Nous passerons en revue rapidement ces différentes observations.

Connaissant l’affinité des arsenicaux pentavalents pour le système nerveux et particulièrement leur action sur le nerf optique, nous avons surveillé tout spécialement les symptômes subjectifs oculaires et fait pratiquer par l'ophtalmologiste de Saint-Lazare des examens en série du fond d'œil de nos malades en traitement aussi souvent que nous l'avons pu.

Jamais on ne nous a signalé de lésion pouvant faire penser à une atteinte du nerf optique ; une fois seulement — observation n° ||, Bard.. Marie —- l'examen aurait montré une légère décoloration papillaire passagère qui coïncidait avec l'apparition d’un érythème toxique.

Re

Nous insisterons sur la valeur des deux symptômes céphalée et diarrhée avec quelque fois coliques, nausées et vomissements, qui indiquent que la limite de tolérance est atteinte et sont les précurseurs d'accidents plus grave d'intolérance vraie. ;

Par elles-mêmes, céphalée et diarrhée n'ont jamais eu grande gravité et, apparues au cours du traitement quelques heures ou une journée après la dernière piqûre, elles retrocédèrent immédiatement après la cessation des injections de K.U.D.A., ainsi que les petits signes d'intoxication.

Mais il faut savoir la valeur de signal-symptôme de ces deux manifestations et ne pas passer outre en continuant les injectons.

Donc, dès l'apparition d'une céphalée, qui nous a paru être . # le plus souvent frontale ou bitemporale, nous avons arrêté le traitement.

Ïl nous a fallu souvent différencier la céphalée toxique, en général plus localisée, commandée par les injections, de la céphalée syphilitique, existant avant tout début de traitement, disparaissant rapidement, le plus souvent dès la deuxième injection, variable, allant de la simple lourdeur à la douleur atroce, mais surtout diffuse sans localisation névralgique et à recrudescence nocturne. Très souvent, cette céphalée syphilitique entraîne de l’insomnie, le malade étant réveillé vers 2, 3 ou 4 heures du matin, comme le dit M. Milian.

La diarrhée, avec ou sans vomissements, accompagnait la céphalée, mais s’est montrée parfois comme le seul symptôme toxique, et nous avons dû arrêter le traitement dans un cas de vomissements simples accompagnant chaque injection.

Nous allons rapporter les quelques observations des malades pour lesquels les injections durent être cessées pour ces seules causes : céphalée, diarrhée et vomissements

Observation n° 1. — Lac... Berthe, 35 ans. Svphilis ancienne il y a qu'nze ans. B.-W. positif à cette époque.

Traitement suivi assez régulièrement au début, puis négligemment par des séries de novarsénobenzol toujours bien supportées,

Ne présente, le 31 janvier 1931, aucun signe de syphilis, mais dans le sang un B.-W. :++++, un Hecht :++++, un Vernes AVS:

A la 4 injection de K.U.D.A., apparurent-des coliques intestinales, une diarrhée peu importante, mais une température à on, accompagnée de céphalée bitemporale : signes qui font abandonner le K.U.D.A., le 11 février 1931. Ce même jour, un examen des yeux ne montre rien d'anormal.

Deux injections prudentes de novarsénobenzol de 0 gr. 10 et 0 gr. 30, tentées après un repos de 12 jours, sont pourtant très bien supportées.

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