CHAPITRE IV
ESSAIS DE TOISION
Le fabricant a souvent intérêt à connaître quelle torsion a été donnée aux fils qu'il emploie, en raison des effets à obtenir. Cette évaluation a surtout une grande importance en ce qui concerne les soies.
1. Torsion des soies. — Sous le terme général à? apprêts, on désigne les torsions qui ont été données à un fil de soie ; de là le nom de compteur oV apprêts attribué à l'instrument qui sert pour celte détermination. On distingue deux sortes d'apprêts : le filage et le tors, le premier se rapportant à la torsion d'un fil de grège sur lui-même, le second à celle des fils de grège les uns sur les autres dans des ouvraisons composées.
Telle qu'elle sort de la filature, la soie est une grège sans torsion, mais on l'utilise relativement peu à cet état pour le tissage, sauf dans quelques fabrications spéciales, comme celle des gazes.
TORSION 1 6 l
2. — Pour certaines destinations, on lui donne un simple filage, faisant ce qu'on appelle du poil ou crêpe, c'est l'ouvraison la plus simple.
Le plus souvent, on en prépare des ouvraisons oui contiennent deux ou un plus grand nombre de bouts réunis par une torsion ; nous citerons les plus courantes.
La trame, dont le nom indique suffisamment l emploi dans le tissage des étoffes {% mais qui sert aussi pour la passementerie et la bonneterie, est formée ordinairement de deux bouts. Ils n'ont reçu qu'un léger tors (de 20 à 80 tours au mètre) et sont eux-mêmes sans filage. Souvent on forme la trame de 3 et même d'un beaucoup plus grand nombre de bouts, de manière à obtenir d^s ovales ou des assemblées.
L'organsin se compose généralement de deux grèges qui ont reçu d'abord chacune un filage, puis ont été retordues ensemble dans un sens opposé. Il est employé comme chaîne dans les étoffes.
On le forme quelquefois aussi de 3 et même de 4 bouts, surtout pour la fabrication des tulles et dentelles. Le lors y est beaucoup plus important que dans la trame, et le filage, qui n'existe
(i) L'expression ourdir une trame, consacrée par l'usage, est absolument fausse; c'est la chaîne qu'on ourifit.
TORSION
point dans celle-ci, ordinairement encore plus fort. Ces torsions varient en moyenne de 4<>o à 600 tours au mètre.
La grenadine est constituée de deux grèges ayant reçu comme l'organsin un filage, puis un tors d'ensemble en sens contraire.
Dans cette ouvraison, les torsions sont considérables, la deuxième surtout, car elle atteint jusqu'à 2000 et 3ooo tours par mètre, pe qui donne au fil un caractère particulier.
Sous le nom de floche, on comprend une ouvraison composée de deux gros fils tordus sur eux-mêmes, puis retordus ensemble en sens contraire.
Il en est de même de la mi-perlée, dont la torsion est moindre et l'aspect différent.
Le cordonnet a aussi deux torsions ; il est formé de 3 gros fils fortement retordus.
3. Compteur d'apprêts. — L'instrument qui sert h évaluer la torsion des soies est, d'après l'usage adopté par les conslrucleurs de Lyon, installé dans une longue boîte horizontale, quelquefois aussi sur une planchette à découvert. (fig. 12). Il permet de fixer le fil à essayera deux boutons ou points d'attache a et b, distants de 5o centimètres. L'un de ces boutons a, établi à gauche de l'appareil, à l'extrémité d'une petite tige métallique, est maintenu en place par un ressort qui l'applique contre un butoir; mais
TORSION
il peut s'avancer d'une faible longueur lorsqu'on presse le côté opposé de la tige. L'opérateur a ainsi la faculté de rapprocher, s'il le juge utile, le point d'attache a du point b et de détendre le fil.
La tige qui porte le boulon b n'est point susceptible d'avancer ni de reculer, mais elle peut tourner sur elle-même, dans un sens ou dans l'autre, sous l'action d'une manivelle. Les en-
Fiiç. 12
grenages sont établis de telle sorte que chaque tour de la manivelle détermine 10 tours de la lige mobile.
Un disque circulaire, portant deux graduations concentriques et de sens contraires, allant de o à 3oo, indique constamment le nombre de tours effectués, en présentant ses chiffres der-