T0RS
rière deux lucarnes ii ménagées dans ]a plaque qui recouvre le mécanisme du compteur.
Avant de commencer l'opération, on manœuvre le disque à l'aide du bouton saillant l, de manière à faire arriver le zéro de l'une des graduations sous l'une ou l'autre des lucarnes, selon le sens dans lequel on devra tourner pour détordre le fil à essayer. On fixe alors ce fil, d'abord au bouton a, puis au bouton b, munis chacun d'une vis de pression, en ayant soin de ne lui donner qu'une très légère tension. Cela fait, on met en mouvement la manivelle, afin d'amener les bouts composants à être parallèles. Pour obtenir ce résultat, on introduit entre ces bouts, à partir du point d'attache a, une aiguille permettant de les séparer, puis, les maintenant écartés avec deux doigts de la main gauche, on avance progressivement l'aiguille, en la tenant inclinée et la promenant délicate, ment de gauche à droite. Quand la séparation des bouts ne se continue pas bien, on est obligé de s'arrêter, et de presser le ressort de la tige a, afin de détendre le fil. Ce fil vient alors reposer sur un coussin, généralement de velours vert, fixé au fond de la boite sur presque toute la longueur comprise entre les points d'attache. Dans celte position, les éléments sont plus faciles à dissocier.
Quand le fil est complètement détordu, on
TORSION
prend noie du chiffre indiqué par le cadran, en tenant compte des tours entiers qui ont pu être accomplis et qui représentent chacun 3oo révolutions. La distance des points d'attache étant de 5o centi mètres, on ohtient, en doublant le résultat, le nombre de tours contenus dans 1 mètre du fil essayé. Toutefois, on ne se Fig. 13
contente jamais d'un seul essai, les apprêts des fils d'une même balle de soie étant rarement tout à fait uniformes. Chaque opéralion comprend au moins cinq épreuves successives, dont on établit la moyenne. Pour abréger le calcul, on inscrit les résultats directs et on prend les quatre dixièmes du total.
La soie destinée à ces essais, et que l'on a soin de prélever sur différents matteaux, est placée sur une palette en cuivre munie d'échancrures {fig- i3).
La détermination du lors de
deux fils de grège l'un sur l'autre, comme dans une trame, constitue une opération très simple et bientôt terminée.
Il n'en est plus de même lorsque les grèges composantes ont reçu, comme dans l'organsin, un filage. Dans ce cas, il faut pour compléter
TORSION
l'épreuve, le fil étant détordu sur l'appareil, enlever l'un des bouts en le cassant à ses deux extrémités, puis amener le zéro de la seconde graduation du cadran sous l'autre lucarne. On tourne alors la manivelle du compteur en sens inverse de la première fois, afin de détordre le bout restant. Cette seconde opération n'est possible que si les brins de cocons ont été dissociés, ce qui permet de reconnaître le moment où ils sont arrivés au parallélisme.
Lors donc qu'il y a un filage à déterminer, on décreuse à l'avance l'échantillon, en introduisant la palette dans un bain de savon bouillant. Pour les organsins, une immersion d'un quart d'heure est suffisante; mais si le fil à expérimenter est très tordu, ainsi qu'il arrive avec les grenadines, une cuite d'une demi-heure au moins devient indispensable.
Comme indication, nous empruntons à l'ouvrage de M. Léo Vignon les données de fabrique suivantes :
Désignation
Filage
Tors
Apprêt satin. .
// velours .
// grenadine // moyen. .
600 tours
'fOO II
IOOO — 25oo // 4oo — 4^0 //
4oo — 4^0 tours
IOOO — lf)00 //
3oo — 35o //
TORSION
4. Torsion des filés. — Les essais de torsion ne se présentent plus dans les mômes conditions pour les fils autres que la soie, c'est-à-dire pour les filés, qui sont formés de bourre de soie, de laine, de coton, etc., enfin de toutes matières qui ont été amenées à l'état de fils par des opérations préliminaires de cardage et de peignage. Cependant le compteur d'apprêts peut encore être utilisé.
Si ces filés contiennent deux ou un plus grand nombre de bouts retordus ensemble, il est aisé de séparer ceux-ci ; mais quand il s'agit de déterminer la torsion des filaments qui constituent un bout élémentaire, l'opération devient d'une réalisation souvent fort difficile, car l'ensemble des brins qui se trouvait maintenu par la torsion seule, perd sa cohésion, lorsqu'on rend ces brins parallèles, et se rompt sous le moindre effort. Le concours de deux personnes nous paraît fort utile pour effectuer un essai de ce genre. Tandis que l'une maintient délicatement de chaque main une des moitiés du faisceau de fibres déjà détordu dans le voisinage du bouton a et les écarte progressivement, l'autre tourne avec précaution la manivelle du compteur et s'arrête dès qu'il est nécessaire, pour couper avec de petits ciseaux bien tranchants, dans le milieu du faisceau, les brins qui empêchent la séparation. En avançant ainsi de
TORSION
proche en proche, on réussit, quoique souvent 1res péniblement, à réaliser l'opération désirée.
Pou r n'avoir pas à détordre les fils sur une longueur de 5o centimètres, on peut adopter une disposition permettant de rapprocher les points d'attache et d'effectuer l'essai sur 2© centimètres par exemple ou même moins encore. A la vérité, les résultats offrent aussi moins de garanties d'exactitude.
De petits appareils ont été établis spécialement pour opérer sur de faibles longueurs de
fils. Nous citerons notamment le torsiomèlre de MM. E. et P. Sée de Lille, destiné à l'essai des retors (p. g. 14), et le torsiomèlre micromèlrique, de Stolz, construit par Dubuisson et Dhaene, à Roubaix.