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OBSERVATIONS DU PROFESSEUR HARTIG

5. — Dans les filés, la résistance à la rupture est toujours inférieure à la somme des résistances de toutes les fibres élémentaires contenues dans la section. On atténue cet écart en ayant recours à des moyens particuliers, par exemple à une torsion d'ensemble ou au feutrage.

La longueur de l'échantillon soumis à l'essai exerce aussi une influence sur les résultats. Quand l'échantillon est plus long que la fibre, la rupture se produit généralement par le glissement des filaments les uns sur les autres. Quand il est plus court, certaines fibres se déchirent, d'autres glissent contre leurs voisines. Le nombre des brins réellement déchirés croît sensiblement avec la diminution de longueur de l'échantillon d'essai.

Le professeur Hartig, qui a fait de ces ques-

tions une étude spéciale, a traduit les phénomènes précédents sous une forme algébrique (').

6. — En appelant x, la longueur de l'échantillon, X, la longueur de la fibre, n, le nombre des filaments contenus dans la section du filé, k, la résistance en grammes d'une fibre à la rupture, ix, le coefficient de la résistance au glissement des filaments les uns sur les autres, y, la résistance du filé à la rupture, et en admettant une répartition régulière des fibres dans le sens de la longueur, il a établi l'équation ci-après :

(68) y = ^ x* — ~ x -h nk

d'où, pour x = o et x = X, résultent les deux valeurs limites de la résistance au tirage

(69) V = nk et

(70) y = n\il.

L'équation précédente permet de déterminer d'une manière précise la longueur de rupture (2)

(') Dingler's Polyt. Journal, 1879, Bd. 233, S. 191 fi.

(2) On entend par longueur de rupture d'un fil la longueur qu'on devrait prendre de ce fil, pour que, suspendu par une de ses extrémités, il se rompît sous soi\ propre poids. Si un fil de numéro N (nombre de mètres au gramme) se rompt sous une charge de P kilog., la longueur de rupture sera, exprimée en kilomètres :

des fibres, sans qu'on soit obligé de réduire à zéro la longueur de l'échantillon d'essai, ou de se préoccuper du déchirement de quelques fibres isolées. Elle conduit aussi à !a connaissance du coefficient de résistance au glissement ;jl de ces fibres. L'auteur a trouvé qu'il oscille oit I re ogr,oooo5 et 9gr,oi5 par millimètre, la limite première s'appliquant aux filaments de soie sans torsion, la seconde à la laine fortement tordue.

7. Essais de résistance des fibres élémentaires. — Dans son ouvrage, The structure of the wool fibre, p. 142, Bowmann décrit un instrument qu'il a fait construire pour mesurer la force des brins de laine et autres poils. C'est une petite balance romaine qui permet d'en évaluer le poids de rupture et l'élasticité.

Le poil à essayer est fixé verticalement entre deux pinces dont l'une établie sur le socle même de l'instrument, l'autre placée à deux pouces de distance, à l'extrémité du bras de levier le plus court. Sur le grand bras en forme d'aiguille et portant une graduation, peut se déplacer un poids que l'opérateur éloigne progressivement du point de suspension, jusqu'à rupture. L'extrémité du bras de levier terminée en pointe se meut en regard d'une échelle graduée, de sorle qu'on peut mesurer les allongements subis par le poil sous différentes tractions.

TÉNACITÉ ET ELASTICITE

A l'aide de son appareil, Bowmann a reconnu que la résistance varie beaucoup d'une sorle de poil à une autre, qu'elle augmente avec le diamètre de ceux-ci, qu'elle est notablement plus grande dans les poils que dans les fibres végétales, comparativement à leur diamètre. Ayant mesuré le diamètre des poils avant et après leur rupture par traction, il a constaté des réductions importantes de celui-ci, par exemple

de i environ pour le cheveu humain.

M. Lecomte, professeur à Paris, a construit un instrument pouvant servir à des épreuves du même genre.

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