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les fronts de la porte de Sayerne y qu'ils affaiblirent ce qa ils avaient Tobjet de renforcer, et, continnant d'être comptés pour beaucoup par le vulgaire , qui ne juge, et qui ne peut juger de la force des places que par le Dombre ec Técendue de leurs ouvrages , iU n'occupèrent plus les ingénieurs que des moyen» de pallier leurs défauts et de parer h leurs inconvéniens , ou du désir de les raser, en tout ou en partie.
Cependant l'emploi de cette sorte d'ouvrages avait , avec le temps et par le progrès de l'art d'attaquer les places , ou pour mieux dire par Textension donnée aux moyens de les réduire^ acquis un grand objet d'utilité de plus. Ces moyens s'étaient pendant long- temps bornés à l'emploi dVn petit nombre de bouches à feu , auxqtielles la défense n^en opposait guère davantage. La petite quantité de mobiles lancés par les premières ne faisait point désirer de spacieux* abris ; et le peu de munitions et d'bommcs qu'exigeait le service des dernières, ainsi que la médiocrité des attirails qu elles entraînaient^ rendaient, de leur côté, peu nécessaires les grands espaces dans l'intérieur des forteresses* Les plus petites d'entre elles, qui ne demandaient que peu d'hommes pour leur garde, et oà ce peu d'hommes suflbait pour les défendre contre des armées nombreuses, parurent donc avoir atteint la perfection de Fart, qui consiste sans doute à tntttre U pelii nombre 0n état de résisier au plus grand. Mais l'inven* tiou de la bombe, son usage chaque jour plus multiplié dana l'attaque des places , Femi^oi d'un grand nombre de cQZiona, leur service à ricochet » tout concounit à faire, a cet égard ^ un diangement total dans les choses et dans les idées. On se sentit atteint partout, on ne trouva de repoa nulle part dans les petites places. On s'y trouva
5t E8BA1 QknAhkh 01 roftTiPiCATioir.
f ènë de tout point et i rëtroit en tont pour loger leâ hom-meB , les vivres , les munitions et les attirails multipliés i|u*esigeait une défense qui, pour garder désormais quelque proportion avec Tattaque, ne pouvait plus s*exëcuter qu'avec un grand iiombre de bouches à feu. De lâ naquit raxiomc, trop généralement et trop indistinctement adopté : petite place » tnauvaise place.
D*un autre côlé , les années modernes devenant chaque jour plus nombreuses, employant une prodigieuse artillexie de campagne , assurant la justesse et la régularité de leurs opérations par d'immenses magasins à portée de tous les points où elles veulent porter la guerre ; et le service de cette artillerie et de ces vivres entraînant des aftîrails proportionnés ; les grandes places , les grands espaces oùFonpÀt déposer en sûreté cesdiiTérens objets, devin* rent chaque jour plus précieux. II n'y eut donc presque point de petite place, presque point de place de grandeur médiocre mâme, qui , soit pour le besoin de sa propre défense, soit «pour celui des armées qui agissaient sous son appui , ne fit désirer im agrandissement. De grands ouvrages extérieurs , redoublant sa fortification sur quelque partie faible , ou occupant quelque position intéressante , étaient sans doute le moyen préférable d'opérer cet agrandissemènt. De là le grand nombre / et surtout dans ces derniers temps , la grandeur de ces sortes d'ouvrages, qui joints a ceux qui antérieurement k l'urgence de ces moti& .avaient surchargé nos forteresses , font que maintenant il en existe à peu prés trois fois autant que de places; y ayant de celles-ci , qui , sans être fort grandes , en oomptent, comme Sedan , jusqu'à sept ou huit sur les diflférens points de leur enceinte.
C>f ouvrages sont communément desotttirft^d; ^<^m/^,
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«ouyeatdes ouvrages à couronne s quelquefois de dow' bleê couronnes» plus rarement des eaurminés. Quand ils ne pr^enleot (i) parleur tète qu'un seul front de fortification , c'est-à-dire que deux demi-bastions , et une courtine 9 ce sont dcê ouvrages à eome. Quand leur tète (2), composée d'un bastion et deux demi-bastions , forme deux fronts de fortification , ce sont dtê ouvrages à couronne (*). Quand composée de deux bastions et de deux demi-bastions , elle développe trois fronts de fortifi/cation » ce sont de doubles couronnes (3). 11 estdair qu'un bastion de plus donnerait une triple couronne ^ etc. Toutes ces tètes tirant d'elles-mêmes leur propre défense, sont liées par des branches droites , plus ou moins longues , aux ouvrages de la place , de qui seule ces bran** cbes tirent leur défense. Lorsque ces tètes formées de plusieurs fronts (4), se lient à la place qu'elles couvrent» par leurs fronts extrêmes , qui , outré" la défense qu'ils tirent de la place se défendent encore par eux^iqèmes, on les nomme CQuronnés, Tels sont le couronné de Landau et le couronné d'Yutz à Thionville (*).
Les tètes des ouvrages k corne et à couronne , les plus
(f) Vlanch. S8, fig. 1. A.
(2) Idem, ftg. 1. B.
(*) Les grands oarrages extérieurs d*4klnAodrie , composes de fronts d'une grande dimension , portaient les noms de couronnes ', éimi-^ou' ronnes , selon qu'ils ayaient trois bastions unis par deux courtines , ou deux bastions unis par une €ourtia«. EdîS.
(3) Planch. 38. 6((. 2.
(4) Idem, fig. 3.
(*) Cette dëfinitioo n'est pas précisément applicable an couronné de Landau , séparé de la place par des flaques qui sf remplisaent d'eau. Cet ouTTage est composé de quatre frontt bastionnés , dont deux se présentent aux attaques de l'ennemi et deux forment les branches , appnjées
58 £SSAJ GÊttÊllAL fi£ FORTIFICATION.
communs et 1^ plu5 anciens de ces ouvrages extérieurs , étaient rarement formes de fronts de fortification aussi gi'ands que» ceux du corps de place ; une sorte d usage borntît même la longueur de leurs côtés eiitérieurs de 1 20 à x4o toiles. Ce n'était pas, comme on le lit quelque part, alin que ces tètes a^^nt leurs lignes de défense plus courtes , fussent d*une attaque plus difficile et plus meurtrière ; au contraire , leurs bastiotis plus petits , et surtout les demî-lunes dont ces fronts sont communément cou- Yerts , réduites les unes et les autres à rien , ne fournissaient pas un espace suffisant au développeihent des miojens d'une botine et vigoureuse défense. C'était donc afin que ces tètes fussent asse2 débordées par le front qu elles couvraient , potir que leurs branches tirassent ime pleine défense des efxtrémités des faces d'ouvrages sur lesquell<^ elles s'appuyaient. Quand pour leur procurer cette défense (i), ou pour leur donner une direction qui leur fit prendre des ttf>ers avantageux sur les approches de quelque autre partie de la 'place, on resserrait ces branches à mesure qu^elles s'approchaient de la place, on dieàit que ces ouvrages extéricùi's étaient à queut d^hironde» Faisait-on, par quelque motif que ce fui, le contraire , on les disait à contre^queuc d'hironde (7.) ? Ces dénominations et les distinctions d'où elles dérivent, peu importantes en elle.vmèines , mais tenant une grande pla^e dans la manière jusqu'à présent usitée d'enseigner
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à des flaques. Le couroDoé de ThioDTÎlle est ëgalenient composa de quatre fronts bastionoës ; mais les 'deux qui forment les branches se Kent à '\à iflnct par leurs fosses.' Edît.
(1) Plaiich. 38,fig. 1. B.
(2; 7d<r//i,lig. l.A.