LIT. 11. CHAP. III
la fortification , ou est comme forcé d*en faire mention par la nécessité de mettre le lecteor à même d'entendre les graves auteurs qtû ont fait de cette nomenclature une grande affaire. Quoi qu*il en soit , depuis que la valeur des grands espaces intérieurs pour les dépôts nécessaires « et la ressource des grands fronts de fortification pour une défense vigoureuse ont été mieux connues, on a banni et ces queues d'hironde qui rétrécissaient et étranglaient souvent à pure perte ces sortes d'ouvrages , et ces fronts nains qui, à une attaque toujours forte des mêmes moyens, n'opposaient qu'une défense en miniature. Et en effet puisque ce n'est que d'eux*>mémes que ces fronts tirent leur défense , il faut bien convenir qu^ils doivent être agrandis comme ceux du corps de place , a moins qu'il ne soit prouvé que ces derniers sio^t trop grands ; et alors ce seraient ceux-ci qu'il faudrait raccourcir au même point que les fronts de ces grands ouvrages extérieurs. Il fiiut donc, à peine d'être évidemment inconséquent, faire les uns et les autres de la même grandeur.
Mais » pour peu qu'on y réfléchisse, il est facile de se convaincre que , malgré cette rectification , les têtes de ces ouvrages, celles des ouvrages à corn^ surtout, isolées au bout de leurs longues branches » sont constamment plus faibles , ou pour mieux dire plus commodes à attaquer et plus gênantes à défendre que les fronts semblables du corps de place, qui , soutenus de près par leurs voisins, ne peuvent d'ailleurs être aussi paiement débordés et embrassés. A cela près , leur attaque et défense, absolur ment la même que celle dont nous avons donné des journaux multipliés , en examinant de quelle attaque et défense étaient susceptibles les places/les différens systèmes, semblerait devoir à peu près doubler la résistance des
Sê»Al citii^^^ ^* FOBTIFICATIOK.
/^«mieb i/« ^0°^ construits : mais un défaut qui 1 4smblà^ inhérent , altéra considérablement ce ré- I t «t* j"^9^*^ ^^ quW en eut trouvé le remède, ^jtihlit constamment tous les fronts auxquels on les appliqua» Ce défaut coasislait à ouvrir par les fossés de leurs branches (i) Taccès du coips de place aux batteries dehrèche placées sur le couronnement de leur chemin couvert ^ en sorte que les brèches du corps déplace ,>pralicables en même temps que celles de Fouvrage extérieur, pouvaient aussi recevoir lassant en même temps que lui , ou tout au moins après la prise det:e dernier^ ne plus laisser à faire à Tassiégeant que le travail du passage de fossédu corps de place ; travail plus facile à exécuter à T extrémité du fossé de cçs longues branches que partout ailleurs.
II était simple ^que Vauban, qui en prenant tant de places , pi^ofiiait journellement de ce défaut, fût le premier à l'éviter dans la construction de celles qu'il fortifiait. Il ne pTaça donc plus de ces grands ouvrages sur le corps de place, c'est-ànl ire tirant immédiatement de lui la défense de leurs branches, à moins qu'une rivière large et non guéable ne les en séparât ^ mais hors de là , il eut soin de faîf^ aboutir ces branches a des dcndlunes (a) ou autres dehoiis , qui eu les défendant également^ çt en partageant avec eux le danger d'être simultanément mis en brèche, ne firent plus courir le même danger à la place , dont le corps entier demeura intact.
Mais on ne peut m dissimuler que .celte correction , toute heureuse qu'elle paraisse , n'était cependant faite
(1) Plancb. 38,% i. B.
^2) idem , fig. 1 . A.