CHAPITRE Vt
Deê Cantrù^tnineè»
On appelle fninei en général tout chemin pratiqué sous terre. Sans parler de celles qui ont pour objet de tirer des entrailles de cet élément les trésors qu'elles recèlent » et qui sont totalement étrangères à cet ouvrage, l'art de les employer k l'attaque des places est très ancien, et il n'est pas bien facile de déterminer l'époque ou Ton commença de s'en servir. Ce qui est très certain , c est que les peuples anciens en firent de tout temps et partout, dans leurs sièges, le plus fréquent usage.
Il parait que les premiers essais de cet art perfide fu-
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t^nt d'abord de conduire Fassi^eant juscpie sous quelque partie écartée ou peu gardée de la ville assiégée , puis d'ouvrir subitement ou secrètement pendant la nuit l'issue de la mine pour en sortir avec rapidité, se répandre en torrent dans la place, et en massacrer les défenseurs surpris. On sent assez que -ce moyen ne put guère avoir de succès que dans sa nouveauté. En eiSet , se tenaint aux écoutes et sur ses gardes , Tansiégé ne pouvait manquer 4* entendre le travail souterrain de l'assiégeant , fait à une profondeur toujours moindre à mesure qu'il approchait de son issu^ L'attendant alors en force au débouché nécessairement étroit et incommode de son trajet souterrain » il pouvait l'y accabler et Ty écraser des pierres avec lesquelles il comblait cette issue. L'assiégeant , après cette tentative manquée , sûr a peu près d'être partout attendu et reçu de même, ne tirait d'autre avantage de son stratagème une fois découvert que de fatiguer et d'inquiéter l'assiégé par les attentions soutenues et multipliées qu'il le forçait à lui donner sous terre » et qui ainsi tournaient nécessairement au profit de l'atiaque conduite sur sa surface.
^^ais un usage plus efficace de la mine succéda bientôt à ces essais désormais peu décisifs. On en arrêta le trajet sous les murs de la ville assiégée , et là , êc retoumatU de part et d'autre de manière à creuser le dessous de ces murs suivant une partie certaine de leur développement, on les étaya par des bois posés debout sous leur masse, à mesure qu'on forma un vide dans leurs fondations. Remplissant alors ce vide ainsi étayé , de matières combustibles auxquelles on mettait le feu, il arrivait nécessairement que les étais brûlant tous à la fois , cessaient de soutenir la masse des murailles , laquelle s'écroulait
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subitement. L*assîégeant préparé à cet événement tenait dans ses travaux les plus rapprochés de la place ses cohortes toutes prêtes à en profiter, tandis que Tassiégé, ou dans Tignorance du travail souterrain de son ennemi , ou dans Tincertitude dû moment où il lui ferait pix>duire son effet « ne pouvait que bien difficilement être toujours suffisamment préparé à la résistance.
Il n^était point aussi aisé , sans doute , de s^ opposer k ce second effet des mines qu^il Favait été de rendis vain le premier. Cependant le génie de la défense , bien au* trement enflammé chez les anciens par tous les motifs les plus puissans sur le coeur humain qu'il ne peut Têtre ch^ nous autres modernes par Thonneiu*, l'ambition et les autres mobiles plus ou moins factices qui nous agitent , trouva bientôt des moyens de résistance y sinon supérieurs, au moins supérieurs à ceux de Tattaque, et qui , préparés d'avance , retardèrent plus la prise des forteresses qu'il n'était possible à l'assiégeant de l'avancer par le moyen des mines. Ces moyens de résistance furent de même nature que ceux de l'assiégeant , furent aussi des travaux souterrains, en un mot, furent des mines. L'assiégé forma en avant de l'enceinte de ses igirs une enveloppe souterraine , d'où il pût , et couper le trajet souterrain de l'assiégeant, et se porter au-devant de lui , soit pour le combatti*e sous terre» corps à corps, soit pour détruire sur la surface du terrain les travaux de ses approches et renverser ses tours et ses tortues belières par les mêmes moyens qu'employait celui-ci pour renverser l'enceinte et les tours de la ville assiégée. Ce sont ces mines employées par l'assiégé , dans un but contraire et même contradictoire à l'emploi qu'en faisait l'assiégeant , qu'on appelle contre-mines.