LIV. II. CUAP* VI. loS
la voûte ) pour pouvoir la maçonner à rordinaire par le dessus, on la maçonne en face , ou pour mieux dire par son profil. Pour cela^ on se sert de tambours mobiles el très maniables , formés chacun de deux cintres, espacés seulement de i8 pouces, sur lesquels on a doué des tringles ou lattes légères , quoique de force suffisante à porter le poids des voussoirs de la voûte. Un maçon. placé en face d'un de ces tlf^bours , atteint et pose facilement des voussoirs à son extrémité. On accole deux de ces tambours Tun à Fautre , pour commencer la maçonnerie de la voûte ; en sorte que les deux maçons , chargés chacun de voûter le dessus d'un tambour , se font face Tun à l'autre et peuvent réciproquement lier l'un k l'autreleurs ouvrages.
La voûte étant formée par- dessus les deux premiers tambours , on ea fçrtifie les côtés centre la poussée des voussoirs supérieurs et des terres qui pourraient les presser , au moyen d'un renfort de maçonnerie que l'on conduit depuis l'extérieur du dessus des pieds-droits jusqu'à hauteur dû dessous de la cU; ce que l'on appelle remp/cV Uê reine de la voûte. On remplit également de terre bien pressée le vide qui reste entre l'extrados de cette voûte renforcée , les terres des côtés et les madriers du ciel de la galerie de charpente, qu'on peut aussi retirer, ainsi que les chapeaux qui les soutiennent , si l'on s'aperçoit qu'ils ne soieipt pas chargés par les terres du dessus , et que ces terres se soutiennent d'elles-mêmes. Cette opération se fera en substituant à chaque chapeau , à mesure qu'on voudra l'enlever , ainsi qu'une des deux travées de madriers qu'il supporte, un faux chapeau soutenu par des pointaux posés stu* la maçonnerie, qu'on enlèvera à leur tour quand la maçonnerie de la voûte , mise h per-
]06 ESSAI GÂN&RAI. DB FOUTIFICATION.
fection dans cette partie , permettra de soutenir par des terres le bout de Tauire travée de madriers quil reste à ces poiutaux k supporter. De nouveaux tambours , posés en avant des premiers de part et d'autre seront recouverts de même par la voûte y que prolongeront les deux mêmes maçons en a^éloignantrun de Tautre. Un assez petit nombre de ces tambours suffiront pour maçonner la voûte de la plus long:ue galerie , parce qu'on poiffra retirer les pre* qiiera posés aussitôt que les deux qui les avoîùnenl seront cintrés de leur voûte , et que cette manœuvre sera facile au moyen des coins qu on aura placés entre eux et les lamlMiurdcîi qui les supportent.
Si le terrain éuit mauvais et que Ic^ terres poussassent contre \^ ciel et les côtés du coffrage de la galerie, il faudrait renoncer à Fébonomie d'en retirer les bois et les enfermer entre les terses et la maçonnerie.
Tel est donc le mécanisme du travail par lequel on pourvoit une place de guerre de galeries de oontre-mine&. Telle en est maintenant la marcbe. Après avoir tracé le mi^fi^ oueoBemblede ces galeries sur la surface du terpain , on creuse des puits aux endroits où ces galeries se croisent et m^me plus près les unsdes autres , s'il est néeessàire , pour qu'il n y ait jamais plus de 4o bu 5o toises d« distance entre deux puits iqu on veut joindre enscànble par une galerie, puisqu'il est d^expérience que dans des galeries qui n oui encore qu'une iasoe , et dans lesquelles conséquemment aucun courant d'air n'est établi , la respiration manque à environ 2^5 toises du puitâ dans les galeries à grandes dimensions \ à ao toises dans celles de dimensions moyennes ; et à 1 5 toises plus ou moins dans les rameaux; à moins que | par un ventilateur ou soufflet de forge armé d'un tuyau de cuir conduit jusqu'au.
UV. II. CUAP. VI- 107
fond de la mine , 011 n'y produise ariificiellenient , à chaque inslant , un couraut d^air frais; Ces puits étant par* venus chacun à leur profondeur respective , on entre de leur fond , de part et d'autre, en galerie j en dirigeant de chacun d*eux le travail • soit de niveau , soit suivant la pente requise pour se raccorder avee le travail partant du puits voisin , qui , venant au devant du premier , doit faire partie de la même galerie.
Voici en quoi coiyiste ordinairement l'ensemble des galeries ou système de oontre-min^ (i) que Ton donne à une placé de guerre ou à ceux de ses fronts qui sont susceptibles de ce genre de défense. Cest d'abord une galerie qui règne sous son chemin couvert , de laquelle on puisse partir par des rameaux pour aller renverserle couronnement de chemin couvert , et les batteries que Fassiëgeant y place. Si cette galerie est ajoutée à la place après sa construction , on l'établit par les moyens que nous venons de décrire sous la ba||j||ette des branches du chemin couvert , et on la prolonge dans le même alignement au travers de ses places d'armes rentrantes , à la gorge desquelles on place ses entrées. Si on la con^^truit en même temps que la place , on l'adosse à sa contrescarpe , au travers de laquelle on lui donne de l'air par des crëpeaux, surtout aux arrondissemens. C'est à ces arrondîssemens qu'on place alors ces entrées, qui sont défendues , ainsi que tout le fossé , par le feu des créneaux. On lui donne alors 6 pieds au moins de largeur sur 7 à 8 pieds dé haut* Dans l'un et l'autre cas , on la homme ga^
(1) Planefa. 42.
io8 ESSAI Qknk^JLL de fobtificatiou.
leriô magistrale (i), sans doute parce qu'où la considère ooinme la ligne magistitile de la défense et de la fortifîca* tien souterraine de la place.
Une autre galerie s'établit à peu près parallèlement à 90 > a5 ou 3o- toises de cette première^ a peu de distance • de la queue des glacis de la place. On la nomme gaUric^ dH enveloppe* On la fait communiquer avec la première par d'autres galeries dirigées sous les arêtes des glacis des^ places d'armes saillantes du chemii^ couvert et- sous les gouttières de ceux de leurs places d'armes rentrantes. On nomme ces galeries , d'après leur objet , galeries de cam-, \
muniealicn.
Outre ces trois sortes de galeries , on en pousse en-, core d'antres plus avant sous la, campagne, lesquelles partent de la galerie d'enveloppe et cheminent de 1 5 a i6 toises en avant , suivant des c^rections parallèles aux capitales des ouvrages. On. les espace entre elles d'environ 95 toises, afin qu'un m^^r ennemi, dont le travail se fait entendre sous terre de 1 5 toises environ de distance , ne puisse passer entre deux galeries sans èlre Mitendu de Tune ou de l'autre , et peut-être de toutes deux k la fois. On les nomme, d'après cette destinatÎQn « galeries dFéeûute. En maçonnant toutes ces diverses espèces de galeries , on y laisse de distance en dis*
(1) n y a des gens qui rappellent galerie majeure , et d'autres qui U ■ommeDt meurtrière^ lorsqu'adoss^ à la contre.icarpe, elle est perche d^ crëaeaux qui rendent meurtrier le passage du ibssë; d autres encore la nomment gaierie d'enveloppe. Les mêmes personnes rëserrent le nom de . megisiraie , à la galerie d'escarpe du corps de place, qui règne à peu près sons la ligne de ce nom. Toutes déiominations sont bonnes, pourm qu'on s'entende, et qu'après les aroir définies, on s'/ tienne.