UT. II. CUAP. VI
feu à la mine (i). A ce premier auget qui pénètre dans la caisse , on . en ajoute un autre , et ainsi de suite, jusqa* à ce qu'on soit parvenu à Fendroit où Ton se propose d'appliquer le feu. On lève ensuite les couvercles de ces angels, et Ton en cloue les fonds sur les semelles des châssis pour les rendre inébranlables autant que possible. L'on pose ensuite dedans le saucisson , en fixant une de ses extrémités au centre delà caisse, au moyen d'une cheville (a) dont on le traverse et on l'arrête contre le bout de l'auget ; observant que la poudre qu'il contient » y soit uniformément distribuée sur toute sa longueur, et n'y laisse nulle part de vide. L'on repose ensuite les couvercles de l'auget que l'on cloue à demeure , mais avec un marteau de cuivre pour éviter les accidens du feu. Enfin on recouvre les augets d'un bon demi-pied de terre , et Ton prend des précautions pour préserver d'humidité et garantir du feu l'extrémité du saucisson. Cela iàit, on transporte la poudre de la charge dans la caisse, au moyen de sacs à terre que les mineurs se passent de main en main , et que les derniers vident dans cette caisse. Aussitôt qu'elle est remplie , on la recouvre de son couvercle (3) , qu'on redouble de madriers , et l'on remplit bien tout le vide qui reste au-dessus de la caisse^ par du gazon et des sacs à terre fortement pressés. Après quoi , on pose contre la caisse et Tespace rempli au-dessus d'elle y une portière de bons madriers qu'on arc-boute avec des étrésillons contre le côté opposé du rameau , où
(i) Planch. 4t,£Lg. 16 et 17.
(2} Idem, Bg. 14
(3) 7dem, fig. 14 et t S.
1S4 S^S^I ciJiiBAt BS FOETIflCÀTlOlf*
d^amreB madriets soni posés pour recevoir las bouts âe ces étrésilloti». L'on reatipHt Tintenfdle avec des sacs à terre 9 ctu gasoa , de k terre ^ du fumier, des briques , du bois, et g^nérâletnent avec tout ce <]u*on a sous la main. On coDtiirae à remplir de même le rameau le plus ex»e- Mttent que Ton peut, mais sana nouvelle portière si étrénHons # k moins qu'il ne se rencontre un retour, au^ qud cas on place une portière semblable à 11 première , et seteUabiement étrésîHonnée; et Fou ne cesse de remplir lé rameau » que quand on est parvenu à une diatance du fouruetu d^one fois et demie sa ligne de moindre résistance, mesurée en ligue droite; sans quoi 1% mine« âoaffiaot dana le rameau « y porterait une partie de son effet qtri se trouverait d'autant affaibli au dehors.
La manière k pins ordinaire de mettre le feu à uoe mine, est, après avoir fait UDeatf<^;»^ouetilaille au saueisson qui doit sortir un peu de Tauget ^ de répandre sur une pkncbe ^ à laquelle on le fixe , un peu de poudre , eide recouvrir le tout d'une feuille de papier, au travers de' laquelle passe un bout d'amadou de la grosseur d'un tuyau de pkime , et de 8 à 9 lignes de longueur^ dont on a frotté le bout qui doit reposer dans la poudre , avec du pouherhi ou poudre broyée. L'on affermit bien ce papier sur k poudre pur de petites pierres? posées dessus , puis on^ le recouvre avec de la terre sèohe et fiue , jusipie tout Autour deratuadouTy pour entpècher que lors(|u'on en afiprocbepa le £ras quelque étincelle tombant siir le papier, n'enflamme inopinément la poudre. C'est cet amadou , ainsi placé au travers d'un papier, qu'en terme de mineur, Ton nomme tnoinô y et qui par l'espace de temps qu'il met à brûler avant de commimiquer le feu à la poudre , donne le temps au mineur qui l'allume , de
UT. fl. CBAF. Tf. 19^
Ut diérobor en ^e retirant , fku seufl^e et Tq^^ut de h poudre du saucissoB , et à tout autre e£fet pernicioux; de
la mine.
C^te méthode de faire jouer ui^e lu^^e laiss^apt tp^•••
jours i€x>uler iin tempa plus ou moiiu long , entre If jnomeQt on l'on y met le feu , eteelui où il par^iem^ 09 emploie d'autres procédés , quand on a intérêt de saisii*» sans le moindre délai , le moment précis de la faire sap^ ter ; conune^ lorsque dans la défense, on vçuis'pn servjf i porter la niort parmi une foule d^assaijUns , roon^eA*fanément rassemblés sur une brèche ou sur tout aiur^ pbint compris dans la sphère d'activité de quelque four<neau. Alors on peut employer» soit le secours 4*me batr terie de fusil ou de pistolet , dont la déiepte est ms^ e^ mouvement de loin par nne (IceHp(i)y soit )e m^y^ d'une souricière (*) ou boite r/eposai^t sur la poudre 4e h saignée du saucisson • et y laissant tomber , par I4 rer traite de son couvercle à coulisse tiré par pne ficol)^, une mèche enflammée. Tpus moyens sont bons , pourvu qu'ils fassent infailliblement leur ef{et au moment précis où on h Uw demande. I^n vpiçi un auqyol aon auteur , M, de Rugi j céUbre chef de l'école des mineurs français , attache , dit-on , un grand prix , quoiqu'il ait quelquefois manqué , mèipe entre ses mains.
Il râs^q h toutes leç autres inétbodes un très grapd inr Qonvénientt -, c'est que h funjée de i^ poudr^ 4^ fta^içjftspu
(I) Pl. 4'l , fig. 18.
(') M. de Bonsmard eut mieux fait de designer cet appareil par le nom de )}otte de Boules, sous lequel il est coaa^, et qui rappelle le nom du capitaine de mineurs qui l'a mis en ussge pour la première ibif •a 1745, à la démolition de Tournai. Edit.
ia6 ESSAI GéRiAAL DE FDnTinCATlOK.
infecte pour un temps plus ou moins long» le rameau d*où on Fallume et les galeries voisines ; en sorte que Ton ne peut ensuite s*y reporter qu après avoir perdu un temps précieuY à chasser cette fumée , à Taide de ventilateurs ou de simples soufflets de forge , introduisant un courant d'air frais , par des tuyaux prolongés jusqu'au fond de ces rameaux. M. de Rugi a donc avec raison pensé qu'il rendrait un service essentiel à son art , si sstas saucissons » il parvenait à mettre le feti aux mines ; et c'est ce qu'il a exécuté (i) en faisant l'auget doub\e, et en y faisant passer, au lieu de saucisson , une corde, dont un des bouts , tiré hors d'un des deux augets , fait avancer dans l'autre son autre bout, auquel est attachée une êouriê ou mèche enflammée , qui venant à passer par h dernier retour de l'auget où aboutit le saucisson , oa même par le centre de la charge ^ y donne immédiatement feu. Ce moyen est facile à rendre infaillible, pourvu que, quand on l'emploiera à porter le feu à plusieurs fouineaux qui doivent partir en même temps , on le fasse par une seule sùuriè » qui arrive seulement au point de partage des feux compassés de ces fourneaux , et non par deux souris qui se rendent chacune à leur fourneau respectif; sans quoi, l'un des fourneaux pourrait, jouant avant l'autre , déranger les augets , et arrêter la marche de la seconde souris , ainsi que je l'ai vu arriver. Au reste, quand on n'a d'autre but que de rentrer promptemeni dans les galeries après le jeu de la mine , on l'obtient facilement, en diminuant le diamètre du saucisson, jusqu'à ne lui laisser que quatre ou même que trois lignes. Car alors la fumée qu'il produira sera moindre que celle
(1) Plancfa. 4f,fig. 10.