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loin n ait été mise en brèche par la' partie supérieure de son revêtement , et que les énormes déblais que doit lancer le globe de compression ne puissent achever par le bas la rampe de cette brèche, comme il est arrivé aux sièges de Choczim -et de Bender ('*') , et comme il vient de se passer à la prise de Touvrage à corne de Valenciennes (i). Quant à Fassiégé, c'est tout différent.
n La place do Ghotym ouC&oezim a sotitenn an siège, en 1788, dont la relation se trouve dans le Zeitscbrift imlit. de Vienne , ann^e 1824. Les assi^geans n'y firent pas jouer de mines. Nous ne connaissons pas de relations des sièges que la place de Bender a soutenus en 1770 et 1789. Ed.
(I) « L'expression de globe de compression, m'écrit un de mes amis, « pour signifier une mine surchargée, est la cause des fausses idées que « s'en soDt faites, je ne dis pas seulement le Tulgaire, mais même des « militaires qui s'imaginent que c'est quelque globe infernal , plus ter- « rible que toutes les autres machines de guerre.
« C'est ce que bien des getis croyaient en 1793, en lisant dans les « journaux les merveilleuses descrîptiotis du si<?ge de Valenciennes , et « les effets prétendus du globe de compression Personne n'a démenti « ces journaux , ni éclairé le public , en publiant la vérité , et tous y € avez été prb en partie, comme tant d'autres. Je vous passe ce que « vous dites de l'effet de ces globes atkx sièges de Chocôm et de Ben- « dcr, je n'ai point été y voir; mais il n'en est pas de même i Valen- « ciennes , j'ai été y voir quelques mois après le siège. Voici la réalité € du fait constatée par quantité de témoins , et sur laquelle vous pou- « vez compter.
« Il serait difficile de savoir si l'on a voulu assiéger ou bomiMirdcr « Valenciennes , peut-être est-ce l'un et l'autre (*). Quoi qu'il en soit , « les Autrichiens y ont fait quatre fois plus d'ouvrage qu'il n'en fallak « pour un siège en règle , et tout cela contre une garnison , dont la ma- . « jeure partie en était à ses premières armes , qui n'a pas fait une seule « sortie , et dont le commandant t ancien major de la place , était foft
(•) Il n'y • pat de doat« qne c'wt l'an et l'antre. L'ennemi mit en betlerie 33a boncfaee à feu; M?oir: ia6 pidcee degroe calibre, 4o pièces de la, 4o obosieraet ia6 morliera et pierriera.' ^«^
1^ B8$AI GiniftAL DJB FORTIFICATION.
SMI lui était donné d'user seul du moyen des minet , on peut assurer qu'il lui serait possible de rendre sa place imprenable. Car il n'y a pas de point de la troisième parallèle , des cavaliers de trancbée , et du couronnement
il^onuot pour ptreiUe besogne. On jr a joint un bombardement , dont les batteries n'ëtant pas conyenaMement distribuées , ont toujours laissé un tiers de la ville intact. D'ailleurs » on avait Vattention de ne tirer qu'à des beures réglées. Dans les intervalles bien connus , les affaires se falsaieiit en vîHe à l'ordinaire, et l'on a eu le temps ^cleîttdré beaweoup d^incendies. C'est avec ces moye^ , qu'au bont de près de deux mois , les Autricbiens se sont enfin approchés des glacis d'an ouvrage à corne. C'est la que le général autrichien a ordonné la construction de trois mines ordinaires , contre une place qui n'en avak pobt. Je dis oréinùhes , et non pas glxJ>€9 de compreuion, car j'ai vu las entonnoirs dont le diamètre supérieur m'a paru être d'environ 80 pieds, et la profondeur de 12 à 15. Je suis fâché de n'avoir pas pris et noté exactement ces dimensions, qui néanmoins s'accordent avec ce qu'en pensent plusieurs personnes qui sont ici , et qui étaient daas la place lors du sicge. L'explosion preique instanltoée de ces trois mines , jointe à un feu trèvvif contre le chemin couvert, eflràja tellement les gardes nationaux qui l'occupaient, qu'ils n'eurent pa» asses de jambes pour s'enfuir dans la ville. La nuit commençait ; les Autrichiens s'emparèrent alors du chemin couvert sans coup férir, descendirent dans le fossé » et montèrent par les pas de «ovrit de la gorge dons l'ouvrage o corne, sansU moindre obstacle. I3ne brèche cornmenoée de loin à cet ouvrage fut achevée pendant la nuit avec des pioches pour y faire monter une colonne. La terreur que cela répandit dans la place fut mise à profit par une partie de bourgeois qui •tkviiiinit encore, des maîtons à sauver , et l'on capitula le lendemain . làatin. Voilà cq qu'ont produit trois mines qui ont joué au pied dm P' $laçie (*) ; et prenez ensuite dans les journaux les matériaux de 1']
( * ) Lm niln«t ont prcMiuh hi panique qoi a fuit abuBdonner le cbemin conTert Tar* •eiMot «Itaqni àrnm fois pav l'emieini. La perte do ^emin coorert a M raivie ié eell* 4e TooTrafe à ooroe de la porte de Mont , dans leqoel J'eniiaini est eolr^ par la polame sons la courtine , et dans lequel il a pu aussi monter par les pas de soaris de la gorfs. Une brèche faite an corps de place , dont ne fait pas mention l'ami de M. de Boasmard' et qvi ospoaait U ^lle à être prise dressant , fut le motif qai détcralna à capituler, aprit So )o«n de sSëg». Edii.
Liv. il, cHAP. vt. iSl
du clicmîn couvert qu'il ne pût à son gré culbuter autant de fois qu'il lé jugerait k propos, et pas une batterie de brècbe nî^une contre^ballerie , que non seulement il ne détruisit , mais dont il ne fjt même sauter le canon dans ses fossés ou dans Fintérieur de ses ouvrages. Enfin le dégât des travaux , la perte , et surtout la terreur 6u le découragement , seraient tels chea Tassiégeaut, qu'il reconnaîtrait infailliblement la nécessité , ou de renoncer à son entreprise , ou de la seconder du même moyen que l'assiégé sait lui rendre si funeste. Restent donc à examiner la nature des combats que se livrent mutuellement sous terre l'assiégeant et l'assiégé , et le résultat plus ou moins nécessaire de ces combats pour la durée de la résistance de la placç*
Nous avons déjà exposé la plupart des préparatifs et des dispositions de l'assiégé pour soutenir cette guerre*
« toire. La qualification la plaa fuTorable que l'on puisse donner à œt « ëyénement, c'est de dire que pareille ruse de guerre ne réussit « qu'une fois. VoiU matière pour un petit errata pour Totre deuxième '^ Tolume. » *
J'ai transcrit ici tout au long airec d'autant pins de plaisir que par là je rectifie une erreur dans laquelle j'étais tombé ; et que je restitue , dans ses réritables circonstances , un fait intéressant sous tous les rap* ports. Quant a la conséquence qu'en tire mon ami, loin à'y souscrire^ j^en tire une tout opposée ; et je dis que rien ne garantit que cette rust tU guerre, (plia réussi une fois, ne réussira pas eneore bien d'autres i et que puisque les fortes explosions de mine peuTent même , sans détruire une seule des défenses de l'assiégé, produire sur lui des effets moraux aussi puissans , on est fondé à se promettre des résultats à peu près infaillibles de l'explosion de globes de compression , jouant à la distance requise de la contrescarpe , pour la renverser dans le fossé et y acheyer plus ou moins complètement la rampe de la b|:éche,c<unBien' cée par le canon , au haut de l'ouTragc en arrière.
iSa BS8ÀI GÊn£bAL D£ FOBTIFICATIOH.
soutcrraioe. U nous en reste maintenant à développer encore quelques autres , avant de le montrer aux prises avec rassie|;eant. Comme celui-ci pourrait à la rigueur s*introduire dans les galeries de Tassiégé , et profitant de sa surprise, Ten chasser en tout ou en partie, ce der^ nier a , à cet ^gard , des précautions k prendre. La première est de bien assurer les portes d^entrée de ses galeries au travers de sa contrescarpe ; ce qui est bien difficile quand celle-ci n*est pas revêtue \ à moins de placer ces portes d^entrée dans des rentrans (i) dont le baut soit défendu par de bons réduits , et le bas par des caponnières palissadées &x travers des fossés. Cette manière est, k mon sens , préférable à celle plus usitée de placer les entrées des galeries aux arrondissemens de la contrescarpe, où Ton pratique, pour les défendre, des souterrains crénelés ; parce que ces souterrains-U mêmes peuvent être enfoncés par l'explosion de cpielques tonneaux de poudre jetés, garnis d'étoupilles , du bant de la contrescarpe en bas devant ces créneaux , et donner par là entrée dans les galeries. Mais l'assiégeant ne peut-il pas aussi , de ses travaux souterrains , aboutir à quelque galerie ou rameau de Tassiégé ? Cet événement n'est , je pense , k craindre qu'après le jeu de quelque fourneau de l'assiégeant , qui , ayant crevé on fait sauter quelque por^ tion de galerie de l'assiégé , peut , & droite et à gauche de son entonnoir, laisser ouverte l'entrée de ce qui subsiste encore de cette galerie. Car, que l'assiégeant puisse ou ose , par le simple progrès de son travail souterrain , entrerdansles galeriesde l'assiégéi et que celtd-ci , ou ne
(I) Tboofa. 43.
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le lui interdise pas par des camouflets* ou ne l'en repousse pas par dès moyens préparés de tout genre , c*est ce qu*îl est impossible d*imagîner. Quoi qu'il en soit , au cas que cela arrive , àt quelque manière que ce soit , voici comment l'àssfége peut y pourvoie.
n aura eu soin que ses galeries (t) tant d*^écoute que d'enveloppe, dé communication, et magistrale, soient sé^ parées lès unes des autres et même partagées dans leur Vongueur» dé i5 toises en 1 5 toises , par de bonnes portes doubles de chêne, i l'épreuve du mousquet, fermant exactement, excepté lorsqu^on ouvre le clapet du créneau qui y est pratiqué. Lors donc que le mineur assiégeant entrera dans quelque partie de rime de ces galeries, si on ne l'en repousse pas sur-le-champ par un combftt de main Ans I^uel on a toute sorte d'avantages sur Itd , arrivant par un rameau bas et étroit, transversalement, a une galerie spacieuse ; on Tenfermera entre deux de' ces portes , par lés créneaux desquelles on lui jettera de petits sacs de cuir, remplis de 2 ou 3 livres de pondre , garnis d^une étoupille ou (îisée dé grenade allumée, dont Vitiflàmmation produira une fumée telle qu'il lui sera imposable d'y résister. On gagnera par la répétition de oe procédé le temps nécessaire pour réduire & rièn^ et pour rendre funeste peut-être à Tassiégeant l'avantage qu'il a cru obtenir par son entrée dans les galeries de l'assiégé. €lar celui»ci • en les construisant, n aura pas manqué de pratiquer immédiatement derrière chaque porte, à droite ou a gauche, une entrée de rameau ou percée au travers d'un de leurs pieds-droits. De là , il pourra , au moyen
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l34 BS8A1 GÉfl&BAl. DB FORTIFICATION.
d'un trou de trépan ou grosse tarière de 8 à 9 pouces de diamètre, loger en un ou plusieurs sacs • a5 à 3o livres de poudre derrière ce pied-droit, et y dpnnant feu au moyen d^une étoupille renfermée dans uu ou plusieurs canons de fusil ajustés bput è bout , crever la galerie eu avanjt de la porte ; ce qui étant exécuté (je part et d aMtre de l'entrée de Tassiégeant en galerie , le restreindra à n en garder cpi'une bien petite partie , acbetée. encore sans doute par la perte de ({uelques-uns de s^ qiioeurs écraisés
ou étouffés.
Mais Tassiégé ne se contente pas de défendre ses gale^ ries , et ne se bomç pas à y attendre le mineur ennemi \ .il y doit encore préparc|r la subversion, des travaiu^ éxté-^ lueurs de Taçsi^ge^nt 1^ et Vopérer immédiatement du ino» ment où les appwbpf ,d^ /çcJuUci parviennent 11 la ^urr
fao^ du ternâu.canfre^miné^ Aiu^i.CO» V?^4^ 1*^°^^^ pi^rtant de ^es galeriçs d'écoute , et commencés aussitôt que, par l'ouverpi^e de la tranchée » lassiégeant ^ura fait connaître sur qujeUes capitales jl compte cheminer, Taasiégé ira sur ces mêmes capitales , au-devant de lui aussi loin que possible , et s'il, se peut jusqu'à ses demiplaces d'armes^ pour les faire saut^r^ ains^ que les commmiications en avant, par des fourneaux disposés de telle sqrte , que , de plusieurs d'entre eux dont le jeu se succède, l'entonnoir des dernit^rs venant, à croiser quelque peu, ou seulement a toucher celui des précédons, s' sigfandisse de leur côté pai: l'effet de la meurtrissure des terres et de leur ténacité vaîncuç « y jette la plus grande ^ftie de ses déblais et en détermine ainsi la .direction yefa.les
(1) Plaoch.44.
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traYaux de Fasaiëgeant, en la détournant du chemin couyert et des ouvrages de la place. . '
Sa galerie d*en¥eIoppe lui serrira i renverser- de mème^ par des fourneaux établis au bout de ttmeKn pliis ou moins courts, la troisième parallèle dans autant et si peu de points qu'il le ju^ra k propos» Il cboiaira die préférence ceux des débouchés des communicatioiis 4» anrrière.
De ses galeries de coQBOimunicatiov de droite et de gauche des sapes de l'assiégeant dirigées jdebout aux. saillai^i da chemin couvert, partiront de fréquens rameaux., dont les fourneaux multipliés, renverseront ces sapea et ]^s cavaliers de tranchée, dans les momens qui cpi^viendront le mieux aux vues de lassiégé.
Enfin, de sa galerie magistrale , il ira d'abord renverser le couronnement du chemin couvert , p^r des fourr Beaux peu enfoncés et peu chargés ; puis , quand dans: jC^ eourpiinement rétablit » l'assiégeant auraplacé ses battes riesdebrèche^ il les détruira, et en jièttera le cai^Ov^ soit dans ses fossés , soit même dans ses ouvrages .^n aft jpière , par des fourneaux plus enfoncés que les premieqs^ placés en arrière du canoii à enlever, à pi^u priés sous l'entre-toise de. Inuetledeses affûts, et chaînés duqua* druple au sextuple de ce dont ils devraient Têtre» poui* donner des entonnoirs d'un diamètre Rouble de leur ligue de moindre résistanpe. Cette position des fourneaux joii arrière des masses à enlever, et la direction de leur effet vers la place , assurée par lia meurtrissure des terres , opérée par les petits fourneaux qui précédemment auront renversa le couronnement, garantissent suffisamment que les canonjBassiégeans seront jetés vers la place, et tomberont ^ oa dans ses fossés , ou dans ses ouvrages ^
l56 ESSAI GàNÉEAL DK rORTlPICATlON.
laivant la dose à laquelle aura été portée la surcharge des fourneaux.
On conçoit que par des fourneaux plus grands^ plus enfonces et plus éloignés de la place , on pourra faire sauter une troisième fois le couronnement rétabli , et une seconde fois les batteries replacées , et toujours sans endommager la crête du cbemin couvert. Si , dHin autre côté , Ton se rappelle bien ce que nous avous dit de fa faculté de produire* de plus ou de moins grands enionnoirs , en gradtiant convenablement la charge des four«neaux placés à la même profondeur, on conviendra que Tassi^é ne manqué pas de moyens pour atteindre et faire sauter le même point, autant de fois à peu près qu'il k veut, et conséquemment quMl peut en avoir besoin;
C'est la manière d'ordonner les galeries et de disposer les rameaux qui en pailent, relativement au jeu des différens fourneaux, qu'on se propose d'employer a la défense d'une place , qu'on appelle système de contre^ mines; et les adeptes de cet art de la fbrtifieaêion souterraine p en ont peut-être autant multiplié les modes ^ et ont attaché chacun , è celui de son invention y une iinportanoe plus grande et plus exclusive encore , s'il se peut , que les auteurs de fortification extérieure ou de fortification proprement dite , n'en ont malheureusement attribuée aux leurs. La raison en est simple. Travaillant dans les ténèbres, exerçant un art totalement ignoré da vulgaire » un art dont les moyens et les effets ne pou* vaient être appréciés que de peu de personnes , et doivent par essence être dérobés à l'œil des curieux , et surtont des connaisseurs , l'auteur du système da contre-mines devait naturellement être conduit à l'attitude et aux grimaces de ces heureux possesseurs de la pierre philoso»
LIT. II. caA>. VI. 167
phale y de ces ëtonnans &îseurs da grand œurre ^ toujours prêts h vendre le secret de faire de Tor. Nous ne feroos connaître aucun de ces systèmes en particulier^ et nous nous bornerons i dire que les meilleurs sont, en général , ceux dont les moyens sont les plus simples, les opérations les plus faciles, les plus indépendantes, les moins compliquées, et dont les effets les plus destructeurs des travaux supérieurs de l'assiégeant, sont en même temps les mieux garantis d'être rendus vains par ses travaux souterrains. C'est ce dernier point seul qu'il nous reste à traiter, mais d'une manière générale et sommaire, ainsi que nous avons fait tout le reste.
L'assiégé» quel que soit le système de ses contre*mines, c^estvà-dire , quelle que soit la disposition de ses galeries et la manière dont il compte ex$ faire usage contre les travaux extérietirsde l'assiégeant, doit surtout songera tenir tous ses moyens de défense souterraine, le plus longtemps possible, à Tabn des attaques souterraines de son ennemi , et hors de l'atteinte du jeu de ses fourneaux. Pour cela , tandis qu'avancé sur les capitales, il cherche à y intimider de bonne heure l'assiégeanl, et à ralentir sa marche , il se forme i rextrémité de ses écoutes, une seconde enveloppe (i), enfoncée aussi bas qu'il est possible , par le moyen de puits pratiqués au bout de ces écoutes , du fond desquels il chemine par des rameaux , Tenant les uns au-devant des autres; en sorte que de leurs rencontres mutuelles , résulte une véritable galerie d'enveloppe , qui tenant le dessous du terrain , ooupe le passage au mineur assiégeant « dt quelque pari qu'il
^1) JPUoeh. 46.
lS8 ESSAI «iffiAAl. 0£ POATIFICÀTIOII.
vienne) poiur -jpéBLévret dans Tenoeinle des çonjbre-iiurie»^ de rassiég^. Car l'entendaiit UravaiUer, soit de cette ^- )ene/aeit4e rextrémité des rameaux qu'il aura ouverts en avant , il pourra , ou Tatteindre de . près ^ et r^ioufler par des camouflets , ou Téo^aser d'assez loin dans ses rameaux p en faisant jouer des foumeanx à trop fidble charge , peur enlever le deaaus du tenrain , et y former un entonnoir, mais qui n^en crèveront pas moins tout rameau ou galerie » à une distance ë^e à eelle à laquelle Tasaiégé se: trouve de la surface de .ce terrain , tpà par supposition V est la plus éloignée possible de lui. Etre»marquez que Tas^iégé , préparé partout , n'aura rien antre< chose à fitire, que d'écouter attenUv.^nesit , jus- <fù'ati moment de: donner le cfamouflet , ou de charger le Iburneau qu il veut Caire jouer ; ce qu il fera alors si diligosment^ ayant tout scmis U mam» qu il sera impossible que T^égednt le prévienne ;. en sorte qu'entendant, sajis se iàire entendre , et conséquemment sans laisser pénétrer sa position, et ne s'annonçant jamais que par des effets aussi subits qilie meurtriers , il swt aussi difficile* de Taltefndre.que de lui échapper»
MaisJ' assiégeant qui ne peut se dissimuler tous ces dévantages à une guerre de chicane, où tant de chances sont contre lui , emploiera sans doute, dès l'instant où il craindra Teffet des coutré-roines de l'assiégé , le globe de compression , comme, une arme de plus» longue portée que les sieimes., au mo^en de laquelle il crèvera ses première» galeries, avant d'en pouvoir recevoir aucun mal. Mais,, pour en recueilli;*. le fruit qu'il s'en promet, il faudra , i^ qu'il multiplie ces globes de compression sur le développementdu front d'attaque , assez pour pouvoir enfoncer à peu près toute l'enveloppe à la fois , sur une
fumùé <fe ce firoDt ^ ou au moins toutes ses jonctions aux commuuicAtipns en arrière \ saps quoi , Tassiégé se por*tast des parties encore subsi^lant^s de cette galeri^, a droite et à ga^cjie de Fentonnoif* de chaque globe de compression , irait loger daus lef terres meurtries de§ jbords de cet entpnnoir y des fou^neaii^ du plus gran4 effet, qui le reoomj^leraient , partie, par partie , et détrui* raient le logement dont on Taurait couronné | en écrasant tout ce qui aurait occupé ce logement, et surtout le n^i^ neur qui 8*y serait enfoncé pour se porter en aidant* $e* condenient, U faudra encore que de» bords des premiers entonqoirs , le. mineur assiégeant ne manque pas de s'enfoncer 6ur*le«<)hamp par des puits profonds, desqiiek il se porte quelque peu en avant , pour placer et faire jpuer de nonveauûc ^pbes .de ^oçipre^sipn , qui repversefit les galeries de communication eti arrière de l'enveloppe dé^ truite y asse^. 9u loin t pour lui permettre d^^Uer pai\ uh troisième appareil de globes de compression > crei(er la véritable galerie d'enveloppe en arrière, d'où. par ua quatrième et cinquième appareils, semblables, il détruirfi les communications à la gaJede magistrale , et enfio/celte magistrale elle-même*
Mais je ne said si l'on fait altediion à Timmense qufm«tiié de poudrequ'éxigero9ttou9;^s. globes de conKpresT aion< et à rexirème incommodité que leur jeu tcaïusera aux tranchées en. arrière, vers lesquelles les premiers globes ajent joué, détermineront par la meurtrissure et la moindre ténacité des.terres de ce tèté 9 la direction des énormes déblais que les globes suivans chasseront avec la dernière violence , jusqu'à a et 3oo toises de distance , et enfin A l'espace de temps considérable qne demanderont tant d'opératicnis variées et successives, la fouille de tant
l40 ESSAI cfal&BA.L ftB VOETltlCATlOH.
de puhs et de rameaux, la charge et le- bôui^ge de tant d^normes feameanx , rétablissement de tant de I<^emens & la crête d'e leurs entonnoirs : si , dis^je, on hii attention à tont cela , Tilnagination s^en étonne , si sortout on y joint tons les retards et les obstacles causés par la résistance de l^ssiégé ^- soit extérieure, par des sorties qui chassent Fassiégeatit de ses logemens , comblent ses puits ou en brisent le coffrage au mojende grosses bombes qu'on y descend ; soit souterraines par dés camouflets , fbwgag»eê(i)^ fourneaux 9 et même gtobes de compression, qui me paraîtront toujours très propres k là défense , quand' on aura soin de ne pas trop les enfoncer ; parce quNttors , loin de fournir dans leurs entonnoirs du eou^ vert À Passîégeant, ils ouvriront, au contraire, et évaseront les profonds entonnoirs de celui-ci , du côté de U place, au feu de laquelle ils les découvriront jusqu'au fond*. Et k cet égard, il faut remarquer qa'i supposer ou que Tassiégé ne tente rien , ou que rien de ce qu'il tentera ne lui réussisse , ce qui ne peut raisonnablement se présumer, l'assiégeant , par la. seule force- des . choses ^ se trouvera retardé d'environ un mois , par un glacis contreminé, tel à peu près que nous venons de le décrire. 6ar si nous sujq^osons qu'il s' enterre à ao toises de la tète des écoutes , supposées réunies par une première galerie d'enveloppe , k 4o toises en avant de la crête du chemin couvert^ qu'ih s'enterre, dis-je , par des puits de i8 pieds de profondeur, la fouille de ces puits lui demander» au moins viugt-quatre heures $ etle rayon de r-entonmîr de
(1) On noniBM aiiui lei foorneai» peu eiâaacéê mos la superficie de la l^rrCj et donkla Ufoe M mobdccrMitsace o^'est^pa d« 6 & 10 jjUfU.
UV, 11. CBAP. ¥1. J^l
^es globes décompression, devant, i cette profondeur, être de 9 toiseS » chacun de ses rameatDt devra avoir au moins 12 ou 1 3 toises de longueur, pour ne pa^ endom-»' mager la parallèle d'où ik partentv Ces rameaux deman^ deront par conséquent de quatre jours à quatre jours et demi de travail. Le transport de la poudre fait de nuit , dans la tranchée, sa charge dansJa mine, la pose des augets et le bourrage de ses longs rameaux exigeront bien encore deux jour^ et demi. Voilà donc environ sept jours poùt le temps nécessaire à la préparation du premier globe de compression ; ci« . ^ •.•>... • .^ joprs»
Pour former le I(^ment qui coiuronnera l'entonnoir de chacun de ces globes. >. . • » • 1
Puis, pour la fouille des {>uits des globes de compression du second appareil 1
Pour un rameau de 18 pieds de long (i), ^
au bout duquel sera établi chaque nouveau globe » • • • • • 1
P01U* le transport et la charge des poudres , le bourrage du rameau et le recomblement du pmts % ij
Pour la préparation du troisième appareil de
^ta
(f ) La marche da mmevr àsâ^geaiit est i pea ptè» sûre, en népovlt*sanl wm rameau qa*k cette d»tam)e , qoi est le limite de la tphèn d'à»* tivltë de son prëcédent globe de compression. S'il se portait plus loin » outre qn*il lui faudrait plus de temps avant de pouToir faire jouer son globe de compression , qui , â la rerit<^, porterait son effet plus près de la place , il aurait encore à craindre que l'assiëg^ , l'entendant Tenir à lui , ne r^tottfflit dans son rameau par quelque camouflet, ou ne ren- TersAt le rameau par le jeu de quelque fourneau. Je sais bien que par là Tassi^geant renversera le logement de Tentonnoir pr^^ent , mais cet inconrâiient est moindre et plue facile à réparer qua celui d^étre cevpé ^ant sa marche sonlerraîne*
l49 ESSAI càKÉRAL DE FOUTtFtCATlOil.
DcC autre part i..«ii^
globe» de compression , connue pour celle du second appareil ci-dessus « ^1^
Poar le quatrième appareil de globes de eoiUpressîon * 4?
Pour le cinquième et dernier appareil de ces globes 4^
Totall' k • . 25 jours
qu*bn peut bien porter à 3o , attendu les méprises, les contre» temps, elles délais inévitables en pareille besogne. Mais combien Tassiégé ne peut-il pas encore la contrarier et la retarder ! ne petu^l pas , soit par de petites sortieS| s6il par des espions ^ soit par Tattemion quMl donnera , tant au transport des bois dn coffrage des puits et galeries dcrassiégeant^ qu*au déblai des terres qui sortirotit de ces puits et formeront sur les parapets des tranchées , vis-à-vis, des remblais plus considérables et d'une autre couleur qu'ailleuk*s ; ne peut-il pas, dis-je. partons ces moyens, découvrir les lieux où Tassiégeant attache le rt\\* neur avant que celui-ci soit seulement parvenu an fond de son puits ? Mais à supposer même tous ces moyens ep déiaut^ TassiégérSera encore sùr^ cp éconiant at{ei%ti-^ cernent dans ses galeries, d'entendre d'asscs loin le travail du mineur assiégeant, et de pouvoir juger de quel côté il vient. Car quelque aisé à trs^vailler que soit le terrain y on pourra, de i4 ^ ^^ toises de distance ^ entendre an travers des terres les coups deroutil att moyen du^ué^ s^en fait la fouillq , et de 20 à 2£l Ie'l)ruit qui se
il^it AH:ffappAiu \mk bail .de« .çbâa5i9 pQUJPiie8;ari:«nger, ei les coins et planches pour les faire avancer. Fbur mieu^
UT. II. CHAP. iri. 145
s^ assurer dn bruît qa on croîl entendre f on peut employer, soît une caisse de tambour posée par une de ses peaux sur le sol de la galerie , tandis que des pois ou autres petits corps ronds , posés sur Tautre peau , décèleront par leur roulement les moindres secousses que recevront ces terres ^ soit une plaque de t61e posée bien ferme contre les terres, sur laquelle on applique Toreille; soit des trous de trépan percés en avant des galeries, le plus avant possible dans les terres , k Tentrée desquels on place son oreille. De quelque moyen qu'on se serve , il est clair qu^en employant le même de plusieurs points différens ^ ce sera celui de ces points duquel le bruit se fera le plus clairement entendre qui sera le plus près du mineur ennemi , et celui par conséquent duquel il faudra partir en allant à sa rencontre pour l'atteindre le plus tôt; ou mieux encore , il faudra se jeter à droite ou à gauche de 1 5 ou 1 8 pieds pour passer à côté de lui parallèlement , sMl se peut, à cette distance.
Si nous supposons donc que Fassiégeant qui s'est enfoncé à ao toises de distance de la tête des écotues de l'assiégé ou du rameau ou fausse galerie d'enveloppe qui les joint, et qui , pour ne pas détruire on entier son loge* ment, doit s* avancer de i3 ou 14 toises eh avant de ce logement avant de faire jouer son globe de compression j si' nous supposons , dis-je , que l'assiégeant n'ait' été en-* tendu de l'assiégé qu'à i5 toises de dislance/ ou à 5 toises en avant du fond de son puits , il lui restera en-» core 8 à 9 toises de rameau à faire avant d* être arrivé i son but. Si donc l'assiégé ne perd point de temps , aprèb l'avoir entendu , h ouvrir et à pousser en avant un rameau , le rameau aura aussi 8 ou 9 toises quand l'assiégeant aura fini le sien , et le dépassera par conséquent de
l44 tnkl tiixtSAL Dl PORTlFlCATÏON.
a OU 3 toises. De son extrémité (i) Ta^siégé polim donc, •oit donner un camouflet , soit enfoneer le rameau de aon ennemi par un fourneau trop faiblement chargé pour faire entonnoir, soit enfin si le dessus du terrain oifine «juelque cbose à renverser, ou du moins peut être excavé sans inconvénient, crever sur une plus grande longueur et à une plus forte distance le rameau de Tassiéfi^eant par une mine chargée suivant de plus grandes , suivant même les plus fortes proportions. Quelque parti , an reste, que prenne Tassiégé , il est clair qu'il préviendra toujours Vassiégcaot, auquel le creusement d*un très grand fourneau , le placement d'une très grande quantité de poudre et son transport ùiit de nuit , ainsi que le bourrage d'un long, rameau prendront toujours plus de temps qu'il uea faudra à l'assiégé pour son opération beaucoup moins conndérable et beaucoup moins compliquée.
Mais l'assiégeant ne peut-il pas lui-même donner le camouflet, dès qu'il s'aperçoit qu'il est dépsssé ? C'est sans doute ce qu'il a de mieux à faire ; car il ne peut employer à enfoncer le rameau de l'assiégé , un petit four-^ neau dont le bourrage obstruerait son propre rameau et arrêterait conséquemment sa propre marche. D peut en-^ core , k la vérité , aussitôt qu'il s'aperçoit que l'assiégé est à proximité de son travail , s'arrêter^ creuser sa chambre de mine » charger son globe de compression » et , le faisant jouer plus tôt qu'il ne l'avait projeté , le faire servir à écnser le mineur assiégé dans son nouveau travail , ansn bien qu'à enfoncer ses galeries préparées de longue main.
(1) Plcnch. 46.
llT. II. CHA>. VI. 145
Mais outre que le mineur assiégé , sachant bien distinguer le bruit du bourrage , qui s'éloigne k mesuré dû progrès du travail , de cdui de la fouille du rameau , qui s^approche sans cesse , évitera vKiisemblablement , en se retirant a tefiips , le sort que lui prépare son ennemi ; celui-ci rencontrera plus d*un inconvénient dans le jeu prématuré de son«f;lobe de compression, i*"* Celui de le faire jouer trop près de sa propre tranchée et de la détruire lui-même v s° celui de le faire jouer trop loin de la tète des écoutes et du rameau d^ enveloppe qui les joint , et conséquemment de ne les endommager que peu ou point du tout^ i* de ne pas gagner dans ses approches tout le temps qu'il se promettait d'acquérir. Ce n'est donc que du camouflet que Tassiégé semble avoir à se garantir, et c'est à quoi il parviendra , soit en en préparant un lui-m^me à l'extrémité de son rameau, qu'il arrêtera dès l'instant où il se sentira à hauteur de son ennemi , afin de le faire jouer, pour peu que ce dernier continuant à avancer vienne à le dépasser, soit en chargeant aussitôt un fourneau pour le faire jouer sans perte de temps. On voit donc que le mineur assiégé , sans trop s^ engager, sans courir presque aucun risque pour peu qu'il soit attentif à la nature du bruit que fait son ennemi , pourra lui faire beaucoup de mal, et ne parvint-il a lui en faire aucun , lui occasionera infailliblement beaucoup de retards. Car nous avons vu que -^le mineur qui a un ennemi k écouter n'avance plus soif travail que de 9. toises au lieu de 3 eu ^4 heures ^ ainsi par cette seule considération, et indépendamment du dérangement qu'il espère causer aux travaux , tant souterrains qu'extérieurs de l'assiégeant, le mineur assiégé, ne doit pas manquer
d'aller au-devant de lui.
l46 ESSAI GàNÉnAL Dt FORTtFlCATloK.
Aussitôt après que les premiers globes de compreftsîou de rassîégeanl auront joué , le mineur assiégé se repor« tera immédiatement dans toutes les portions de ses galeries et rameaux endommagés qui subsistent encore , et partira de là par de courts rameaux pour alllr éublir des fourneaux sous les bords de chaque entonnoir. Ce ira- Tail, qui n*aura aucune difficulté, lauiTet des globes de compression ne jetant dans les galeries rompues ni dans les terres meurtries aucune odeur» ce travail préviendra toujours celui de Fassiégeanl , qui ne pourra recommeii-eer à attacher 1« mineur qu'après a>oir couronné ses entonnoirs. Ce couronnement pourra donc être renversé à J^usieurs reprises , et le mineur assiégeant être chaquf fois écrasé, s'il fait) comme nous l'avons supposé , son puits sur le bord de Tentonnoir ou étouflë par le recom.blement de c*et entonnoir, s'il est rentré par son fond ca galerie.
Cette difficulté vraiment désolante ,. il la retrouvera après le jeu de ses second » U'oisiéme et quatrième appa^ reils de globes de compression. Qu'on juge de là te que peut coûter à un assiégeant, de travaux, de périls» de perles et de temps , le u ajet d'un glacis convenablement contre*miné. JNous ne pensons donc pas qu on puisse «altnter à moins d'un mois la somme des retards occasionés par les camouflets, les fourneaux , la défense mmh terraînc enfiu, en tout genre de Vaasîégé. Mais nous avons vu que déjà le seul progrès du travail de Tdasiégéant auquel on ne ferait éprouver aucune contrariété , exigerait un espace de temps d^environ un mois. C'est donc de deux mois k peu près qu'on peut compter que oe moyen d'ajoiiter à la força, des places ien allonge la résistance.
' Pour qn*on ne m'accuse pas d^eacagératîon et de trop me livrer à mon ima({inatioo k cet égard , je vajs rapporter le journal de Tattaquc souterraine de Scbweîdniiz par les Prussiens» en 1762 , oà| pour ]a|>remière fois, Ton fit à la guA*re usage du globe de compression (^)» On pourra juger par les ciroonstances et par la durée de cette attaque d'une place qui n'avait que peu de eonire-mincs et encore construites pour la plupart pendant le siège, da ce que peut opérer, pour ajouter k la force d'une place, un appareil de contreHatines tel que celui que nous nous sommes donné potir sujet de notre attaque et défense aouierraines.
Les tranchées des Prussiens étant parvenues à 34 toises de la palissade ou crèie du chemin coovej*t de la place , ils jugèreut qu il était temps d'attacher le mineur» O'eft ce qu'ils firent au fond de leur tranchée» la nuit du ap
(*) Le rëcit de ce sicfge , )ii cTans l'Histoire de la guerre de «ept ans , par Tempe! bof, est rempli d'iot^rét- Traduit et détache «le cet ouvrafe, il forifierait un ncoM^ire Jbrt inst^icUf sur U guerre souterraine Les travaux d'altaque furent dirigée par Lefebvre, Français, parvenu aux premiers grades dans le corps du ge'nte prussien , apr^s avoir fait les sièges de Flandre » en qualité de sergent d'infanterie, attaché aux ingénieurs. Tempelhof le représente comme souvent découiagé par les cjiicane.4 des assiégés, et rapporte presque tout l'honneur du succès à son soirrcrain. Lefebvre a* lui-même doané* un journal du sirge de Schwcidnitz n la fin du premier Volume de ses œuvres , mais il est resté to'm de l'historien aTlorhand , sous tous les rapports. Les travaux de la défense furent dirigés par M. de Gribeauval , autrefois capitaine dé tn^ neurs en France , alors général au service d'Autriche , et depuis bien connu comme général d'artillerie dans sa patrie. Aux globes de com^ pression, il sut opposer avec une rare ha1>ileté les petits foornciiitx , les fougasses et les camouflets ; la défense de Scbwrîdnitz* fut aussi ipafne^iue-otflk de Bcsg<»op*j&ooB». ... Kdit».
l48 SMAl GÊiVÀAAL DB PORTlFIGATIOlf.
ma a3 d*aoùt , et parvenus au fond d'un puits de i6 pieds de profondeur , ils ouvrirent une galerie qui , la nuit dn 3o I se trouva poussée à 96 pieds en avant {*). La chambre de la mine fiit creusée le Si» et la nuit suivante la poudre y fut transportée. Le i*" septembre elle fut bourrée , et joua le même jour, à 9 heiures du soir. Elle avait 16 pieds de ligne de moindre résistance , était diargée de 5ooo livres de poudre » et fit un entonnoir de 90 pieds de diamètre , qui s'étendit jusqu'à 60 pieds de la palissade. Cet entonnoir fiit couronné le 2 ; le 3, les assiégeans en partant de son fond , commencèrent une galme, qu ilf furent forcés d'abandonner le 6 , lorsqu'elle avait déjà 2a pieds de longueur, à cause de Teau qu^ils rencontrèrent, nie était à ai pieds de profondeur. Ils en commencèrent le même jour une autre ) à gauche de la première, et è 9 pieds plus haut, qui le 9 , à 10 heures du soir» était parvenue i 68 pieds de longueur, lorsque les assiégés firent jouer sur sa droite une fougasse , qui en dérangea a^ pieds dans le milieu à peu près de sa longueur, c'est-à-dire , depuis a4 jusqu'à 48 pieds de san. "entrée , et y blessa 4 mineurs. Les assiégeans la rétabli^
(*) Suiraot TempelhofC), le ptdtsD'ayaitiiue huit pieds de profondeur et la galerie , à laquelle on donna 4 pieds de haut sur 3 de large, allait en pente. A. 94 pieds de distance du puits (86 pieds suivant Lefebvre% l'air manqua aux mineurs ; on cessa de cheminer ; on fit la chambre àa, premier globe de compression , qui , e'tabli à une trop grande dbtance des galeries de la place, ne les endommagea en aucune façon. Sa charge fat dêterroînëe d'après la règle empirique de Bëlîdor, rapportée p. 120 On s'était trompé dans la mesure de la distance du fourneau à la palissade du chemin courert. Edit.
( * ) M. d« Bootaard • pv connMttN qMlqws «TMrs^ut sa Mimlioiit ms P9rn§m •9t MtérMor à la parti* da niittoira da Tmapeïkùt «fai^coatiaiit la si4g« daSekwaidBits.
LIT. II. CHAr. ri. i49'
rent, et recommencèrent à la prolonger. Le lo au soir^ elle avait 72 pieds de longueur, lorsqu'elle tomba dans une galerie de la place , d'où les mineurs assiégeans furent rechassés à coups de mousquet. Aussitôt après» les assièges firent jouer» sur la droite de cette galerie » une mine qui en culbuta 60 pieds y c'estrè--dire , la galerie presque entière (*).
Le 11 septembre ,. lea assiégeans commencèrent une autre galerie, à gauche de la première, quMls tentèrent en même temps, de réparer, ignorant qu'elle fût culbutée dans toute sa longueur^ Le la, en la réiablissant, ils tombèrent dans Tentonnoir de la mine de l'assiégé qui l'avait détruite } ils le couronnèrent , et s'y logèrent , sans passer outre. L'autre galerie k gauche avajt alors , le 14 > 32 pieds de longueur, lorsque les assiégés firent jouer, l'un après l'autre , à droite et è gauche de ces deux galeries ^ deux fourneaux qui en dérangèrent quelques châssis qu'on parvint à rétablir asses promptement (**) .Le 1 5 , la galerie de la gauche avait 4^ pieds de longueur, lorsque le mineur assiégeant y tomba dans une vieille galerie ruinée de l'assiégé , dont la grande puanteur l'empêcha d'aller plus avant. H logea donc au plus vite, où il se trouvait , è 14 pieds de profondeur , aooo livres de poudre 9 bourra son rameau jusqu'à 36 pieds du four^ neau qui joua le 16 , & 5 heures du matin , et fit un entonnoir de 60 pieds de diamètre, qui s'étendit jusqu'à
{*) Ces plumiers échecs donnèrent de grandes inquiétudes an majov LefebTre sur le succès du siège. Edit.
(**) Ces fourneaux , véritables camouflets , n'ouvrirent pas d'enton-> aohrs. E$t.
iSo ESSAI G&lfiBAL DB POlTIFlCàTlOH.
48 pieds de la palissade (^), mais mina le logement fait dans renlonnoir de Tassiëgé, ainsi que sa communication , et força conséquemment Tassiégeant à abandonner Ton et Tautre. Celuî-ci snr4e-cli&mp fil dans le nouvel entonnoir une traverse, pour couvrir ceux qui protégeaient ses mineurs » lesquels commencèrent un rameau qui fut culbuté le 17, à 1 1 beutes du soir, qu'il n'avait encore que 8 pieds de longueur, par une fougasse de Tas- ^iëgé. Le 18, ils rouvrirent dans le même enlounoir, deux rameaux , Tun dirigé à 1* angle saillant du cbemîn couvert, Tautre à droite de cet angle. Mais à peine commencés , une fougasse de Tassiëgé les ruina tous les deuX| le même jour, à 4 beures du soir. La nuit du 18 au 15^, Fassiégeant eqjtreprit un nouveau rameau qui , le 19, lorsqu'il avait à peine 8 pieds , fut de même culbuté par une fougasse; un autre rameau , recommencé le 19, eut le même sort le ao au matin (**)•
L'assiégeant voyant la difficulté de passer outre , résolut de faire iSne diversion , et d'attaquer reunemi , d*un c6té par des fougasses ^ pour attirer son alte^ition el lui donner le cbange , tandis que de Vautre il ouvrirait une galerie, k la plus grandie profondeur possible^ et la pousserait assez avant pour que le globe de compression établi â son extrémité, ruinât la prin ri pale galerie de Tassiégé. Dès le 20 encore , sans perdre de temps , il en-
(*) Il y avait 12 pieds dans les premières «étions, ce qui ctût une erreur. . Edit.
(■**) SuÎTant Tertipelbof, le roi de Prusse aurait dû lever Je sî«^e. â cette époque, s'il se fût labsé diriger parles ariade LeMirre; mns ce prince pers^viSra , et traça hiÎHDéfne la nouvelle laarche beoracme q[ue suivit l'attaque. Edit.
Uma cette galerie et ce rameau. Mau ce dernier .était à peine parvenu à 7 pieda de longueur, que le aa , à 8 ' heures du soir, il fut culbi^té par une fougasse de Tassiégé , de laquelle heureusement la profonde galerie ne reçut aucun mal. Seulement les bombes qui venaient à tomber dans Tentonnoir de cette fougasse « enfonçaient en crevant les«ndroits de cette galerie , voisins du lieu de leur chute ^ ce qui donnantbêsyicoup de peine à réparer, fit que la galerie n'avança que lentement. Elle n'avait encore que ao pieds de longueur, lorsque le roi y étant descendu le 24 au malin p oixlonna d^y iàire au plus vite un retour de 4 pieds^et une chambre pour loger 3,6oo livres de poudre , qu'i^plaça sans coffre , dans des sacs ; après quoi , on remplit à la hàtc la galerie avec des sacs à terre. Ce fourneau était à 18 pieds de profondeur. Il joua le même jour i4« à 10 heures du soir, et forma un entonnoir de 60 pieds de diamètre , jusqu à 8 pieds de la palissade.
Les assiégeant établirent dans cet entonnoir deux traverses, derrière lesquelles ils logèrent leurs volontaires^ sous la protection desquels les mineurs commencèrent, dès le 25, À ouvrir deux rameaux. Le a6 , à 8 heures du soir, lorsque r un de ces rameaux avait i5 pieds de longueur, etTaulre ix, l'assiégé enleva c^ dernier par une fougasse ; puis la même nuit, à une heure du matin, après avoir fait jouer une seconde fougasse qui détruisit entièrement la communication au premier rameau, il fit une sortie, s* empara des deux entonnoirs, et y demeura toui le reste de la nuit, pour les abandonner de lui-même au jour, après avoir taillé ce qui lui restait de glacis , de manière à pouvoir de son chemin couvert, découvrir jtisqa*au fond de Tentonnoir du dernier globe de compras-
l5a E68AI ciRÉRAL DE POBTlFIGàTiOlC.
ftîoD \ ce qui empêcha rassiégeant de s'y rétablir, et Vobligea à faire, le 27, une traverse dans Teutonnoir dn scîoond globe de compression, pour aller de là, à sape couverte , regagner celui d'où l'on venait de le chasser. Les 28 et 29 , les mineurs poussèrent cette sape couverte k 23 pieds en avant , et il fut également poussé à la gauche, vers le dernier entonnoir de l'assiégé, ube antre sape couverte. « •
Le 2 octobre , le U^avail de l'assiégeant étant parvenu ^ tant en galerie qu'en sape couverte , è 4^ pieds en avant, rencontra une galerie ruinée de Tassiégé ; et il en avait 65 , lorsque le 4 9 à Q heures du stir , l'assiégé fit jouer sur sa droite, une fougasse qui 4i|rendommagea en au* cune manière. Le 5 et le 6 , la galerie de l'assiégeant fat poussée jusqu'à 87 pieds. Le 7, à 8 heures, et à 1 1 heures du soir, l'assiégé fit encore jouer contre elle deux fougasses qui , plus hautes que la galerie , et trop éloignées d'elle , ne lui firent non plus aucun mal. Le S , cette galerie ayant atteint 96 pieds de longueur, *Ie mineur assiégeant creusa à son extrémité un fourneau (*) qui fut chargé de S^ooo livres de poudre. La galerie fut bourrée .dans la longueur de 48 pieds , et à minuit ^ le feu fut mis à cette mjne. Elle ouvrit entièrement le chemin couvert, et combla le fossé de l'ouvrage , qui , à la vérité , n'avait, non plus que ce chemin couvert, que très peu de largeur -, ce qui , joint à la circonstance d'une casemate remplie de poudre , qui avait sauté la veille h la gorge de l'ouvrage attaqué , et Favait ouverte , fit que la place , d'ailleurs sur
(•) Tempclhof donne 24 pieds de profondeur à ce fbameau, et 72 pieds de diamètre à son entonnoir. I] fit un très grand effet. Edit.
LIT. II. CBAP. >I. l55
le point de manquer de poudre et de vivres , se rendit le 9 , après avoir tenu 63 jours de tranchée ouverte , et 48 ^ 49 depuis le commencement de Tattaque par les mines.
L'assiégeant fit certainement des fautes dans cette attaque , et entre autres celle de n^avoir point aftsez chargé ( i) son troisième globe de compression , qui , s'il Veut été de 5,4^^ livres de poudre , suivant la règle de Bélidor, eût fait^ dès le 24 septembre, TefTet que le quatrième ne fit que le 8 octobre, d'ouvrir le chemin couvert et la contrescarpe , et de combler le fossé , et eût conséquemment avancé de quinze jours la prise de la place. On prétend que de leur côté les assiégés ne fureht pas exempts de fautes , et entre autres de celle d'avoir trop chargé deux fourneaux » qui leur ayant crevé leurs propres galeries , les mirent hors d^état de s'opposer efficacement à la construction du dernier globe de compression , lequel les réduisit. Ce qui prouve qu'il faut s'attendre à des fautes dans ce genre de guerre , aussi bien que dans tout autre, et n'épargner par conséquent, ni attentions ni précautions pour les éviter, c'est-à-dire qu'il &ut faire en sorte de toujours connaître par plans et
profils , la 'distance exacte où se trouve de chaque ga*
(]) On a d'autant plus de peine à conccToir comment ce globe de compression, qui arait 18 pieds de ligne de moindre résistance , ne Alt charge que de 3,600 livres de poudre qu'on voit que le premier, qui p'en avait que 16 pieds, reçut une charge de 5 milliers (*).
(*) Lm raUtioM da n^ en donnent le motif. On entendait dee denz cdtée de la galerie le tniTail dn mineur eunemi; on jngea qnll était fort prit} on le hAta alon de hin nn zetonr, perpendiculaire i la galerie et eapable de rMeroir 3,6oo II? n>« de pondre, <{a'on j plaça sar-le>ch«mp, sans coffre ; l'expérionce ayant appris qo'il n'était pas nécessaire de mettre une caisse dans la chambre dn fonmean , pour faire produire k la poudre tont reffet qu'on peut en attendre. Bdit.
l54 ESSAI GÉRéAAL DE FOHTUriCATlOR.
lerie , le fourneau qu'on veut faire jouer, et calculer sa charge de manière à ce qu elle ue produise que Teffet précis qu*on lui demande , et que cette charge soit couséquemmenl éloignée de toute galerie qu*on ne veut pas enfoncer, d'une fois et demie sa ligoe de moindre résistanc%(i).
La défense des remparts , soit du corps de la place,, soit des dehors , par les conUre-mines , est , ainsi que leur attaque par les mines, bien plus simple et bien moins compliquée , que Tatlaque et la défense souterraine de leur glacis (a). L'assiégé de s« galerie d* escarpe pousse des rameaux sous le fossé,, dans les endroits où il attend qu'on fera brèche » et place au bout de ces rameaux des fourneaux peu enfoncés » au moy^n desquels , sans endommager ce qui reste du revêtement , tl fait sauter une première fois l'éboulfsde ces brèches, quand l'assiégeant monte à l'assaut. D'autres fourneaux plus enfoncés eX plus éloignés du pi,ed du revêtement , sont préparcs pour faire sauter une seconde fois l'éboulis que formera le canon de l'assiégeant, en battit de nouveau en brèche. De son côté , l'assiégeant, s'il sait qu'il a de pareils acci«dens i craindre , passera par-dessous le fossé*, et ea môme temps que son canon bat ^n brèche, il ira eu augmenter l'effet, en plaçant sous ou dans la fondation du revêtement, de droite et de gauche de celle brèche , des fourneaux qui, en déterniinant la chute d'une grande-
>» MPI llll II iiT»— *— — ^■**'
(1) Il y anrait «ne maniée plus exacte et plus sftre de rëgler et de calcula cette distance que par la ligne de rocÂndre rënisiance ; ce serait p«r le globe èe cofBpression qne doit donner le fourneau f:ropo<ë : il fll^est question que d'éloigner ce fourneau de toute galerie qu'on rcut ménager, à une distance un pou plus grande que le rayon de ce globe.
(2) PUnch. 46, fig. I.
uv. II. CBÂ.P. Vf. i5d
partie du rempart, crèveront la galerie d'escarpe deTassiégé , et rendront sans effet ses mines , à moins que ce* luî-'ci , écoutant sous le sol du fossé la marche souterraine de rassîégt*ant , ne la chicane , en lui livrant dans la trarersée de ce fossé quelques combats souterrains» Dans la difficulté d'approcher et de venir loger ses fourneaux di^ns la fondation du revêtement, l'assiégeant pourra , dans le fossé , user du globe de compression , pour enfoncer la galerie d'escarpe de Fassiégé , et tout à la fois €t par ce moyen faire brèche. Cet effet, qu entraînerait aussi le globe de compression employé par l'assiégé , lui «n interdit rigoureusement l'usage» et réserve cet avantage tout entier à l'assiégeant. Mais ce dernier» parvenu à &e loger sur les brèches , n'est rien moins que hors de tout danger, et peut encore en être précipité par des fourneaux établis dans la moyenne région des terres, et placés assct loin du revêtement, pour n'en pouvoir souf<» fler aucune partie dans le fossé. Ces fourneaux seront, dis-je , facilement établis , au moyen des galeries de gorge , dans les ouvrages extérieurs , et au corps de place, pai les galeries capitales , transversales » et de communication de l'intérieur des bastions à leurs galeries d'escarpe. On sent combien l'assiégé, bien assuré derrière de bons réduits et dos reiranchemens qui ne peuvent être emportés d'emblée , peut rendre effi ayant et meurtrier pour l'assiégeant t ce moyen des mines, employé dans li?s espaces étixnts des ouvrages en brèche , où celuici est forcé de se loger ; et Ton peut facilement appré-» cier les délais et les longs retards du même moyen des mines auquel ce dernier est forcé d'avoir recours pour échapper à une destruction d'autant plus infaillible , que la tentative en peut être plus facilement et plus
}56 BUAI G&KBBAL DB FOBTIFICàTION.
souvent réitérée , quand on ne t^j oppose pas par des moyens du même genre.
Il n'est peut-être pas facile de déterminer avec une sorte de précision , ce que les contre -mines employées à défendre l'accès des brèches , et k disputer le terrain de l'intérieur des ouvrages , tant extérieurs que du corps de place , pourront apporter de retards dans la prise de cette place. Il est clair que cela dépend du nombre et de la disposition de ceux de ces ouvrages extérieurs, dont la prise successive est nécessaire avant de parvenir au corps de place; des retranchemens dont celui-ci peut être pourvu ; de la nature du terrain des fossés de chacnm de ces ouvrages ^ qui peut y permettre ou y interdire Tussge des mines ; et en6n de mille circonstances que peuvent fournir les dispositions aussi variées qu^arbitraii*es , tant de Tattaque que de la défense* On a vu que nous avons estimé k deux mois le retard que la défense souterraine d'un glacis bien contre-miné apporterait â la prise de la place k laquelle il appartiendrait. On ne risque pas beaucoup d'évaluer à la moitié de cette durée, ce qu'ajouterait k la longueur de la résistance de la place » l'emploi des contre-mines k en défendre les fossés secs » et à bouleverser les logemens de l'assiégeant sur les brèches, et dans l'intérieur des ouvrages convenablement retranchés. En sorte , qu'il serait possible qu'une guerre souterraine complète et bien entendue , ou icn eancourê de contrerminei bien diêposéeêj éiendu à toutes les parties de la défense dune place qui en sont susceptibles , allon-geÀt de trois mois la durée de la résistance de cette place, quelle que pût être l'impatience de l'assiégeant et l'intensité des moyens qu^elle liti suggérerait pour abîmer cette durée.