LIV» II. CHAP. VI
n semblerait que je dusse être aH bout de la longue et pénible tâche que m'a donnée la matière épineuse de ce chapitre , puisque je suis parvenu à donner au lecteur, «vec une idée générale et passablement étendue de ce que peut ajouter à la force des places le moyen des contremines , la connaissance détaillée des principaux procédés par lesquels il opère. Cependant , comme il y a encore une manière abrégée de suppléer aux contre-mines « ou ^u moins de produire sans leur secours , mais seulement sur la surface du terrain, les mêmes effets qu'elles, je dois ayant de finir en dire un mot » afin que rien de ce qui tient k l'art des mines et à la défense des places par son moyen , ne soit étranger à quiconque m'aura lu et m'aura accordé quelque attention.
Cette manière consiste à enterrer sous la surface des terrains qu'on veut faire sauter des caisses ou barils de poudre goudronnés , et à conduire au fond d'une tranchée qui se recomble ensuite , l'auget ou les augets qui tloivent j>orter le feu à la fois ou successivement à ces poudres jusque dans l'intérieur des chemins couverts , des fossés ou même des ouvrages de la place , pour, de là , faire jouer au moment du besoin ces fourneaux tti»promptuê. Voici les conditions que doit réunir cette opération pour être d'un effet assuré.
1*" Pour peu d'humidité qu'il y ait à craindre au fond des puits où les caîsses ou barils de poudre sont placés , on y fait de petits puits perdus qu'on remplit de pierres sèches. 7!^ On place les augets à une profondeur de 6 pieds au moins pour que les bombes qui tomberaient dessus^ ne les dérangent pas ^ et Ton sépare ceux qui doivent cheminer dans la même tranchée par un pied de terre bien battue et refoulée , pour que Vaugej^qui doit le premier
1&8 LSSAI QktikfkKL DE POBTIFIGATION.
porter feu ne puîsse^u le communiquer en même temps k son voisin , ou Tébranler et le déranger, de manière à empêcher la communication du feu qu'il doit porter k son tour et plus Urd. 3° De bien battre et refouler la terre tirée des puits et des tranchées lorsqu'après tout Tappareil éubli on les en remplira, et de labpurer tout le terrain environnant, pour que rien de particulier n'indique rempiaoentent des fourneaux et le cbeminement des augets. 4^ Enfin de faille parvenir les saucissons eu un lieu où Tassiégé soit assuré de se maintenir conVre toute attaque de vive force de Tassiégeant , jusqu'au mo* ment favot able de faire jouer ses fougasses.
Il est facile de concevoir que cette manière de faire sauterie terrain et les travaux que T assiégeant peut asseoir dessus, pçttt s'employer à tous les usages et avec toutes les variétés que nous avons observées , en détaillant ce <|u'on poi^^rait attendre à cet égard des conirc-mines. Ainsi on peut i l'avance , soit à rentrée d'une campagne, lorsqu'on s'attend à un siège (i), soit seulement dans les premiers )Ours du siège, enterrer sous les glacis du front ou des fronts (a) dont on présume ou dont on voit comnencer l'attaque, dies caisses ou barils de poudre d'un poids calculé sur la proCbndeur à laquelle on Ws entorc
(I) lioriqu'oii Tait kdswr de» caistet tt àe» mtgeto enterres pendant toute une <anpapie, ou pendant uo temps considérable , il faut redoO' bler de précautions , pour en pr^errer les poudres d'humiditë. Par ezenrple , les barils de poudre de la charge peuvent être labsés dans leur donble chape , bien goudronnëe , et les saucissons peuvent être |4aués dans des tnyaus on eorpt de éoît , tels que oeoa que les fimteniers emploient , bien embott^ les itas dans 1^ antres.
(î) Plancb. 46, fijç. 5. * . ,
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