‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 131 sur 170 · LIV. !!• CHAP. VII · texte numérisé non relu

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et cela sans aucune difficulté , puisqu'il n'est revêtu qu'à r endroit de ses casemates ^ qu'on y couperait et palissades et fraises, sans être vu de Touvrage, auquel on donnerait ensuite l'assaut , par une attaque environnante qu'on pourrait étendre tout le long des talus de son escarpe ^ que le succès d'une semblable attaque ne pouvant être douteux, on se logerait immédiatement après dans l'intérieur de l'ouvrage , pour s'y couvrir contre le réduit de sûreté, et l'on communiquerait à ce -logement par une sape conduite de la tranchée au travers du fossé et de l'escarpe en terre de l'ouvrage. Je ne dis pas qu'on ne put en même temps , peut-être , détruire le réduit de sûreté , soit en roulant quelque baril de poudre contre la partie faible de sa muraille, soit en amenant k portée de tirer contre du canon qui, ne tiràt-il que deux ou trois coups, doit d'après la construction que lui a donnée son auteur, infailliblement la détruire. Je ne le dis pas , car cela ne serait pas nécessaire. Une batterie établie, soit dans le logement de l'intérieur de l'ouvrage, soit dans les tranchées que sa prise permettrait de pousser de droite et de gauche , rendrait en fort peu de temps raison de ce réduit, et le détruirait avant qu'il eût pu retarder le progrès naturel des attaques contre le corps de place»

Je me hâte , au reste , de répéter que l'auteur ayant de pressans motifs de célérité, et quelque sujet de croire que ses pièces détachées ne subiraient point l'épreuve de l'attaque brusquée que je viens de décrire » n'a peut-être pas eu tort, en ajoutant précipitamment de ces pièces à plusieurs places de France \ et qu'il pourrait dire» comme Solon, lorsqu'il donna des lois aux Athéniens : qu'il n'a pas prétendu donner à ces places la meilUurc fortifica"

1^6 ESSAI ciiriRAL DE FORTinCATlOX.

tian passible , mais la meilleure quelles pussent rue voir dans la circonstance où, elles se trouvaient.

Quoique souvent une pièce détachée suffise seule et isolée pour remplir complètement les dîflerens objets que nous lui avons assignés y il peut cependant arriver par la nature du terrain , q[u*elle ne le puisse qu*avec le secours d*nne pièce collatérale ; comme lorsque le terrain élevé qui s^oflre pour son emplacement , ayant trop de largeur pour qu'elle puisse découvrir en même temps de part et d*aulre du plateau , il faut bien lui donner une compagne qui remplisse à gaucbe le même objet qu'elle rettiplit k droite, qui la soutienne et la démasque > en quelque sorte , en éclairant cette partie du terrain , dont la pente se dérobe & elle , et qui conduirait Tassiégeant prés d'elle, sans en être aperçu. Enfin il peut se faire qn ua terrain essentiel à occuper ne puisse Têtre avantageusement , sans employer encore un plus grand nombre de ces pièces.

Mais alors , dira-t-on , si le terrain à occuper e^t si étendu qu il demande deux, trois ou quatre pièces détachées, qui empêche de substituer à ces pièces un ouvrage a corne ou à couronne , double-couronne même , on couronné , qui occupant tout de même ce terrain le circonscrirait plus exactement, assurerait bien mieux la possession de son intérieur, et la facilité de toutes les manœuvres et dispositions à y faire, et serait enfin d'une défense plus solide, exécutée en masse» que ne peut l'être la défense morcelée et décousue de vos pièces déuchées ?

Distinguons : si j'ai quelques-unes des raisons détail* lées au chapitre III qui traite des grands ouvrages extérrieurs , de me donner au dehors de ma place un grand

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