LIT. 111. CHAP. I. 91 J
pouvoir tirer coDstamment de tes premières batteries « par-dessus tous ses travaux ultérieurs , jusqu'au couron* Dementda chemin couvert exclusivement, et souvent par edui de pouvoir, à la laveur du rideau ou de la pente op« poëée de la hauteur , ouvrir la tranchée de plus près que de la dbtance ordinaire , et en ai^oir les dépôts ti^ sûrs et très commodément placés à eouvert de ee rideau. Or de ces deux avantages | le dernier est sans contredît le plus grand , n'est point dû au lieu dominant, mais au vallon qu'il a derrière lui ^ et cela est si vrai., quun vallon sem-^ blable, & portée d'une place située sur une hauteur plus élevée que tous .ses environs , donne tout de même cet avantage à l'assiégeant. D'où l'on voit que ces hauteurs dans le voisinage des places dont on. fait tant de bruit , leur sont parement plus funestes.que les vallons dont si peu de gens, s'occupent*
Mais , dira-t-on , l'avantage d'unesituatfon élevée n'est--, il donc rien relativement à la portée de nosi armes , qui sont toutes armes de jet P Chez les anciens , on le comptait pour beaucoup dans l'eflet de celles de leurs amies qui étaient de cette nature. Ce qtii fut vrai pour eux pourrait-il ne Têtre plus pour nous ?
Il est très vrai que les armes anciennes dé jet , dont les. portées étaient infiniment moindres que celles de nos armes a feu , prenaient un très grand avantage de la supériorité du terrain d'où elles agissaient sur celui duquel on lirait sur elles. Elles atteignaient sans être atteintes ou portaient des coups violens , tandis qu'elles n'en recevaient que de faibles* Mais il n'en est pas de même de nos armes à feu, qui ont une portée triple ou quadruple de celle qui peut s'allier avec la justesse de leur tir. A la distance où , dans un siège, on peut commencer s sVn
«l4 ESSAI Ot.:tLhM, DB F0KTIFICATI05.
servir avec quelque espérance d'attândre le but, ei par cod' séquent avec quelque fruit, elles ont enoore une sui-abon^ dance de force et de portée telle , que ladiflerence des ni-* veaux d où paitentlcs coups que se tirent l'assiégé et Tassiégeant , n*en 6te pas assez aux uns et n*en ajoute pas assez aux autres , pour que les premiers cessent d*ètre dangereux et que les derniers le deviennent sensiblement davantage. Si a la guerre, et à la guerre de sièges sur-*tout, on employait ces armes h toute leur portée, le canon à i5 ou 1800 toises , et le fusil à 4 ou 5oo ; }l ar^ riverait & la vérité encore ce qui arrivait chez les anciens ; et les coups tirés de haut en bas atteindraient à une distance à laquelle ne pourraient parvenir les coups tirés de bas en haut. Mais tirer dans un siège, h cette distance, serait k la lettre tirer à coups perdus; et je ne connais que le bombardement et Topération de tirer à boulets rouges, qui s'adrcssaiit à toute une ville sans distinction d'objets paiticulicrs , puissent être faits de toute la portée des armes par lesquelles on les cxécnre , lesquelles tirant d'un lieu élevé et dominant sur des objets d'une grande étendue, peuvent rccllcmeiit nuire sans que des armes pareilles, agissant dans la place domînce, puissent atteirdre jusqu'à elles ou parvenir à les frapper dans les points à peu près impercrplibles à celte distance, par lesquels elles se découvrent à peine aux coups, même à la vue de la place. Mais cette opération , qui ne peut avoir d'objet militaire qu'à l'égard d'une place maritime , où il y a des chantiers , des magasins et des vaisseaux à incendier, ou tout au plus qu'à Tégard d'une place contenant de grands dépôts de fourrages et de vi-» vrcs , n'est d'aucune conséquence pour la prise de la place , dont elle laisse intactes les fortifications et les dé-
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fenscs; et ne fait, ou ne doit faire d'eflet que sur ses bourgeois et non sur ses défenseurs. Elle ne comporte d^ailieurs» quand on veut s*y borner, jamais que très peu do danger. Ainsi Tavantage des plus longues portées que peut procurer sur une place la supériorité du terrain qui rcnvironnc , ne consbte qu*à pouvoir faire sans au* cun danger une opération rarement importante^ jamais décisive, et qui toujours peut se faire avec aussi peu de difficultés que de périls.
Âpi^ès avoir dissipé les craintes que cause à une fortification le voisinage des hauteurs, et démontré l'efficacité du moyen par lequel elle échappe à leur influence, il nous reste à entrer dans quelques détails sur la manière de mettre ce moyen en usage.
La meilleure , sans contredit, est d'aller sur le terrain qu on veut fortifier, muni d*un instrument à genouillère, tel qu une planchette ou un graphomètre ; de se place ver& le centre de Tenceinte qu'on se propose de formcet là d'incliner la planche ou le limbe de son instrument de manière que son plan supérieur rase les points les plus élevés du terrain environnant. Si Ton n'a point d'instrument, trois règles ou lattes dressées, ou seules ment une ficelle formant un triangle sur trois jalons, fe* ront le même effet et marqueront suffisamment le plan qu'il s'agit de déterminer. On jalonnera ensuite le tracé delà fortification qu'on veut faire, do manière qne la tête des jalons soit exactement dans le plan rasant les hauteurs environnantes qui vient d'être fixé ; et c'est ici le lieu de changer ce tracé, si l'on voit que le relief qu'on devra lui donner, s'éloignant trop du niveau du terrain sur lequel la fortification sera assise* doive occasioner un excès de travail et de dépense inutile à la perfection da
f l6 ESSAI GÉKÉKAL SE FOBTIFICATIOIT.
ttette fortification. Cela fait , et U plan de site de la for* tîficatîon se trouvant ainsi déterminé, il est clair qu'<»n en élevant le relief sur ce plan de siie comme on Félèversrit sur un site horizontal , si le terrain environnant était horizontal lui-même ; jl est clair, dia-je, que les crêtes de parapets de cette fortification passeront au^tessus des haa» teurs envii*onnantes de la même quantité dont les crêtes de parapets d'une fortification horizontale passeraient audessus de la plaine horizontale qni Tenvironnerait ; et que les terre-pleins des ouvrages de la première ser^t couverts contre les hauteurs par la même élévation de pa* rapets qui courriront contre la plaine les terre^pleins de la seconde. Les cliemins couverts , les revêtemens d*es* carpe et de contrescarpe, auront leurs reliefs déterminée de même et par le même ]xt>cédé, et seront soumis au plan rampant de la crête du parapet du rempart de la même quantité dont ils le seraient au plan horizontal de cette même crête dans la fortification horizontale , en sorte que tout, ou le répète, dans l'ensemble et les dé^ tatls de la fortificauon défilée, se passe à Tégard des haa« leurs dont on la défile, comme il se passe dans la fortifia cation horizontale, à Tégard du terrain horizontal qnî Teavironne , supposé à même niveau que son site*
L'autre méthode y beaucoup plus longue , plus difficile , moins sûre , mais quelquefois nécessaire à employer, lorsque celui qui doit faire le projet de la fortification à construire ne peut se transporter sur le ternm qu'on ve\;it fortifier ; l'autre méthode consiste è représen* ter sur le papier le relief, tant du terrain à fortifier que de celui qui l'environne, jusqu'à 900 ou looo toises de distance, et a opérer sur ce papier d'une manière analogue à celle dont nous venons de dire qu'on opérait sur