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de plus grands encore que d'une disposition semblable , prise sur un plateau unique , de forme irrégulière ; et si le terrain environnant est également haché de vallons et de hauteurs , on pourra, vraisemblablement y trouver des moyens de dérober quelques-unes des faces de cette fortification au ricochet , en en faisant tomber les prolongemens dans, les vallons , qu on ppurra presque toujours parfaitement éclairer, en opposant à l'amphithéâtre de chacune de leurs pentes , des fortifications, déployées au sommet des pentes opposées des hauteurs correspondantes. On doit , au reste, sentir qu'il y a dans ces terrains hachés un choix difiicile à faire ^ etun^ grande dextérité « saisir tous les avantages de celui .qu'on a fait , pour n'y pas rencontrer cent fois plus d'inconvéniens qu0.d'avAn-i tages. Et c'est ce qui fait , aussi bien que ce qu'on a 1ia au chapitre I"dece troisième livre ^ qu!on ne peut trop se ienir en garde contre les jugemens qu'à la première vue d'une place et de ses environs, on peut être. tenté, de porter sur la force ou la faiblesse de cette place. On n'en portera jamai» de sains et d'assurés « qu'en se disant : « Si je voulais assiéger cette place , quel avantage tire- <c rais-je de tel terrain qui me parait favorable a l'atta^ (( que, ou quels obstacles me ferait éprouver tel autre « qui me parait avantageux à la défense ? » On sera sonvent étonné d'obtenir à ces questions , après, un mur examen , des réponses toutes diflerentes.de celles qu'un premier coup.d'œil avait fait présumer; et voilà, pour le dire en passant» pourquoi il est presque impossible à quiconque ignore, l'attaque et défense des places d'en bien j uger la . fortification •
Mais les terrains montueux , indépendamment des avantages qu'on peut tirer de leur site ou de la forint qui
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les modifie, en offreot d'autres d'un genre moins précaire et moins dépendant de TbabileUi de Vingénienr cliargé de les fortifier. Ce sont ceux qui résultent de la nature pierreuse ou plus ou moins rocailleuse de leur soi. Car sonvent ces terrains montueox n'ont «ju'uoe couche assez mince de terre mêlée enccNre d'une grande quantité de pierres et dé cailloux ^ et sous cette couche se ut)uvent assez fréquemment des carrières et des bancs de roc plus ou moins vif. Or des tranchées creusées dans un pareil terrain sont extrêmement meurtrières, parce que le canon qui écrète leur parapet, réunit à l'^et de son boulet celui d'un coup tiré à mitraille , en imprimant à toutes les pierres qu'il touche un mouvement violent <]ui ks lance et les disperse dans l'intérieur do cea tranchées. Mais c'est bien pis quand ce sol est tout entier de rocaillesy et surtout de roc vif, ou quand on en a pelé la ferre pour l'employer aux remblais des parapets, et quand on a taillé dans le roc des glacis très prolongés. Car on n'y pourra creuser, et an lieu de tranchées , il faudra former ses approches par des parapets plus élevés du double que cetix de tranchées , construits en entier de matières rappoktées, soit tonneaux et gabions pleins de terre , soit fescînes , sacs de laine , sacs à terre , etc. ; et Ton conçoit l'immensité du travail, la lenteur d*une semblable main^'œuvre , et la perte énorme qu'elle entraîne , tant par la longueur du temps ou elle tient les travailleurs exposés , que par la £iiblesse de parapets faits à l'épargne , et qui , offrant par leur hauteur une prise double aux coups de l'assiégeant, sont bien plus sujets à être percés par le boulet que des parapets de tranchées ordinaires creusées dans la terre , lesquels n'ayant guère que trois ou quatre pieds de hauteur sur une très large
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base, ne sont f|;iièrc exposés à cet accident que sur le dernier tiers de leur faaoteur.
Un stége oà il faut faire de cette manière tom au partie du travail des attaques , sort des règles ordinaires et demande à être calculé quant au temps, au nombre de travailleurs , à l'espèce ec è la quantité des outils et des matériaux nécessaires à fat confection de ce travail , d^une manière relative à la pénurie plus ou moins grande de terre, et i Tétendoe pins ou nioins grande des travaux indispensables au succès de Tattaqne. Il faut savoir d*oà Ton tirera les terres et tous autres matériaux, et combi-^ ner les moyens par lesqoels on les transportera sur plaoe, ' el ceux par lesquels on les y mettra en oeuvre»
Mais cea difficultés , toutes redoutables qu'elles anicnt, ne sont encore rien en comparaison de celles qu'on pourra apposer à l'assiégeant en oontre-minant à loisir» et a force de poudre , un terrain. que oeluiHâ ne pevt miaer>.ni par le même procédé, , ni aasea promptemena pour aller au-devant du dommage que ces contre^mines peuvent causer a ses»a;ttaques* On n'a donc d'autres soins à prendre àcetiégard que de disposer ces contre*mînes de manière à leur faire bouleverser les travaux les plus essentiels de l'assiégeant ; que de bien assurer leurs en* irées à la gorge des ouvrages , et que de les tenir soîgnen* sèment préparées à pouvoir, après le jeu de cbacun de leurs fourneaux, être masquées par le jeu de quelque fourneau subséquent ou de quelque camouflet également préparé de longue main. Car le seul danger que puissent courir de semblables contre^mines , c'est d'être emportées par leurs entrées à la gorge des ouvrages , ou bien de voir le mineur assiégeant se jeter dans l'entonnoir formé par le jeu de quelqu'tm de leurs propres fourneaux , en dé-
*i4<^ £6bAi GJUi>iBAl« UL iOBTIFIC ACTION.
bourrer le rameau , plus facile à retrouver et à suivre dans un tel terrain que dans tout autre , et s^intit)duire aîusi dans rintérieur de leurs galeries.
Un autre avantage non moins grand qu^on peut se pn)curer dans un terrain montueux dont la base est de roc vif, c'est d avoir ses fossés taillés dans le roc. L assiégeant ne peut alors y descendre jusqu'au fond , et se voit forcé de faire un comblement considérable par sa hauteur et siu*tout par sa base pour pouvoir y asseoir un épaulement d'épaisseur suflisanle. L'escarpe assise également sur le roc escarpé sur plus de hauteur encore que la contrescarpe, attendu qu'elle approche ordinairement davantage du sommet de la montagne y est un obstacle de plus grande conséquence encore. Car ne pouvant être battue en brèche qu' au-dessus du i^c , si celui-ci a trop de hauteiu* pour que- les éboulis de la brèche ouverte audessus forment une rampe accessible, il n'y a de moyen d'y donner l'assaut, ou que par escalade, en surmontant d'échelles la rampe insuflisante de la brèche, ou qu'en ibrmant par des remblais une ramp» qui aueigne le sommet du roc. Or le premier est d'un péril aussi manifeste et d'un succès aussi douteux, que le second est d'une exécution lente et meurtrière* Ce n'est donc pas sans raison que j'ai exalté les avantages que , sans beaucoup de peines, on peut tirer de la nature d'un terrain mon<r lueux qui a pour base du roc viil
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