‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 17 sur 170 · CHAPITRE PKEMJEB · texte numérisé non relu

CHAPITRE PKEMJEB

Deseripiian raisannée de tauttê Us parties de la foriir

' fication moderne*

Tout ) dans la fortification moderne , ae réduit à TétiH hlissement et au maintien d'un parapet. Ce mot, d'élymologie italienne^ ne signifie autre chose que eouvre^pifi'' trine. U doit être à l'épreuve des coups les plus violeus des armes en tisage, ce qui, dans ceux en terre, demande une épaisseur de 1 8 pieds, et dans ceux en maçonnerie, celle de 8 à 9 pieds, pour résister aux coups des plus gros canons. La hauteur du parapet doit être aussi

(IJ G«t|e p«tie forme le premier livre du Suppiémetu»

88 XtSAl OÈniRAh 9E FORTIFICATION.

grande qu^il est possible , en oonservaot aux défenseurs Fusage le plus libre et le plus commode de leurs armes. Celte hauteur doit être de 4 pieds 4 pouces , à 4 pieds

6 pouces au-dessus du terrain sur lequel est placé le fil*silier au moment où il fait feu. Je dis au tnamenê aà U fmU fbu, car 5 passé ce moment, il doit en descendre pour ne pas demeurer exposé aux coups de Tennemi pendant qu^il recharge son arme» 11 faut donc que ce terrain qu'on nomme banquêUé ^ soit assez étroit pour pouvoir Hrt descendu du premier pas fait en arrière ^ et cependant assez large pour qu'un homme , et même deux., Fun derrière Fautre » y soient commodément placés dans Fattitude d'enjouê» Il iaut encore que le talus de cette banquette soit assez doux pour* pouvoir être commodément descendu à reculons. Toutes ces conditions se trouvent remplies (i), en donnant i pied 6 pouces seulement de talus intérieur au parapet , 4 picds 6 pouces de largeur au terre-plein de la banquette , 2 pouces de pente à ce terre-plein , de Favant à Farrière , et à son talus le double de sa hauteur . Au bas de cette banquette est le terr&^Uin du rempart , sur lequel prennent poste , agissent et circulent les hommes , léë machines et les muiiitioBs de guerre , employés k la défenàe. Il Aiut qu'ila y aoient, non seuleaaeftt 4 Fabri des coups , mais quemème leurs dispotiliQna, naouvemeni et mancsttvres soient dérobés aux regarda de Fassiégeant \ et , comme celui^i , à cheval dana ses r«v connaissances , est élevé de 7 pieds et demi au-dessus du terrain, on tient le terre-plein du rempart soumis , de

7 pieds et demi à 6 pieds , au sommet ou eréu du para-

Ci) Planch. 2,^.1.

LIT. I. CBAP. I. 89

pet. Quant â la larguur de ce teire-pleia , die doit ème telle qoe le canon en batlerie y ait la place suffiaante pour son recul et aa manceuvre , et en laisse encore derrière lui assez pour Je passage de deux cliariots de nunlliona qui peuvent y avoir a s'y croiser. Or , un affll de »4 ayant i4 pieds de long(i), et le recul d'une piècedeee calibre ëunt de 1 2 pieds , il faut , aux a6 pieds néoes*saires , comme on voit , au jeu de ce canon , en ajouter 18 pour lu voie de deux chariots ou canons qui penvcut avoir à s'y croiser. Tout cela porte donc la largeur du terre-plein , y compriB edle de U banquette , à 7 toises a pieds , comptés de la pncdon de cette banquette au parapet 9 au sommet du talus intérieur du rev^part (a)« Pour faciliter Técoulement des eaux de ce tèrre*plein| et pour dérober d'autant mieux tout ce qui doit y trouver place aux coups plougeans qui franchiraient Je parapet » on lui donne 6 poooes de pente de Favant à Tarriére, lequel ainsi se trouve soumis de 8 pieds i la crèle du parapet.

Quoiqu'un parapet de maçonnerie de 8 ou 9 pieds 4'épasssettr ne puisse être percé par le canon , et qu'il ait , sur le parapet en terre , l'avantage de demander moitié moins d'espace^ on ne lui dpnne, dans aucun cas ,

(1) Les afiuts actuels àe 24 soot moins longs. Le recul est de 1^ pieâs «ar une plate-ibrœe homonUle.

(2) Il est clair que cette largeur de 7 toîset 2 pieds a'esSrs^uîie go'aa rooipftrt du corps de p)i|ce o« des grands oaTrwfes «ztérienrs« tds ^'ooTragei à eome et k couronne , où Ton ait du canon et des charioU» da nuanitîoas à £ûre ciffculcr. Une largeur de & toises est suffisante dans tous les dehors y telft<quBContre-^rde89 deni-4uaeS| lunettes » où il u*jr a ni besoin , ni même possibilité de conduire des chariots de mumtions.

QO B8SAI GÂNÀRAL DK FORTIFICATION.

oependaDt , la préférence sur ce dernier ; on n'en emploie même jamais que là où il est impossible d^étai maintenir un en terre , comme k des batteries à la mer que les ya> gués battent et délavent sans cesse (i) ^ ou bien que U , où le canon ne peut atteindre , comme sur de hautes montagnes escarpées, ou à pentes trop rapides et en même t«nps trop longues , pour que du canon pjaisse être établi à portée; et, dans ce dernier cas , le parapet de maçonnerie qui ne peut avoir affaire qu'à de la mousqueterie, se réduit à 2 pieds d'épaisseur , et devient un mur crénelé de 6 pieds et demi seulement de hauteur. Par là , l'attaqué se donne sur Tattaquant tout l'avantage possible, en ne se découvrant à lui que par des ouvertures de 3 pouces de large et de 1 5 à 18 pouces de hauteur.

Mais il est juste , avant d'aller plus loin , de donner les motifs de la proscription pronqnçée depuis long-temps contre les parapets de maçonnerie. Chaque boulet qui les écrète , ou frappe dans les joues de leurs embrasures , ou porte d'enfilade sur leur plongée (t ), ou de revers contre leur talus intérieur, couvre d'éclats meurtriers leurs défenseurs. Chaque bombe qui tombe dessus s'y enfonce

(1) Je rends compte de Fnsage aniTcrseUement smyi dans ce cas ; mais je n'en pense pas moins qu'on derrait tout tenter pour se passer, U enco^ , 4^ parapets de maçonnerie. Il serait peut-être , en beaucoup d'occasions, praticable d'y substituer des merlons revêtus tout à Tcntour de saucisioM , et remplis de terre bien battue, dont le dessus, sinon le tout ,- serait de gbdse bien corroyée.

(2) La plongée d*an parapet en est bi partie sopërieore incKnëe & l'horizon légèrement, et cependant assez pour que le tir des armes à feu posées dessus, atteigne lesassaiUans rapprochés autant qu'il est pos> sible qu'ils le soient, c'est-é-dire placés sur le bord opposé de la eontrc5cari>c.

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