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toujours plus ou moins , et fait , en éelatant , Tefièt d'une fougasse de eailloux ; en sorte que Tassiégé y est oonatamment réduit à craindre , plus que les coups de rennemi , ee qui fut destiné à Ten garantir.
Ce n'est pas tout d'avoir un parapet de terre franche, ou bien épierrée , d^une épaisseur que le canon ne puisse percer, il faut encore faire en sorte que rennemi ne puisse le franchir. Pour cela , il &ut qu'il soit , on entouré d'un fossé rempli d'eau à 5 pieds au moins de pro£mdeur , ou armé, à son talus extérieur, d'une palissade inclinée qu'on nomme fraise, placée assez bas pour n'être pas découyerte du canon ennemi , et soâgneusement réparée chaque /ois que TefTet du ricochet la dégrade , ou enfin soutenu par un revêtement, ou escarpe de maçonnerie, d'une hauteur telle, que les échelles dont il faudrait se servir pour l'escalader soient si longues et si lourdes, qu'on ne puisse les manier qu'avee d'extrêmes difficultés ; ce qui arrive quand cette escarpe a 5o pieds de hauteur^ et passe même pour impossible quand elle en a 35.
C'était le désir , sans doute , d'éloigner par de hauts revêt^nens la possibilité des escalades , qui anciennement, et du temps même de Yauban , engageait à revêtir en maçonnerie les parapets , jusqu'à la rencontre de Xeorplon^ géô. Mais, outre l'inconvénient de quelques débris portés jusque dans les terre-pleins, par des boulets écrètans de bas en haut , on en a reconnu un plus grave dans la diminution d'épaisseur causée au parapet par l'ébrèchement que l'ennemi peut faire de très loin au revêtement qui le soutient. Cette diminution, quelque bonnes que soient les terres du parapet, ne peut, par leur simple éboule ment, être moindre que la hauteur de la maçonnerie ébréchée ; en sorte que , si cette hauteur est' de 6 ^ 7
g« B8SA1 GitikhAL DB FOETIFIGATIOH.
pieds(i), le parapet diminué de cette épaisseur n'en a f^us que 1 1 ou la , et se trouve bi^itôt percé, rasé et efiacé par le canon qui continue à y tirer. Aussi , non seulement on ne revêt plus les parapets, mais même, pour éviter toute espèce d'ébrèchement à Tescarpe» ce qui entraînerait toujours plus ou moins d'^boulement au parapet y on fait en sorte que Fassiégeant n'en puisse absolument rien découvrir de la campagne.
Cela serait partout difficile , souvent même impossible à obtenir dans un pays montueux , on seulement inégal^ si Ton n'usait de la ressource d'élever suffisamment, vis* â-vis du revêtement , la eontreêcarpe. C'est le bord opposé du fossé qu'il faut nécessairement creuser pour se procurer la masse nécessaire à la formation des parapets et remparts. On est dans l'usage de la tenir soumise de It pieds À la crête du parapet , et d'arrêter au même niveau l'élévation du revêtement de l'escarpe. Par ce moyen , l'assiégeant , ne pouvant de la campagne découvrir que des terres que son canon ne peut ni percer, i cause de leur épaisseur, ni faire ébouler, puisque la pente de leur talus est celle qui leur est naturelle , est forcé de cbercber les moyens d'amener du canon sur le sommet de la conr tresearpe , d'où il puisse, enGûsantbrècbe an revêtement, £iire ébouler le parapet et le rempart \ en sorte qu'en même temps que les défenseivs n'y pourront plus tenir ainsi à découvert , il ait la fiicilité d'y monter par la rampe que formera cet éboulement.
n ne parait pas que , dans la fortification ancienne , la contrescarpe soit jamais sortie de sa simplicité primitive ,
(1) Plaach. 3,fig. 1.
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xpd la boraak il n'être autre chose que le b<^ escarpé du fossé ^ mais j transmise à la fortification moderne , die ne put loDg'Iemps conderyer cette simplicité. On sentit que Tassi^é , séparé de la campagne par un fossé , qu'il ne pouvait passa: que sur les ponts qui répondaient aux portes de la ville , avait toute sorte de désavantages pour 8 opposer y par des sorties , aux progrès de Fassiégeant. N^ayant qu*un petit nombre de points déterminés , souvent éloignés de l'attaque , par lesqueb il pùl déboucher, ces débouchés tott)Otu's prévus étaient foudroyés par des feux préparés. On se formait difficilement en en sorunt. C'était bien pis , quand il y fiadlait rentrer. K Ton était suivi de prés , le défilé du pont n^ admettant qu'un petit nombre dliommes , ce qui excédât était précipité dans le fossé , ou taillé en pièces sur le sommet de la contrescarpe.
On songea donc à Ibrmer, tout autotir <feoette contreicarpe^ un corridor^ comme on l'appela d'abord • on dk^ min cûuo&H (i)t au moyen duquel on pût en s&reté circuler sur toute k contrescarpe I en déboucher, ety ren-irer partout. Biemôt on reconnut qu'il pouvait founmr un feu ]^us rasant et plus rapproché des attaques que celui du rempart , et, en conséquence, on lui donna une banquette derrière smi parapet qu'on se garda bien de séparer de la campagne par un fossé , et dont , au contraire , on prolongea la plongée jusqu'à sa rencontre avec cette campagne. Dans cet état, ce parapet reçut le nom de glaeiê.
Pour défendre pied à pîed le chemin couvert (a), et
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(1) VïmA. a, fig. 1.
(2) Fig. 2,3et 4.
n être pas obligé d'en abandonner de longues branches , aussitôt que Fassiégeant serait parvenu à en occuper U crête à quelque saillant , on y plaça des traverses de dis*tance en distance. Enfin , pour pouvoir j rassembler en sûreté des corps nombreux et capables de faire des sorties de quelque effet , on forma dans ses rentrans , des places d'armes spacieuses (i). Pour n'y être vu nulle part du dehors , on eut soin d'en tenir le sommet du parapet, ou crête du glacis , plus élevé de 8 pieds que le niv,eau de la campagne , et le leire^plein à ce dernier niveau. On voit par là que la crête du parapet du rempart , ayant 8 pieds de supériorité , ou de commandement sur le sommet de la contrescarpe , devenu la crête du glacis , dut nécessaire* ment avoir 1 6 pieds d'élévation au-dessus du ni veau de la campagne.
Cette hauteur du rempart n'est nullement arbitraire , et c'est la moindre qu'on puisse lui donner. On vient de voir pourquoi la crête du glacis est établie à 8 pieds audessus du niveau de la cadipagne. Maintenait (s), si l'on suppose que la genouillère du canon placé en batterie sur le rempart, se trouve éiablie A 3 pieds et demi seulement au-dessous de la crête du parapet^ ce canoti ne se trouvera élevé au-dessus de la crête du glacis que de 4 pieds
(1) Quoique celles-ci soient les seules qui , par leur objet et leurs moyens de le refiopUr, mentent, i proprement parler, le nom de places d'armes, Tosage Taccorde également auiL espaces renferma entre les saîllans du chemin courert et les arrondîssemens de la contrescarpe en arrière , sans autre motif , ce me seikible , que retendue quelquefois asscx grande de ces espaces. On nomme ces. dernières , places d'armei satt" ianUM, et les premières, places d'armes rentrantes du <âiciitiB courert.
(2) rlanch. 2,fig. 1.
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et demi ; et sî <m le dirige de manière à râser aeue crèle ^ comme il en est âoigiié de a4 ^îses an moiiis , la penle, ou ^langée de son tir,> ne sera qae de 2 pouces 3 lignes par toise , et n'ira , par conséquent, rencontrer le terrain naturel , plus bès de & pieds que la crèle du glacis ^ qa*à 4^ toises 4 pieds de distance de cette crête ; ce qui exigera que le glacis soit prolongé jusquà cette distance, et qn^il n ait conséqnemment aussi que 1 pouces 3 lignes de pente par .tobe , si Ton Tcut qu'il soit soumis, comme il doit Vètre , au feu du canon du rempart.
De toutes les escarpes (1)) la meilleure est celle de maçonnerie , surtout quand elle a 3o à 35 pieds de hauteur. Celle en terre, avec un fossé plein d'eau, a le défaut d'exposer la place aux surprises dans les temps de fortes gelées , et celui de n'obliger l'assi^eant a l'établissement d'aucune batterie de brèche ^ le seul passage du fessé lui snfBsaiit , puisque le talus naturel des terres du ivmpart est assez doux pour j permettre partout l'assaut^ sans nul préliminaire. .
' L^esoalrpe en terre siur un. fossé sèc (2) est, quelquf bien fraisée qu'^e soit , la jiLna n^u^aise de loalos* U est facile de l'escalader jusqu'au-dessus de saxfraîae , on de couper cette-»ci à coups de hache, et.par c€aisé«pMnt de se rendre maître de la place , soit de yi^e foivce , soit par surprise. Que si :Yon fait les honneurs d'une attaque^ré* guliére à une place ainsi revêtue, la fraise qui en fait toute la sûreté , étant à chaque instant endommagée par le ricochet , y &it craindre d'être etnporté 4' emblée k
<l) Plàn€ii.3,'fig. U (2) Phneh. a , fig. I et.2.
96 ESSAI ckutUKL DB FORTIFlCATIOlT.
chaque période du lî^e. Mais , si Toii a échappé à ce danger, ou , qu'à force de vigilance et de travaux péril* leux , on soit parvenu à maintenir constamment en bon eut cette défense précaire , la première batterie que TaS"siégeant aura établie aur le chemin couvert , va la dé-* ttuire complètement en quelques minutes , et livrer ainsi subitement la place à toutes les horreurs d'un assaut, d'auunt plus difficile à soutenir, qu'il pourra être donné sur tout le développement du front d'attaque & la fois.
Quant à la contrescarpe, quoiqu'il ne semble passes* aentiel de l'avoir, à la fois ^ haute en maçonnerie , on ne pedt s'empêcher de reconnaître que sans ces qualités , elle ne remplit que très*impariaitement son objet; car, 1* une contrescarpe en terre épargne à l'assiégeant le tmvail long et périlleux de la descente du fossé \ a^ elle interdit à l'assiégé la facidié de défendre successivement, et pied à pied , ses chemins couverts ; puisque j dès l'ins* tant que l'assiégeant est parvenu à en emporter la moindre partie , il peut facilement , en descendant le talna de la eontrescarpe, se porter, par le fond du fossé , derrière les pavties du chemin couvert qui tiennent encore , et , en y «entonl^nt de nouveau par le talus de la même contraa- «arpe^ passer au fil de l'épée 1^ défenseurs qui 7 sont pestes.. Par cela seul , on peut facilement juger ^'uae oentrescârpe en maçonnerie , asseï basse pour être deseeiidue sans risque , en se pendaat , par les mains , à sa tablette , if est-è-dire qtû a moins dp ni à .13 pieds de hauteur, a à peu près les mêmes inconvéniens que celle en terre. L'assiégeant , après l'avoir descendue , ne pourrait , à la vérité , la remonter aussi facilement pour aller égorger les défenseurs du reste du diemin couvert ; mais