ESSAI CÂKÉRAL DE FORTIFICATION
ner à un flanc, est la perpendiculaire à la face qu'il esc destiné à défendre. Toutes ces conditions se trouvent remplies , en donnant smcâié extérieur du front de fortification (i), ou ligne qui joint les pointes des deux bastions de ce front, 1 80 toises, en Seyant sur son milieu une perpendiculaire de aS à 3o toises, et en fixant la longueur des faces , dirigées vers Textrémité de cette perpendiculaire , entre 5o et 55 toises. De Textréniité de ces faces on abaisse les flancs , chacun perpendiculaire^ ment sur le prolongement de la &ce opposée , et la ligne qui unit \eai^ points de rencontre avec ces prolonge^ mens , est lacaurlene.
Comme ce u^est que de la crête du parapet, o\i4igfiù de feu, que peut partir la défense qu'une partie de la fortification prête à une autre • les derniers constructeurs de places (d), d'après Cormontaingne , terminent la crête du parapet du flanc à sa rencontre , avec le prolongement de la face opposée , ou ligne de défenêe ; puis , tirant entre les extrémités ainsi fixées des crêtes des deux flancs , la crête du parapet de la courtine , et portant en avant l'épaisseur de ce parapet , et la largeur, ou base nécessaire à son talus extérieur, ils tracent parallèlement la ligne du sommet de l'escarpe , ou ligne magiêtrale de la cour^ tine.
On nomme angle flanqué la pointe de chaque bastion , flanquée en effet , c'est-i-dire , défendue par le feu des flancs des deux bastions collatéraux, angle ié^ paule , ou épaule du bastion , la rencontre de la face et
^1) Planch. 2,rig. 3 et 4i^ (2) Planch. 23.
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du Eanc , et angU de flanc celui formé par la rencontre du flanc et de la courtine.
Quand les ba i ons sont à orilUms (i) , il se trouve au revers , ou brisure de chaque orillon , une poterne , à niveau du fond du fossé, ou à niveau d^eau, si le fossé est plein d^eau. On y descend par un escalier dont Ten- Irée est en haut de cette brisure , sur le terre-plein du bastion. Quand les flancs sont sans orillons (a) , il n'y a qu^une poterne pour tout le front. On la place dans le milieu de la courtine. On y descend en rampe de Tintérieur de la place par-dessous le rempart , dont on traverse la masse par un passage voûté , auquel on donne 8 pieds au moins de largeur {*) , pour qu on puisse s^en servir à mener du canon dans les fossés, à la gorge des ouvrages extérieurs et au bas de la contrescarpe , d'où , avec des machines , on puisse l'élever dans l'intérieur de ces ouvrages et du chemin couvert.
On construit dans le fossé , en avant de la courtine , un petit ouvrage qui n'en est séparé dans son milieu que par un espace de 5 toises-. Cet espace s'élargit aux deux extrémités. 11 est nécessaire pour préserver les défenseurs de l'ouvrage des éclats de l'escarpe de la courtine. Un autre espace de 4 toises le sépare également de chacun des deux flancs. Cet ouvrage , qu'on nomme tenaille , est composé de deux faces qui sont dans le prolongement exact de celles des bastions , et d'une petite
(1) Planch. 2^fig. 4.
(2) Planch. 2 , fig. 3.
(*) La poterne sous la courtine a eik eiTet 8 pieds au moins de lar > geur, mais ses portes n'ont que 5 à 6 pieds au plus Je baie , et ron ne peut y faire passer du canon monte sur affût* Ed;
iOft BSSAI oAnÉHAL 0t POBTIPICATION.
courtine parallèle à celle du corps de place. Pour n'enconibrer que le moins possible le fossé, et y conserver plus d'espace derrière la tenaille , on no donne à celleci que 7 toises d'épaisseur entre les deu)c cordons d'escarpe et de gorge, ou ligne qui la termine par derrière \ ce qui est cause qu'on ne donne que 1 5 pieds d'épaissetu* à son parapet, épaisseur strictement suffisante pour résister au plus gros canon. La tenaille couvre le débouché de la poterne dans le fossé , et fournit derrière ses faces un espace néces'^aire au rassemblement des sorties qu'on £dt dans le fossé, pour en troubler le passage. Mais sa principale utilité est d'empêcher que les flancs et la courtine ne puissent être mis en brèche ; ce qui , jusqu'à la fin du siège , leur assure la conservation de leur parapet , et par conséquent le jeu de leur mousqueterie , et celui de rartîllerie qui leur reste' à , cette époque. En même temps , cet ouvrage remplit l'ob* jet de défendre pai un feu fait de plus près , plus rasant , et surtout moins découvert du dehors que celui du corps de place , les fossés et les chemins couverts. Ce dernier objet était Tunique que remplissait la fauêêt^braie (i) des anciens ingénieurs qui , de plus , avait, vis-à-vis de la tenaille , le désavantage de servir d'échelon à l'escalade , et de rampe à la brèche du corps de place , et encore Tinconvénient de recueillir tous les éclats de l'es^ carpe qu'elle bordait.
La hauteur de la tenaille (t») doit être telle , qu'elle
(1) La faussê'braie est une deuxième enceinte plus basse que la pre* knière, et immédiatement adossée â son escarpe.
(3) Planch. 2,fig. 5.
ne paisse masquer le pied de la brèche &ite à la face du basiîos , à l'artillerie du flanc opposé. On la détermine d'après les CMisidérations suivantes. On suppose une pièce de canon placée à l'angle de flanc , à 3 pieds et demi au-dessous de la crête du parapet, et tirant, le long de l'escarpe de la £ice, au pied de la brèche, k l'endroit le plus rapproché de l'épaule où cette brèche puisse être iaite. Or le pied de la brèche au rez de l'escarpe ne peut ètre^ élevé au-dessus du fond du fossé do moins de six pieds , tant parce qu'on n'aura pil battre qu'à cette hauteur , que parce que Téboulement, si l'on a battu plus bas , aura , dans cet endroit , acquis cette hauteur au moins. Enfin , sous la iigne de tir ainsi dirî» gée , on a soin d'abaisser encore la crête du parapet de la tenaille de a pieds , pour que If veut du boulet, passant à un pied au moins au-dessus de la tète des défenseurs de cet ouvrage , ne leur 6te point la vie.
On perce la tenaille dans son milieu par une poterne,, au sortir de laquelle on élève de chaque côté un para» pet qui , de là , va à la coutrescarpe, et dont la plongée se perd, en glacis, dans le fond du fossé. L'espace compris entre ces deux parapets, a 6 toises de largeur , et se nomme eaponnière (i). Il sert à conduire en sûreté de la place aux chemins couverts , et dans les dehors ; son double parapet sert au besoin à Refendre te fond du fossé. On échancre, on creuse même la co]y|^)^ carpe (2) dans l'endroit où la capolinière l'atteint , pour pouvoir y monter à couvert dei vues de l'assiégeant de* venu maître des saillans du chemin couvert*
(i) Planch. 2, fig. S, ♦ et 5.
(2) Planch. 2, fig. ♦•
104 ESSAI c£nAbAL DB FOBTIFICATIOlf.
Pour lui interdire toute entreprise sur ce rentrant de la contrescarpe, si nécessaire à la communication de tout ce que Tassiégé peut consenrer de chemin couvert , on y a« dès les premiers temps de la fortification moderne , placé un ouvrage connu d^abord sous le nom de ravôUn^ puis ensuite sous celui de demi^lune, sans doute à cause de la forme en fer à cheval qu'on lui donnait dans les commencemens. Depuis long-temps son arrondissement a fait place à un angle rectiligne , même aigu. On a eh même temps fort agrandi cet ouvrage. On lui a tantôt donné , tantôt refusé des flancs. Maintenant oni parait s'être fixé à ne le composer que de deux faces ^ d'après l'observation ^ que ce qu*on en retranchait pour hii donner des flancs (i)^ découvrait trop les épaules des bastions , et en exposait les flancs à être battus de loin k ricochet , et , de près • à être enfilés et rendus impraticables, quand l'assiégeant aurait rasé le parapet des faces , près de leur jonction avec celui de ces mêmes flancs. C'est d'après cette dernière considération que Gormontaingne et les ingénieurs qui l'ont suivi , ont , du point choisi pour être le saillant de leur demi-lune , aligné chacune de ses faces à lo toises de l'angle d'épaule du bastion , au lieu de 5 toises seulement de cette épaule, où les alignait Yauban.
L^objet de la demi-lune est de couvrir la courtine et l^ibincs contre toute atteinte de l'artillerie assiégeante, avant que celle-ci soit parvenue à se placer sur la crête des chemins couverts, et de conserver par conséquent à ces parties de la fortification , toute leur influence dé-
(1} Voyez CCS flancs ponctues, pi. 2, fig. 3.