I.IV. J» CHAP. I
fenà^«i^\a cfi^toomeos extrêmes. En même temp$, son fea àétenidepliis près et plus en avant que ne pourrait le frire celui des flancs 9 le cliemin couyert des faces des hastîoiis sur k crête duquel se placent les batteries de brèche. De plus , le fosse et le chemin couvert , desquels on Tenveloppe y dounent , avec ceux des bastions , deux rentrana , %u parties fortes et plus rapprochées des saiUansofQ parties faibles , que ne le serait la place dWmes unicjne qui se trouverait an rentrant de la contrescarpe du dont dénué de demi-lune (i).
Dana âiacun de ces deux rentrans on pratique une place d'armes (^ dont la €Umt-gargè , ou capacité intérieure de chaque cêté de Fangle de la contrescarpe , a de 18 h aa toises , et dont les faces doivent faire un angle de 100 degrés arec les branches collatérales du chemin couvert , afin que les défenseurs de celui-ci ne s'adressent pas réoproguement les coups qui dévieraient de la pa*peiNficuIaire jusques à 10 degrés.
Pour qu'on ne puisse de la demi -lune , quand elle est prise , découvrir dans les bastions , et , qu'au contraire , ceux-ci et la courtine plongent avec avantage dans son intérieur, on la leur soumet de 3 pieds ; ce qui fait qu'elle ne conserve sur la crête du chemm couvert des bastions, qu'une supériorité ou carMnandemerU de 5 pieds. Mais afin que la plongées ou angle sous lequel les feux dç celte demi-lane agissent sur son propre chemin couvert et sur son glacis » soit à peu près la même que celle qu'ont sur les leurs les faces des bastions , on en rétrécit le
(i) Plancfa. 2,fig. 4.
{3) FLmcA. 2 , fig. 3.
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fossé (i) à lo toises, au lieu de 1 5 au moins qu'a celui du corps de place. Ces i o toises , ajoutées aux 5 de son chemin couvert, n'en font que i5, au Heu de 20 que forme l'ensemble de la largeur du fossé , et de celle du chemin couvert du bastion ; en sorte que, pour que la plongée de la dcmi-lune dans son chemin couvert et sur son glacis , soit la même que celle de^bastions sur les leurs , il faut que la crête de ce glacis soit soumise seulement de 6 pieds k celle du parapet de la demi-lune. Ces 6 pieds joints aux 3 dont la demi^lune est plus basse que le corps de place , font 9 pieds dont la crête du glacis de la demi-lune est soumise à ce corps de place ; et , par conséquent , cette crête de glacis se trouve être éublie un pied plus bas que celle du chemin couvert des bastions ; infériorité qui ne peut produire qu'un bon effet, en donnant avantage à ce dernier chemin couvert sur l'autre , qui doit être attaqué et pris le premier.
H nous reste encore à expliquer plusieurs détails de fortification qui seront plus à leur place , et surtout mieux compris , lorsque nous aurons lieu de les développer, en traitant de l'attaque et de la défense.
(1) Planch. 2,fig. 3.
Lir. I. CHAP. !!• *07
CHAPITBE IL
Dôêùripiûm raisannée de toute$ U$ opérations de
Cattaque en usage.
J'ai lu quelque part que , quand le graud-visir Kopro*gli eut charge son fils du siège de Candie, cdtu-ci après les premières tentatives pour s^approcher de la place , rebuté , lui envoya un ingénieur potu* lui représenter les difficultés de Ventreprise et l'impossibilité qu il voyait à les surmonter. Le visir écouta patiemment et tant qu'il voulut perler , V envoyé de son fils j Puis pour toute réponse : ((Avance jusqu'à moi , lui dit-il, mais garde-toi , « il y va de ta vie , garde-toi bien de mettre le pied sur le « tapis au milieu duquel tu me vois assis j » et , sans lui laisser le temps de se remettre, du cruel embarras où le. jetait cet ordre extraordinaire , .il fit à deux esclaves signe de rouler jusqu'à ses pieds l'ample tapis. « Approche Ci maintenant sans crainte , dit-il de qouveau à l'ingé-
« nieur Voilà toute ma réponse, porte-la à mon
« fils (i). »
(\) De saTans critiques pourront bien ici reprendre quelque anachronisme ; le grand-visîr KoprogU étant mor^ quatre ou cinq ans » à ce que je crois , avant la prise de Candie , dont le siëge par son fils ne dura que trois ans. Mais ce siège , médité long-temps avant d'être entrepris , peut, à toute rigueur, avoir donné lieu à mon anecdote , que je suis d'ailleurs loin de garantir. Ao rest» , si l'on veut absolument en refuser l'honneur à ce visir, on trouvera toujours à qui rattribuer« sans lui £9iire rien perdre du mérite de son objet , iki de celui de son caractère oriental ; car Blondd , dans sa nouvelle manière de fortifier les places * ^ la rapporte du sultan Soliman II , tenant conseil avec ses généraux , sur la maniëre de faire le nége de Bhodes. |. (*) P«dt oufrap impriméà U Htye, «n 171 1 , pag. 40.
108 BSêAI QknkhAL D8 FORTIFICATION.
Telle est , en eflet , la fidèle image des approches d'une place forte par une attaque en règle. Ne mettez le pied nulle part sur le terrain qui est vu de la place , à bonne portiSe decanon. Cette règle est de rigueur. II y va de la vie pour quiconque y contrevient. C'est le tapis du visîr. Mais fouillez ce terrain , couvrez-vous de ses déblais , en un mot , roulez quelque peu de ce tapis devant vous ^ et , sous cet abri , vous parviendrez k vous approcher de la place, sinon tout-àfait sans risque , du moins avec peu de péril , avec moins peutêtre que n*en éprouvera Tassiégé k se défendre derrière ses parapets. Ce paradoxe va cesser bientôt d'en paraître un , au moyen de l'explication exacte que nous allons donner de tout le mécanisme des travaux de l'attaque.
' La première opération du siège d'une place est son investissement , ou , pouF mieux dire , c'en est le préliminaire indispensable. Cette opération consiste à porter subitement , sur toutes les avenues d'une pkice de guerre, k la fois, des corps de troupes^qui interdisent à l'instant l'entrée de tout secours dans la place , et même la sortie de tout avis qu'elle pourrait vouloir donner de sasituationw Les motifs de cette opération sont simples et faciles à saisir. Quelque bien préparée que soit une frontière à soutenir les attaques d'un ennemi supérieur , il est impossible que chacune de ses places de guerre soit aussi abondamment pourvue de munitions de guerre et de bouche , et surtout d'hommes et de canons , qu'il est nécessaire qu'elle le soit, pour soutenir un siège avec toute la vigueur dont ses fortifications la rendent susceptible^ autrement l'armée qui couvre cette frontière serait , ainsi que tous ses moyens d'agir et de subsister , nécessairement
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réduite à riod. Celte année donc, «o contraire, ame et mobile de tonte la défSensÎTe de la frontière , semblable an cœor dans le corps bnmain, tire sa snhdstance journalière des places qu'elle courre ou crcHt couttît , et en reverse à proposdans celles qn elle laiawou Ta laisser exposées. Mais , tandis que la défensÎTe est Ibroée de pKcr SCS combinaisons à celte pénurie nécessaire de moyens , et ne peut se soutenir que par cette industrie , qud est cependant et quel doit être le rôle de FofliBnsiTe ? L'armée offensive , sans laisser démêler son but, et se ménageant plusieurs routes pour y parTenir , lait des mouvemens, ou qui font craindre ii Varmée défenaTe d*ctre immédiatement attaquée, ou qm inquiètent plusieurs placesà la fois , on enfin qui tendent ji rassurer la place qu'elle médite d'attaquer la première. Puis, aussitôt que quelque méprise ou quelque n^igencedans la dâensÎTe a mis' à découTcrt la place importante dont la prise sert le mieux ses projets , ou en a laissé au dépourTU qudque autre dont la possession avancerait ou fiidliterait ses snc- ^ , Tannée offensive se bâte de mettre cette place bors d'état d'être secourue on mieux munie, et même de donner avis de ses besoins et de sa véritable situation , afin que l'aimée défensive ne puisse ouessayer de pourvoir aux uns , ou se régler sur l'autre pdor les tentatives k faire pour la secourir.
Cette armée offensive détacbe donc un corps capable de marcber légèrement, et composé, en très-grande partie, de cavalerie et surtout de dragons, qui se porte le plu» secrètement et le phis diligemment po&sible vers la place à investir. Ce corps s'avance sur autant de colonnes qu'il le faut pour arriver au moyen de leurmarcbe ccnnbinée, et paraître , à la vue de la place , de tous les cdtés en
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même temps. Pendant que le gros de chacune de ces colonnes prend poste sur un terrain avantageux , hoi*s de la portée du canon ennemi , les dëtachemens qui en font la tète s'avancent à Tinstant même , le plus rapidement et le plus près possible de la place , afin de profiter de ce premier moment de surprise pouf enlever tout ce qui pourrait en être ddiors , soit de la garnison , soit de la bourgeoisie ^ de laquelle on peut toujoui-s tirer des lumières sur Tétat actuel des fortifications et des autres moyens de défense de la place.
L'infanterie du corps investissant (i) occupe les villages , chemins creux , haies, bords d&j*ùisseattx et fossés , enfin f tout ce qui , aux environs de la place ^ est pays coupé ; la cavalerie se place dans tout ce qui est plaine et découvert \ Tune et Tautre avec cette attention de ûtire face à Textérieur et d'occuper les postes dans le sens où ilsddiveiit l'être pour s' opposer à l'entrée des secoui^ dans la place. Vers celle-ci on se contente de fkire approcher au^i ^rès que possible , à la faveur de tout ce qiii peut offrir du couvert, une chaîne de pe^s postes faciles^ seCourip par les premiers , et dont les sentinelles et vedettes puissent découvrir tout te qui sort de la place. Une double chaîne dt patrouilles doit maintenir la commu-* nication de tous ces postes , et assurer la correspondance mutuelle des deux chaînes qu'ils formait.
Le temps le plus favorable à l'introduction des secours dans la place et à ht sortie des avis qu'elle a & donner de sa situation, étant la nuit^ la chaîne des postes doit alors être resserrée* Pe&r cela , à mesure que le jour hàissi^ ,
(1) Pkttch. S. .