LIT. I. CHAP. U. III
les difTéreiis corps de rinvestissement se rapprochent petit à petit de la place , et prennent leurs postes de nuit qu'on aura eu soin de leur faire reconnaître de jour. Us s'y tiennent au bivouac dans le plus grand silence, et leurs précautions et leur vigilance redoublent , tant contre le dedans que contre le dehors. Â mesure que le joiir parait et qu'on commence à apercevoir la place , dont on ne tarderait par conséquent pas à être découvert , on s'éloigne de nouveau , petit à petit, jusqu'à reprendre ses premiers postes. Tout ceci suppose que le terrain ne se refuse point à cette disposition. Dans la planche 3, où la partie du corps investissant , chargée de s'opposer k l'introduction des secours , ne pourrait quitter ses postes , sans donner contre elle , à ces secours , l'avantage du terrain , nous ne lui avons point assigné de postes de nuit, nous n'en avons marqué qu'à la partie de ce corps chargée d'intercepter tout ce qui tenterait de sortir de la placer
La force du corps investissant et sa composition doi« vent être réglées d'après la nature du pays qui environne la place et la force de sa garnison. Un pays fort couvert demande peu de cavalerie et beaucoup d'infanterie. Il faut aussi que partout où la garnison puisse se présenter^ pour rompre V investissement, on soit sûr de la repous* ser. C'est pour cette raison qu'une place partagée par une rivière non guéable , exige le double plus de forces pour son investissement, qu'une place autour de laquelle des communications faciles permettent k toi4s les corps qui en forment l'investissement , de s'entre -secourir promptement.
Le temps de l'investissement étant le moment critique pour l'introduction des secours , et de secours souvent tels
Il) ESSAI GÉHÉRAL DE -FORTIFICATION.
qu ils feraient renoacer au siège de la place ^ le gros de lamiée doit , ea s'approchant , couvrir par ses mouvemens et ses positions , le corps investissant , jusqu'à ce qu'enfin il le rejoigne et mette complètement le siège de*
vaut la place.
Avec le corps occupé de Tinvesiissement^ doivent avoir marché les hommes chargés , par le général de l'armée , d'en asseoir le camp autour de la place , et ceux qui ont sa confiance pour le choix des points par où il convient de Tattoquer. Les uns et les autres doivent , par leurs reconnaissances préliminaires , avoir préparé la reconnaissance définitive que fera le général à son arrivée devant la place \ arrivée qui doit précéder celle de Farmée , assez pour donn<^ le temps de décider à l'avance quels emplacemens en occuperont les différentes parties, et surtout le parc d'artillerie. La commodité d'avoir celui-ci & portée des attaques , dans un lieu de facile accès aux cluirrois , et à proximité de l'eau nécessaire aux nombreux attelages indispensables à tous ses mouvemens ^ cette commodité , dis-je , n'est nullement indifférente mx suc* ces du siège , par l'accélération de la marche des atuques et par l'économie de fatigues des hommes et des chevaux qu'à la fois die procure.
L'armée assiégeante (i) prend son camp ou ses quartiers tout autour de la place , pour continuer à lui inter* dire soigneusement tout secours et toute communication au dehors .Pour que ces quartiers soient tranquilles , ils doivent ètce éloignés de la place de toute la portée du plus gros canon; c'est-à-dire de i5 à 1800 toises (a).
(O Planch. 4.
(2) Il n'y a penonne qui , à l'aicle d'un instniment, a« «aclie mesurer