LIV. I. CBAP. II
Chaque arme se place sur le terraiu qui lui est le plus aTantageux, et a soiade se réserrer et en avant et en arrière de son camp , un terrain propre à s'y mettre en bataille. Pour augmenter et s^assurer les aTantages du terrain, on y ëlèTe des retranchemens, et pour s'épargner toute inquiétude sur l'introduction clandestine ou par surprise , des secours , on est dans l'usage de les faire conii-
la distance où il est, d'un point duquel il ne lui est pas permis d'approcher. Hais, à la guerre, on n'a pas toujours et partout des instrumens ; et la niScesât^ de prendre sur-le-cbamp son parti , oblige iouyent a s'en passer, et à chercher ({oelque moyen d'y suppléer. Voici celui que donne Yauban. Soit A. (*) le point de la place le plus proche du front du camp que vous Toulez ëtahlir, et dont tous craiçieE de n'être pas éloigne' de 1800 toises. Plantez un piquet au point B où tous êtes-, pub , sur la ligne AB , élerez une perpendiculaire BC , de quelques centaines de toises. A l'extrémiië G de cette ligne, élerez-lui une per-* pendiculaire , ou parallèle à AB , mais courant du côt^ opposa. Marquez ensuite sur la ligne BG les dernières dirisions , et les plus rapprochées du point G , des parties aliquotes de cette ligne BC ; puis , reculez sur la direction de votre nouvelle perpendicidaire , jusqu'à ce que tous Yojriez commodteent le point A, daîis l'alignement de quelqu'un des jalons D dont tous aurez marqué les divisions des parties aliquotes de BC. Plantant alors un nouveau jalon au point E où vous vous trouverez, vous aurez le triangle DCE semblable au triangle DBA. Ainsi vous aurez CD : BD : : CE : AQ ; et , mesurant CE , vous aurez facilement AB , qui le contiendra autant de fois que BD contient CD. Si CD, par exemple , est le dixième de BD , la ligne mesurée CE sera également le dixième de la distance cherchée AB; et, si cette ligne CE s'est trouvée , par l'événement du mesurage, avoir 180 toises, il est évident que la distance cherchée AB est de 1 800 toises. Quelques piquets ou jalons , et l'habitude de mesurer au pas , suffiront à tout officier pour faire en très peu de temps ces opérations infiniment simples , avec toute la jus • tesse que peut exigei' leur objet (*" ).
(*) Plancli. 5, fig. I.
(**) Il faut «pporter beaucoup d'exactitude dans ees o|iéralioRS, pour ne pSft cmn- «eitre des trrean (Tares sur les dîbtanees ^u'oo test metoiel'. k.
Il4 hêtkl Hiàni^AL DB FORTinCATIOJC.
nus I i BMias que quelque partie inaccessible de terraÎA n en dispense. Alors on les nomme ligfuê ; savoir : ligne$ de ^rconvallcuion cdles qui ibnt face au dehors , et Ugnn éù eentrevallation celles que quelquefois on lait contre la place , quand la crainte des entreprises d'une forte f^up^ nison ei de leur concours avec celles d'une armée de ae<» cours ) les fait paraiti^ nécessaires* Devant traiter ailleurs de la fortification de campagne « à laquelle ces lignes se ^rapportent, nous ne nous occuperons point ici des détails de leur construction* Nous nous contenterons de présenter quelques considérations générales sur leur utilité , et sur les conditions qui leur sont particulières et qui doivent les distinguer de tout autre camp retranché.
On ne peut se dissimuler que ces lignes renouvelées àes anciens par les plus habiles généraux du seizième siècle , avec un succès et un applaudissement universels , ne soient depuis tombées dans un discrédit à peu près général ; et les exemples peu cités de celles qui ont réussi , comme à Philisbourg (1^34), ont été loin de maintenir en leur faveur la balance » contre le nombre moins grand peut*<étre de celles qui ont été forcées , comme à Turin (1^06). Aussi le maréchal de Saxe les a comparées à la muraille de la Chine que les Tartares ont forcée toutes les fois qu'ils Font sérieusement voulu , et le vulgaire des guerriers a répété , avec confiance , ce bon mot qui est devenu un arrêt de proscription contre les lignes. Recherchons jusqu à quel point cette opinion est fondée.
On a dit : couvrez par une armée d^observation TOtre siège, et Tarmée qui le fait n'aura pas besoin de lignes, ou, si vous n'êtes pas assez fort pour avoir une armée d'observatipn , outre celle qui-doit faire le siège , ne Tentreprenez pas. On voit déjà ici que maintenant, pour entre-
UT. I. CHAV. If. 1 l5
{rendre un ai^, on met à la pkoe duBoin et da travail extrêmes., avec lesquels on fortifiait autrefois ces lî^ea de circonyallatioD , une cumulation de forces dont alors on savait se passer. En effet , reconnaissons que la plupart de ces lignes forcées étaient mal faites ou point acheT^, entre autres cdles de Turin , dans Tendroit où elles furent attaquées ^ et que celles de Philisbourg y au contraire , étaient tellement formidables par les obstacles multipliés qu'un travail obstiné avait accumulés en avant d^elIes , qu'elles forent jugées inattaquables. Omduons donc que , «pxoiqoe des lignes mal Caiites soient infiniment dangereuses , et x^ puissent dispenser d'une armée d'obser^ yation , il n'en est pas moins vrai que des lignes de circonvallation fortifiées avec soin , peuvent se soutenir par elles-mêmes, et que, par conséquent, une armée d'observation n'est pas indispensable pour entreprendre un siège.
La difficulté n'est pas , à la vérité , de concevoir qu'use armée assiégeante » soigneusement retrancbée , soit, malgré sa position à la fois circulaire et étendue et par con« séquent désavantageuse , mise en état de résister aux attaques de vive force d'une armée de secours . Mais ce qu'on ne comprend pas aussi bien , c'est qu'elle puisse subsister, ainsi enfermée dans ses lignes, devant Fautre^ rendue sans contradiction maltresse de la campagne. Celle-^ , par ses positions prises sur les communications de la première , lui intero^tera toute espèce de convois ; et , aussi libre dans ses mouvemens que Tautre eat entravée , elle lui interdira jusqu'aux fourrages qu'elle voudrait &ire bors de la portée du caoon de ses lignes. Cette armée assiégeante et investissante se trouvera done, par le fait, assiégée et investie, comme on Fa vue à Belgrade en 1 7 1 7 ,
1 l^ ESSAI GÛSkTkkL DE FORTIFICATION.
«t se verra obligée à sortir de ses lignes , ou pour com«» ]>attre y et alors autant valait n en point faire y ou pour Jever le siège ^ qu'il e&t alors mieux valu ne pas entreprendre. Concluons donc , ^u'à moins qu'une armée assiégeante ne renferme avec elle ^ dans ses lignes , tous ses moyens de subsister pendant toute la durée du siège , ce qui parait difficile, ou à moins que, par quelque circonstance particulière , elle ne conserve avec ses magasins une communication asstu^ , comme lorstju'au siège d'une place maritime elle est secondée par des forces na*valés maîtresses de la mer, ou qu'appuyée d'un côté à des montagnes ou à un grand fleuve , desquels Iç passage libre pour elle • est interdit à l'ennemi , elle reçoit par là tous ses besoins , et c'est ce qui arrivait à l'armée devant Pbi^ lisbourg ,- concluons , dis-je , qu'à moins de circonstances semblables , une armée enfermée dans des lignes ne pourra s'y maintenir sans le concours d'une armée d'ob* servation plus nécessaire encore pour protéger ses communications contre une armée de secours , que pour la •défendre contre les attaques directes de <;ette dernière.
Mais , dans ce dernier cas même • des lignes de circonvallation sont toujours utiles, quelquefois même néces» saires« En eflet, l'armée d'observation ne peut-elle pas se laisser dérober quelque mouvement , sinon total , au moins partiel de l'armée de secours qui suffira pour introduire dans la place tout ce qui peut ou en rendre la prise impossible , ou la reculer au-delà ^u terme qui convient à la suite des opérations de l'armée assiégeante ? Or, des lignes bien faites donneront toujours le moyen non seulement d'interdire le passage à tout secouj:^ partiel , mais même de résister à l'armée entière de secours, assee de temps pour donnera l'armée d'observation celui d'ar-
LIf. I. CHAF. II. TI7
Tiver et de se mettre de la partie (i). H est donc évident qu'une armée d^observation ne rend point inndles à Tarmée assi^eante des lignes de circonvallation , à moins que la nature du pays ne réduise à un seul débouché pour r ennemi y tous les moyens de s'approcher de la place, et que par conséquent Tannée d'observation ne suffise seule pour lui interdire cet tmique débouché.
Qu'il &ille aussi des lignes de contrevalladon devant une grande place pourvue d'une forte garnison , surtout quand l'armée assiégeante est faiible et que ses^uartiers sont séparés par une grande rivière , ou que leurs communications sont gênées par quelques obstacles ; c'est de quoi l'histoire fournit de fréquentes preuves.
Puisque nous avons prouvé que les lignes de circonvallation sont^ â peu près dans tous les cas y sinon indispensables , du moins utiles , et que souvent même il est bon que des lignes de contrevallation les accompagnent, il n'est plus question que de faire connaître les con* ditlons qui leur sont nécessaires pour bien remplir leur objet.
I* Elles doivent être partout éloignées l'une de l'autre de 3oo toises au moins, afin d'avoir, pour se mettre en bataille entre chacune, et la tête ou la queue du
(I) La vëritable position d'une armée d'obserration est snr quelque terrain avantageux très à portée de la circouTallaUon , afin de pouroir en peu de temps arnrer au secours de rarmée assiégeante > et d'en ^tre elle-même , en cas d'action , promptement secovnte. À cette proximité, elle peut encore , dans le cas ou quelque opération du siège demande une action de vigueur, et, poiif rexécnter, le conooors de troupes nombreuses, fraîches et choisies, envoyer au siège , pour ce moment seul , tout ou partie de ses grenadiers , ou troupes d'éUie.
1 18 xsfAi cànkhAL dk foat'ficatioii.
camp ) et pour tou5 les mouvemens et manœavres nécessaires, aa espace de lao toises au moins de profon^deor.
a*" On doit , pour les appoyer et pour réduire i un cer« tàin nombre de points déterminés les attaques qu'on en peut &ire, s'attacher à les rendre, en quelques-unes de leurs parties^ ou inaccessibles , ou- inattaquabl e, soit en formant, en avant d'elles des inondations sur les ruisseaux qui y donnent lieu (i), soit eu faisant dans les fo- . rets qu elles traversent ou qu'elles bordent , des abatis impénétrables par leur multiplicité , soit en les avançant ou reculant jusqu'à dess escarpemens impossibles à gra^ vir, soit enfin en formant , par la réunion et l'accumula-^ tion de tous les obstacles industriels praticables^ des points artificiellement inaccessibles.
3"* D'un de ces points inattaquables à l'autre , il faut s'efforcer de déployer le9 retrancbem«Ds sur une ligne droite, auunt qu'il se peut , afin que l'ennemi ne puisse embrasser par une attaque environnante celle de leurs parties par laquelle il cherchera à y pénétrer, et qu'il ne puisse enfiler, par son artillerie, de longs côtfe 4e retranchemens qui , se prolongeant au dehors , aboutiraient à des emplacemens que son artillerie pourrait facilement occuper.
4"" On doit &ire soigneusement disparaître toutes les
"^—T**^^^^^— '^^^»r^<— ^— i» » iiii>i
(I ) On ne àaitmtaaqaer auooDe oocasion de faire , en avant des Ugnes, de ces iDoodations ou retenuei d'eau. Car, iDdépcndamment de Varantage qu'elles proeiirenk , de revdn inattaquaUea des parties de retran-r «hpmens, ellea rompeat an dehors des 1%D** la comvuiricatiea entre les attaques de l'enDemi , tandis qç'au conitaire elles facilitent au dedans celle dci différons corps charges de leur défense.
difficultéf qpi ponmient gêner les oommiimcatiotis dtn» Vintérietir des ligne». Les misteeax et riTÎèrei deivent être iraYenés par le plus grand nombre poaàUe de ponu, les marais par de fréquentes et larges chaussées de ftacHnes, les fossés être comblés, les bdes ooapées; et, en même temps ^ ces obstacles doivent être conservés an de« hors , multipliés même par le travail, autant que la nature du terrain , le temps et le nombre dliommas k j employer le eomportent.
Telles sont à peu près tontes les particalarîtéa de» lignes de circonvallation et de contrevallation , qui ne leur sont pas nécessairement conmmnes avec les antres camps re* tranchés. Leurs autres conditions trouveront leur place lorsque nous traiterons de ces derniers , et nous anrons sein alors de faire â ces lignes les applicati<»s n霻^ saires pour compléter, sur ce qui les conoeme, rinsimo' tien du lecteur.
Pendant qu'cm travaille à ces lignes y et remarquona que Yauban eatime à neuf jours le temps nécessaire pour les construire (i), on fait toutes les opérations prélimi*
(1) SI Ton ftdt atteotioD que les li^es de circooT^Ution et de co»f reyallation de la plus pe6te place , ne peuTeut ensemble aToir un dëveloppement moindre de 56 à }7,0SO toises ; que Vauban , d'après des expéneaoes mnllîpliëcs , nous assure qu'on traTaiUenr aiettra 7 jo«n à ex^uter une toise courante de retranchaosens [*), et qu'il faut du temps encore pour en de'terminer et en arrêter le tracé ; on sera tenté de trourer trop court le terme de neuf jours assigne a leur construction par ce grand bomme, quoiqu'on soit préyena que, pour exécuter ce travvl, l'armée assiégeante ne manque jonMie d'appeler à soa seeoai» tout ce qu'il lui est possible de rassembler de trarailleuri du pars*
(" ) V««baii éil 7 jèai», 6 jow*. elc, mmiit J« proél do lytnncliwcm C
I*i0 ESSAI Gii\ÈRAL DE FORTIFICATION.
naires et tous les approvisionnemens requis pour Touver' ture de la tranchée. Les premières consistent dans une reconnaissance plus exacte et plus détaillée de la place , dans le levé géométrique du plan du front ou des fronts choisis pour Tattaque comprenant tous le» ouvrages* qui auront action sur les approches , dans la détermination des capitales sur lesquelles on doit cheminer, dans la fixation de la distance mesurée sur chacune de ces capitales ou Ton est du chemin couvert , dans le choix des terrains, à la fois à couvert des vues de la placée et à portée des atlaques|, destinés à être les dépôts de la tranchée , et enfin dans la confection du projet et du plan détaillés des attaques.
Les seconds consistent dans l'apport et rarrangement convenable , au parc , de toutes les pièces d'artillerie nécessaires aux attaques , avec leurs afiùcs et armes de re* change , en quantité suffisante , ainsi. que de tous les boulets , bombes , grenades et poudres que ces pièèes doivent consommer, dans le rassetnblement de tous les outils nécessaires aux travailleurs de la tranchée , avec tous les rechanges et remplacemens suffisant à tous les accidens possibles , et enfin dans la confection , Tamas et le transport aux dépôts de la tranchée , des fascines , gabions , etc. , nécesssiires à tous les travaux des approches : et sur tout ceci observons i" qlie , d'après le plan arrêté des attaques, on peut estimer avec la dernière exactitude les quantités respectives de ces difTércns genres d'approvisionnemens ; a"" qu'il faut se garder de commencer le siège sans les avoir tous réunis , ou , au moins , sans s'être assuré que ce qu'i] en peut manquer dans les premiers momens ,* arrivera à mesure qu'on en aura besoin , et se trouvera sous la main» à point nommé, sans se faireallendrc le moius du monde;
LIT. I. CHAP. II. ISl
car il vaudrait mieux retarder FouYerture de la tranchée» ce qui ne ferait perdre que du temps , que de s' exposer, faute de quelque ap{»t>TiâionneQient indispensable , à es^ snjerdans le courant des attaques, des retards qui,' outre ce temps perdu , coûteraient encore des hommes.
11 est rare de n'avoir pas un plan plus on moins exact de la place qu'on veut assiéger ; maïs ce secours ne dispense presque d'aucune des opérations préliminaires dont nous venons de parler. En effet, il faudra toujours rattacher ce plan , par des opérations trigonométriques , au terrain occupé par l'armée assiégeante : il faudra tracer sur ce terrain les capitales du front ou des fronts d'attaque, et déterminer, sur ees capitales, les distances on l'on est de la place. Et pourra-t-on , sans l'avoir vérifiée de nouveau j c'est-à-dire relevée , compter assez sur la position des ouvrages qui auront action sur les attaques, pour dresser Je plan de celles-*ci en conséquence ? La reconnaissance et la fixation des dépôts de la tranchée ne peuvent non plus se faire que sur place.
Quant à tracer sur le terrain les capitales des attaques , cette opération n'a nulle difficulté , d'autant que, s'y trompài-on , l'erreur ne serait d'aucune conséquence. En effet , il doit être bien indiffèrent qu'on chemine sur la capiule d'un ouvrage, ou sur une ligne qui s'en écarte tant soit peu. Au reste , on trouve cette capitale en observant Touvrage au moment où le soleil éclairant Tune de ses faces , et laissant l'autre dans l'ombre , permet d'en distinguer facilement Tangle flanqué. Le saillant de son chemin couvert, s'il ne s'aperçoit pas aussi clairement, peut toujours être entrevu à Textrémité de la crête de son glacis , rendue sensible par la manière différente dont les Jeux plans de celui-ci sont éclairés , et par là faciles à
laa JBSSAI çi^itiAL pb roBTiFicATiow.
distingoer Tua de TaiUrç , surtout au lever ou au coucher du soIeiL Or la lîgrie qui passe par T angle flanqué d'uf^ ouvrage , et par le «aillant de son chefuin couvert , difi^re rarement de sa capitale y qui ôH la ligne qui p après avoir divisé en deux également son angle flanqué, est censée #6 prolonger indéfiniment au dehors». Quant à la mesure de cette capitale , nous avons déjà indiqué une manière de la trouver sans instrumens , que Yauban estime suffi* samment exacte. Mais, soit qu'oo s en setye , soit qu'on emploie des instrumens, il &ut&ire. une attention*, c'est de défalquer de la distance trouvée de Tangle flanqué de Touvrage , la largeur prési:(mée de son fossé çt de soi^ cKemin couvert, pour avcâr la distance e^ççLcte où Ton est d» ce dernier, qui est celle d'après laquelle tout se règle^ dans Tattaque.
Le levé exact de la position des principaux angles^ de« angles flanqués surtout , n'offre aucune difficulté, et peut, avec des instrumens garnis de lionnes lunettes, se faire à toutes sortes de distances. Quant aux auti^s angles , ainsi qu'à la longueur exacte des faces , on peut s'en passer ; car la direction de ces dernières , seule .essentielle pour la conduite de l'attaque, ne pourra jamais échapper aux re^ cherches de l'assiégeant qui > comme on le verra lorsque nous en serons au détail des attaques , a bien plus beçpin de connaître Véoartcment de l'enseinble des ouvrages qui obt vue et action, sur ses ti^vaui^ , que la figure exacte de chacun d'eux en particulier, et que leurs proportions r^* pective». Ceci cependant soit dit, seulement pour consoler du malheur de n^avoir pu réussir à lever un plan complet, et non pour conseiller de rien négliger pour y parvenir. Je dois encore avertir que , dans ce que j'ai nommé l'éeartemeni des ouvrages , il faudra soigneuse*
ment ^Toir égud à œ qu' j ajonte la position en avant feux de lenrs diemins cooTerts, et, en contéqnenoe , quand on n aura pu lever la position de cenx-ci , faute de les ape rceroir clairement , il fiiudra les placer sur le plan» d'après les largeurs esâmées au nummwn , tant des fossés que des chemins couverts qui enveloppent ces divers ouvrages.
Toutes les opérations dont nous venons de donner une idée , peuvent à la rigueur se faire de loin comme de pris^ kTi^dedelimetiea. Mais, de quelque manière qu^on s'y prenne , ^e dois averdr qu^il iaut faire en sorte que rien de particulier ne désigne le front ou les fronts qu'on se propose d^attaquer. 11 £nit en user de même pour la re* connaissance des lieux destinés à servir de dépôts aux tranchées, opération qu'il &ut nécessairement faire sur place, que Jqfue rapprochée qu'elle soit de Tennemi. Pour y parvenir, il £mdra pousser des détachemens vers tons les points à couvert des vues de la place , it la faveur des*« qnels on peut en approcher, pais faire reconnaître et fixer rétendue et la dislance où sont de la place ces parties couvertes du terrain ; et enfin y faire déposer des fascines et tout ce qu'il faut ponr l'onvertare de la tranchée , en dMervant, ou que tous ses préparatifs soient extrêmement cachés, ou que des démonstrations égales , faites sur tous les points qui en sont susceptibles, laissent l'en* Demi dans le doute de celles qui sont les véritables.
Le jour pris pour l'ouverture de là trant^hée , tous ceux
qui doivent concourir à cette opération , soir pour l'cxé-
eu ter, soit ponr la couvrir, doivent k l'avance reconnaître
sur le plan, et s'il est possible, sur le terrain , soit de
près , soîr de loin , leurs postes , et être instruits de tout
jce qu'j7s aurorit à y faire. Puis chacun se rend au dépôt ,
124 ESSAI GÉNÉaAL DB FORTinCATION.
et s'y range dans Tordre le plus distinct et le plus propre k remplir promptement , •et sans confusion , l'objet qui lui est confié. Enfin , l'heore venue d*agîr, e'est-â-dire au jour tombant / et lorsqu'il n'est plus possible d'être aperçu de la place , le& troupes chargées de couvrir le travail se rendent , k petit bruit , chacune au poste qui lui est assigné. Ce poste (i) doit être en avant du travail-, et situé de façon à y découvrir tout autour de soi , aussi loin que la vue peut porter dans l'obscurité qui règne. Après avoir,, a cette distance , détaché en avant et sur ses flancs , de petits postes pour êtie averti de la venue de l'ennemi , le gros de la troupe se met ventre à terre , pour d'autan^ mieux éviter d'être aperçu par l'ennemi, et atteint paiL son feu.
Les travailleurs destinés i Touverture de la tranchéene s'ébranlent que quelques instans apiés le départ des troupes , afin de donner k celles-ci le temps d'avoir pris poste. Ils sont chargés chacun d'une fascine de 6 pieds de long et de ao k %/* pouces de tour, ainsi que d'une pelle et d'une pioche. Les ingénieurs les conduisent sur les différentes porti<ms de travail qui leur sont destinées , par troupes séparées , et par des chemins différens , pour éviter la ccmfusion. Ils sont déploya tout le long du développement du travail que chaque ingénieur leur trace sur-le-champ , en posant k terre leurs fascines , en sorte que chacune recouvrant d^un pied sa voisine , ne laisse à chaque homme que 5 pieds courans de travail à exécuter. A mesure que l'ingénieur place une fascine , il fait cou» cher derrière l'homme qui en était chargé , jusqu'à ce
(1) Haoch. b, fig. 2.
Iir. I. CHAF. II. Il5
«qo'ayant reopanii^qae l'ensemble de son tracé est exact , îl revienne lui &ire le commandement de haut Uê troê, c est-à-dire ^ de travailler. Chaqoe travailleur doit être prévenu à lavance , de laisser un pied de distance ou de terme, entre l'excavation qu'il doit £ûre et sa fascine , et de ne point creoser à pie le long de eette berme> de .peur d'en causer l'éboulement^ c'est à quoi les officiers de travailleurs doivent veiller sans cesse, ainsi qu'à maintenir le silence et Tordre , et à exdter la diligence, chacun dans son détacbement.
Un estpas rare qu'on surprenne à la vigilance, etqu'on dérobe à la connaissance de l'assiégé les premières benres, et souvent même la prenûère nuit entière du travail qui alors se fait sans risque. Mais comme, passé cette première épreuve , il n'est plus possible de se promettre le même avantage , il est naturel qu'en la £ûsant , on cherche à en tirer tout Je pard possible , et qu'en conséiqnence, à l'ouverture de la tranchée , on entreprenne et Kon embrasse tout le travail qu'il est possible de faire en une nuit. Aussi est-(m généralement dans l'usage d'étendre le travail •de cette première nuit à toute la première paraître, et, à la fois , aux boyaux de communication qui , des dépôts de la tranchée , doivent y conduire à couvert.
Par la même raison , lorsqu'on juge à propos de faire deux attaques ^ ce qui , en supposant qu'on en ait les moyens , ne peut être qu'avantageux , on doit , si on le peut , ouvrir la tranchée à toutes les deux à la fois , ou si , faute de monde, on ne le peut pas, l'ouvrir à 1^ fausse attaque , ou à la moins importante et la moins étendne , ia première, afin que l'ennemi la prenant pour la vraie -et unique attaque , et s'y acharnant pour les nuits suivantes , manque l'ouverture de la tranchée à l'attaque la
laG JtssÀt GixÊàÀL db foitificatio^.
pluB importante , soit par son but, soit par le noinfare d'hommes qu^exige retendue de travail qu'elle embrasse* Mais il est temps de faire oonnattre les conditions que doit avoir ce travail , et les règles qu'on y observe.
Le principal but de Fassiégeant dans ce premier travail ^ est , sans doute , de se mettre le plus promptement possible , à couvert du feu de la place. Or il est évident que la manière pour lui la plus prompte d'y parvenir, est de s^en terrer (i) environ à mi-corps dans un fosse dont le déblai jeté en avant de ^excavation fournisse pour le reste du corps » un parapet de hauteur et d'épaisseur suffisantes. Si ce fossé part d'un terrain à couvert des vues de la place, et qu'il soit dirige de manière à ne pouvoir en être vu , ni d'enfilade , ni de plongée , de quelque partie que ce soit de ses fortificadons , il est clair qu'ete ne quittant pcHnt le fond de ce fossé , l'assi^ieant pourra sans risque approcher de la place. Mais, pour que ce fossé puisse conduire au point où l'assiégeant veut parvenir, en conservant toujours la condition de n'être ni enfilé ni plonge de la place , il faut qu'après avoir été , sur une certaine longueur, dirigé à droite des ouvrages de fortification de cette place (a), il fasse un retour, et soit, sur on certain autre espace , dirigé à gauche des ouvrages les plus avan-* ces de ce côté *, en sorte que , par cette marche fréquemment croisée , et sans cesse oblique « l'assiégeant avance sur la capitale de celui de ces ouvrages auquel il veut finalement arriver. C'est cette mardbe , à la fois croisée et oblique, tantôt d'un côté , tantôt de l'autre , qu'on dé -
(1) Planoh. 5,fig. 5ete.
(2) Planch. i,fig. I, 2ct3.
LIT. t. CHAF. Jf. ISy
signe par le nom de zigzags; et chaque tranchée ainsi
dirigée sur nne capitale, se nomme bcjrau eti zigtag$.
On est farce de les tracer» et de les ouvrir de nuit , pour
éviter, en les fiôsant, de tomber victimes du feu de la
place ; et c'est ce qui £dt que oè tracé o&e quelques dif«
ficultés. Qtiand les nuits ne sont pas bien obscures , il est
souvent possible • en se baissant jusqu^à terre , de voir à
rhoriaon la saillie des masses les plus avancées de la for**
tification , et de dirigeri en conséquence , son tracé en
dehors de ces masses. On tâche aussi , de jour* de se
donner, dans cette direction , des points remarquables
qui , plus rapprochés , puissent plus fscilemeni se retrou»
ver de nuit , et servir à diriger le travail « quand Tobs*
cnrité est telle qu'elle ne permet plus de rien découvrir
de la place. ^
Telle est la méthode vulgaire dont le succès précaîredé^
pend du plus ou moins d'obscurité des nm'is par lesquelles
ou opère , et du plus ou moins d'attention , et surtout de
tact de ringénieur chargé de l'opération. La méthode
qu'il faudrait ccmsiamment suivre y parce qu'elle mettrait
k l'abri de tout inconvénient, serait celle-ci. D'après le
plan exactement levé de la position des angles flanqués
des ouvrages du front d'attaque, de ceux surtout qui sont
les plus écartés à droite et à gauche (i), déterminez le
poîni d'où doit partir votre première portion de zigzags,
le point où elle doit couper la capitale, et la longueur
dont elle doit la dépasser. L'extrémité de cette longueur
sera la naissance de votre deuxi^e sigzsg (s). Vous dé*
(1) Pitach. 5,%. 3.
(3) C'est-à-dire que c'est le premier point donsif «le soo tracé, car ce
I*i8 ESSAI GÉNÉBAL SB FOBTIVIGATIOlf.
terminerez de même où le deuxième zigzag doit couper la capitale , et de combien il doit la dépasser, et ainsi des autres. Cela fait, chaque ingénieur se rendra au travail avec la noie écrite de la portion qu'il en doit tracer. Il fera mesurer sur la capitale (i), et jalonner, à fur et à mesure de son travail» les distances entre eux des points d'intersection de ses zigzags avec cette ligne ; il fera mesurer et jalonner de même la longueur dont ils doivent la dépaaser. De cette manière, la rectitude de son tracé n'aura rien de précaire , et ne dépendra que de la juatesse des opérations par tesquelles le plan aura été levé , et la longueur des capitales fixée. D'ailleurs la vérification , facile à faire de jour sur le terrain de la direction donnée d'après le plan au premier zigzag, suffira pour reoonnaitrc ef constater la confiance que mérite ce plan , relativement à cet objet.
Si l'on m'objectait que cette méthode ne peut être d'aucun usage dans l'obscurité des nuits, je répondrais que la nuit la plus sombre ne peut l'être assez, pour ne pas permettre de jalonner une ligne, smtout avec des hommes espacés entre eux de moins d'une toise , qu'il ne peut non plus y avoir aucune difficulté à mesurer une ligne ainsi jalonnée , et qu'enfin , si l'on n'est pas sur .de se souvenir de la petite note écrite qui contient les particularités du mesurage » on peut la lire à Taide d'une lan-
deaxiâme zigzag doit être prolongé en arrière du premier, de 4 ou 5 toises , pour en couvrir Textrëmitë , et puis pour donner moyen de débarrasser la Iranchëe qui , sans cela , pourrait se trouver engorgée dans les toumans , et enfin pour fournir à l'écart du chemin des attaques » et à Tabri du feu de Tennemi, l'emplacement des latrines de la tranche'e.
(f) Planch. 5, fig. 4.
Liy. I. CHAP.II. 1^9
terne sourde qu on n'ouvrira que pour cela , et avec précaution. Quoi qu'il en soit , nous ne prétendons pas empëclier ceux qui sont surs de leur infaillibilité de rejeter cette méthode , et même de s'en moquer ^ nous ne la re^ commandons qu'à ceux qui , craignant de tomber dans des erreurs toujours payées du sang de quelques braves sddats , n'auront pas honte de paraître tàtonneurs et minutieux y pour éviter ce malheur (i).
Si les approches ne ccmsistaient qu'en zigzags, l'a»aiégé pourrait , en en évitant les feux obliques, y arriver facilement y et surtout les prendre à revers dans ses sorties. C'est ce qui engage à les couvrir par une autre tranchée |>arallèle à la place (2), et s' opposant par conséquent de front à tous les effets , soit du feu> soit des sorties de celleci. Cette dernière tranchée étant la seule destinée à contenir les hommes annés qui soutiennent le travail ^ se nomme place d'armes , ou , à cause de sa direction relativement à Ja place , parallèle. Lès approches en zigzags n'étant destitiées qu'à conduire les troupes à couvert des dépôts aux différentes places d'armes, ou, en d'autres termes, qu'à y communiquer, reçoivent le nom de boyaux
(1) A. force à*y rèvcr, je sub peat-^tre parvenu a rapporter sur le terrain , sans tâtonnement minutieux, qnoiqu aTec la plus grainie exaotitude , dans la nuit même la plus obscure , toute marche de zigzags ou autre système , ou ensemble donné de travaux d'approche tels qu'ils auront été fixés sur le plan arrêté des atta([ues. Le public n'attend pas de moi, sans donte , que je lui fasse part de ce moyen ayant d'en aroir eu Tétrenne au premier siège que je ferai ; car s'il m'est permis de faire comparaison de quelque chose d'aussi petit à la plus grande des décourertes, je prévois qu'il en sera de la mienne, quand on la conoaîtra , comme de l'œuf que Colomb fît tenir sur sa pointe.
(2) Planch. 5, fig. 2.
l3o ESSAI GijfiflAL DE POATlFICATlOlf.
de communication. Les places d^annes ou parallcleft, en oonséquence de leur destination , reçoirent une banquette derrière leur parapet , pour pouvoir faire feu par dessus. Les boyaux de communication , considérés seulement comme des chemins uniquement destinés i se rendre aux places d^armes, n'ont jamais de banquette, k moins que quelque circonstance ne rende nécessaire , ou de flanquer par le feu de quelques-unes de leurs parties le revers de lextrémité d'une parallèle, ou de balayer par ce même feu quelque terrain, d'où l'assiégé pourrait agir avee avantage contre les attaques.
Un boyau de communication (i) est doncim fossé de 3 pieds de profondeur, sur 6 pieds de largeur au fond , et de 1 1 par le baut , en avant duquel , à un pied de berme, on a jeté les terres de son excavation.
Une parallèle (d) est de même un fossé de 3 pieds de profondeur, sur j pieds de largeur par le fond , au-dessus duquel s'élève , derrière un parapet, une banquette de 3 pieds de largeur de terre-plein, et de quelque peu moins de talus (3). La largeur de ce foîpsé par le haut est de l'j k 1% pieds , attendu que l'on tient fort doux le talus le plus éloigné du parapet dé la tranchée , talus qu'on en nomme
(1) rUncb. S, fig. 5.
()) Planch. 5» fig. 6. (Ou mieux fig. «bis. Note de l'JEd,)
(8) Depuis quelque temps , L'usage s'iutroduit de faire dans les parallèles dçux banquettes , cbacune de 1 S pouces de largeur, ce qui de^ mand|; moins de terre , et pas plus d'espace que la banquette de 3 pieds. Cette dernière nous semble cependant mériter la préférence , par la possibilité qu'elle donne de faire feu de deux rangs par-dessus le parapet de là tranchée , ce qui , partiellement et momentanément , peut être précieux contre les sorties, tandis qu'une banquette de IS pouces n'j permet éyidemment le feu que d'un seul rang.
uir. u CBAP. u. jSt
lermfcrs^ afiaipi'en cas de sortie, les troupes de k parallèle, après aveir, de dessus la banquette, lait essuyer de loin leur feu à reonemi , puissent , lonqu*il est proche, se former promptCBient en bataille sur ce reters, au devant duquel TexcaTation de la tranchée leur sert de fossé, et son parapet d'une sorte de chemin oouTert ou glacis qui les couvre encore à mi-cgrps. MaisilesC ten^dere-prendre le fil des opérations de Tassiégeant.
Nous rayons laissé occupé de rouverture de sa pre<flûëre parallèle ( t) et des bojnn de communication quî^ des dépôts , doivent y ocmduire à eouTerl. U y travaille •tonte la nuit \ et chaque trwailknr pourvofunt à sa peu* pue sûreté , à mesure qu'il s^enfbnœ , et qu il âève au- ^deiunt de lui le parapet de la tranchée, le travail avance fort dans le courant de la nuit , mais s«ds qu^on y observe une certakie régulante 'OU perfection qu'il sera fiK^ile de lui donner au jour. Dis que oeIui*cî purait, Jes tronipes ^i ont cimvert le travail se retirent dans la parallèle que 4es travaflleurs de nuit continuent i perfectionner, jus- 'qu'à ee que ceux de jour viennent les relever. Ces dcr^ users doivou apporter au moins diacim deux fesdnes, -pour oonlinner à en garnir et fortifier le talus intérieur 'duiparapet .de la trandiée (a).
-On est dans l'usage de tracer la première parallèle k 3oo toises de la place , sans doute à cause qu'à cette distance on n'a rien du tout à craindre du feu de sa mous-
(2) On se ^peiiMle plus sourent, je dois en conrenir, de cette précaution , tonte légère et fadle qu'elle soit , parce qu'dle coûte des fascinés. Mais qa'on songe donc qu'elle épargne des hommes !
iSl R$SAI Qk«àKAL DE FORTmCATIOlf.
ouelerte* ei que peu de son artillerie chargée à cartouelica. P^ut-ètre aussi la crainte d*ètre entendu , en ouvrant la tranchée de plus près, a-t-elle part i cette fixation asses généralement adoptée, mais cependant sans s^ astreindre scrupuleusement ^ au contraire , on a soin d'avancer ou de reculer tsertaines portions de la parallèle ^ autant que le demande le* terrain dont il faut faire en sorte de lui faire toujours occuper les sommités ou , au moins , les points d'où le terrain en avant puisse être parfaitement découvert , et le plus loin piossihle ] autrement cette place d'armes protégerait mal par son feu le ^heminenunt qtd doit se faire en avant d'elle , et se défendrait mal elle-même contre les sorties qui en approcheraient de trop près , sans en essuyer le fisu, et sans même en être vues (i).
Pendant le jour qui suit l'ouverture de la tranchée, on doit marquer dans la parallèle les points où la rencontrent les prolongemens de toutes les faces des ouvrages de la place , qui peuvent avoir quelque action sur les attaques , afin d'établir sur ces prolongemens des batteries à ricochet (a) qui , enfilant toutes ces faces, en éteignent en grande partie les feux. C'est diaprés cette considération qu'on doit avoir fixé l'étendue de la première parallèle, en sorte qu'elle embrasse tous ces ouvrages quelque
(1) On a souvent, nous le sarons, ouvert la tranchée , et place la première parallèle beaucoup plus près de la place que nous ne le £msonsici; mais c'est qu'on ëtait farorise' par quelque circonstance extraordinaire que nous n'avons pas dû supposer, telle qu'un fond à coU' vert des feux , et même des vues de la place , en approchant à une distance beaucoup moîndreque 300 toises.
(2) Plaacli. I.fig. S.