LIV. I. CHAP. II. lS
écartés qu'ils soient , et que celles de leurs (aces qui peu-» Yent tirer sur le cheminement des attaques , inennent la couper par leurs prolougemens. On termine et Ton recouvre cette étendue, à chacune de ses'ifcxtrémités , pav une partie en retour de. quelques i5 ou fto toises , qui , toujours défilée ( i ) de la place , mais dans un sens opposé à celui dont Test la parallèle , empêche que celle^i ne soit tournée par les sorties , avec trop de facilité. On peut aussi, dans le même endroit, construire- une petite re-^ doute (!%), dans la ^ue d'assurer contre les mêmes sorties Textrémité de la parallèle. Cest même une mesure in^ dispensable quand on a affaire à une forte garnison.
On peut, et même on doit dans la nuit suivante, eu achevant de perfectionner par un petit nombre de travailleurs la première parallèle , dans les endroits %à elle en a encore besoin , entamer à la fois les boyaux de commu-^ nication à la deuxième parallèle, et les batteries a rico-< chet. Je sais bien que beaucoup d'artilleurs pensent que ces dernières ne doivent être placées qu'à la deuxième parallèle , attendu: qu'elles j sont d'un effet bien plus sAr, et que d' ailleurs si, construites en arrière de cette deuxième parallèle , elles viennent à en être masquées , c'est un ouvrage à recommencer au moment où il vient d'être fini , et que c'est bien assez de faire une fois ce travail , dont le péril et la peine sont en entier pour les artilleurs. Cette dernière raison est la véritable ^ car, lorsque la première parallèle est tellement située que les batteries qu'on y
(1) C'est-à-dire , point et^fitée , ou prii« dans le leof dt ta longueui; par le feu de rennomi.
(2) Planch. 6.
]34 Bêbxi cànàBÀi. bx vobtimgation.
place ne peuvent être masquées , et qu*en eonséqtienee elles doivent y rester )usq;u'à la fin du siège, il nj a jdu» de difficultés, et Ton y établit d^un coBimun accard lea batteries k ricocifet , dont Teffet, quoique moins sûr, est cependant loueurs asse» grand p6ur ^Ufoinuer d'abord , et à la longue éteindre à peu ^ès tous les feuic des dé^ fenses de k place.^
Quoi quil en soit, eomme Tunique but des batteries à ricochet est de faciliter la marebe des^ attaques , en oombattant et diminuant , par leur feu , celui de la place , on ne peut employer trop tôt ces batteries ^ du moment qu elles peuvent Tètre avec quelque finût« En eonsë* quence , k moins que les eiUplacemens que lew offire la première pardllèle ne soient tous désavaaitageux , ou &e doivent toiiA être masqués par la deuxième , c'est dans la première qu'on doit les établir tous d'abord. Le feu de la place plus tôt combattu , en sera plus tôt réduit , et la deuxième parallèle s'établira avec moins de perte.
Si l'empldcement d'une batterie parait moins avAnta^ geux dans la parallèle que debors , soit en avant , soit en arrière , il ne faudra pas bésiter à la mettre à sa véiitable place. Si c'est eft avant (i), on la liera à k parallèle par deux boyaux dé communication ) si c'est en arrière , on y communiquera par quelque boyau particulier « et si e'est dans k parallèle) on fera par derrière, unecommu-» itication entre les deux parties de la parallèle , que k batterie sé|iarera l'une de l'autre.
Pour tracer une batterie à ricochet (a), après avoir fixé
(1) Planch. 1, fig. 3.
(2) Planch. 7.
« Liv. u ciAr. II. lia
sur le lemdn | par deux fnqueu , le prolongement de la (ace d' ouvrage qu'on veul enfiler, on y mènera une pa* rallèle, i la distance dont la crête du parapet de cet ott<^ Trage doit être ëlmgnée de sa ligne magistrale^ ou du sommet de son talus extérieur» suivant qiie ce sera Tune ou Tautre de ces lignes qui aura servi à donner le prolongement. On tracera le front de la batterie perpendicidaire i celte parallèle, en dedans de laquelle ^ relativement à la place , seront placés tous les canons , à 1 5 ou 1 8 pieds les «na des autres , de milieu en milieu» Le premier étant placé sur le prolongement exact de la crête du parapet, les autres suivront à la dislance convenue, jusqu'à œ qu'on ait dépassé la largeur du terrc-plein du rempart de la (ace qu'on veut ricocher (i) , d'un ou de deux canons, ou même d'un plus grand nombre , en ajant attention de faire tant soit peu converger le tir de ces derniers avec celui des premiera. Si l'escarpe de la place est en terre et fraisée , on placera , en dehora du prolongement de la crête du parapet, quelque canon, pour que cette fraise puisse en être enfilée et détruite.
Si Ton peut prendre le prolongement exact du chemin couvert de la face contre laquelle on établit la batterie , on le marquera sur le terrain par deux piquets , et l'on en agira , i l'égard de ce prolongement comme à l'égard de l'autre.
Si l'on ne voit point la pointe des palissades assez di»* tinctement pour prendre le prolongement du chemin coo»
(I] L^analogie voudrait qu'on dît n'cocAtfléf, mais l'usage, plus for^ ^ue toutes les règles ^ a fait de ricocher un mot technique , quand il «cr. question des ncochels du. canon.
l56 ESSAI GÈtlihAL Dh FOBTiFiCATiaK.
vert qu^elles bordent , on le trouvera toujours en estimant la laideur du fossé et celle du chemin couvert , on tracera ce prolongement parallèlement au premier (i), si l'ouvrage à ricocher est une demi-lune, contre-garde, etc. ; et on lexapprochera eu. le faisant converger avec celui du rempart , si l'ouvrage à ricocher est un bastion.
L'intervalle qui restera entre les canons destinés à battre à ricochet le rempart et ceux employés contre le chemin couvert , sera rempli par des mortiers qu'on dirigera de manière à fieiire tomber leurs bombes sur la face ricochéep ou dans Tintérieur de Touvrage auquel elle appartient.
Les prolongemens ayant été pris de )our, la batterie se trace à Tentrée de la nuit^ et Fon eu commence le travail par poser en dehors du bord extérieur de son fossé (a), un rang de gabions qui , remplis sur-le-*champ de terre ^ serviront , avec celle qu'on jette eu avant , à couvrir tout le travail. Cela fait , on continue à cxcaver le fossé, en en jetant les terres vers Tintérieiu* de la batterie , pour en former le parapet , qu'on fait plein jusqu'à hauteur de la genouillère , ou du dessous de la volée du canon posé sur son affût. On revêt ce parapet intérieurement en taucie» sons ou grosses fascines de 1 8 pieds de long et d'environ un pied de diamètre , formées de brins choisis et liées de fortes harts de pied en pied. Parvenu à la hauteur de la genouillère , on trace les embrasures , en leur donnant a pieds d'ouverture seulement vers le dedans de la batterie , et 9 pieds à l'extrémité de. leur parapet de i8 pieds
(1) PlancL. 1, fig. 3.
(2) Vlanch. 7.