LIT. I. CHAP. II
d'épaisseur. On refët également en saacissons , les joues ou côtés de ces embrasures , et Ton remplit de terre bien battue , rînterralle d'une embrasure à Taulre qu*on nomme merlan. On tient l'ouverture des embrasures masquée par des gabions remplis de terre , jusqu'au moment de faire jouer la batterie , dont le parapet, parvenu à 7 peds de baut , est fini , et s'acbéve plein aux batteries de mortiers et d'obusiers, qui n'ont pas besoin d'embrasures. B ne faudra pas , aussitôt qu'une batterie sera acbeyëe et armée de son canon , se bfiter de la faire tirer, sans attendre \es auvres \ on s'exposerait , par là , à la faire détruire. Elle attirerait siu* elle tout le feu de la place , que n'en ne contrarierait, et qui conséquemment Jouirait de toute la Tivadté et de toute la justesse dont il serait susceptible , au b'eu qu'en ouvrant le feu de toutes les batteries i ricocbet a la fois , toute TartiUerie de la place , attaquée i la fins en tète et en rouage (i), ne peut agir
(I) « L'objet de ces batteries doit être double ; taToîr, de démonter 1^ canon qm est derant tous , et d'éteindre le feu de renncmi , en le cbasnnt de ses défenses. Ponr cet effet » 3 n'est point nécessaire de placer f os batteries différemment ; si elles se troQyent bien pour l'un, elles se trowcTont Hen ponr l'autre.
« Quand ii ne s'agira que de démonter le canon ennemi , ou pourra » battre à pleine charge ; mais aussitôt qu'il sera démonté , il fiiut » battre en rieocbets.
» Les propiiélét de ces batteries dans le commencement d'un aiége
» sont, i* de démonter promptement les pièces en barbettes et toutes
» les autres pièces montées le long des faces des bastions et demi-lunes
> qui penrcnt incommoder la tranchée, en battant à plèbe charge ; S*
» de chasKT Fcmiemi des défenses de la place opposées aux attaques ,
• en luttant â ricochet. »
Je transcris ici ces passages de V attaque des piacet de f^auban , pour arertir qae les batteries à ricochet ne sont rien moins que bornées à
l3S ESSAI G^NiftAL ]»B FOBTIFIGATION.
avec la même sécurité et la même précision, et, deplu& divise son action , en la portant naturellement de chacune de ses parties vers celle des batteries assiégeantes , ou qui en est le plus à portée « ou dont le feu l'incommode le plus.
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cette manière de tirer; maïs que leur objet eti double, et qu'elles satisfont à l'un comme à l'autre; parce que la batterie qui, par .exemple ^ enfile et bat A ricochet )â Ut<ié gaocbe d'iiki ouvrage , est également propre à battre de plem fottet et a en démonter la face droite » ei r^cU proquement.
Bcstent à déterminer les cas où îi est plus ayantagcux d'employer l'une ou l'antre manière de tirer, et où le canon de l'assiëgé sera plus tdt démonté par des coups d'embrasures que par des coups à ricocbets «% d'enâlade. Gela dépend de la distance où l'on est de la £ice d'ouvrage ou autre ligne de fortification à démonter de plein fouet , et de la longueur de la ligne à enfiler et à ricocber. Plus elle est longue » f Jus il y a d'Avantage à emplojrer contré efle les tin d'enfilade et k ricochets^ plus elle est courte et près de la batterie qui la bat du-èctement, plus la tir de plein fouet et è démonter est préférable à celui à ricochets. Sans nous fivrer a de plus longs détails , qu'il suffise de savoir qu'a la distance d'environ 300 toises, l'une et l'autre manières de tirer ont unefi*(t à peu près égal sur des lignes longues de 50 a 60 toises, telles que le sont les faces des bastions et demi-lunes de là fortification actuelle.
Mais quelles conséquences pratiques y a<t-il à tirer de tout ceci ?. C'est qu'il faut, 1» ne point éloigner vos batteries de plus de 300 à 820 toises de Tobjet qu'elles ont à battre » à moins d'y être absolument forcé ; 2^ réunir de jour l'effet du plein fouet à celui du ricochet , contre les faces d'ouvrages qu'il vous importe le plus de démonter, c'estnà-dirc, contre celles qui font face à votre attaque, en vous contentant d'inquiéter les autres par quelques ricochets seulement ; 3* tirer de nuit à ricochet de toutes vos batteries , tant pour troubler l'assiégé dans la réparation qu'il ne manquera pas de faire des siennes, que pour l'empêcher d'élever des traverses , qui nuiraient par la suite à l'effet de vos ricochets. ( Ce point sera d'autant moins contesté par les partisans du tir de plein fouet, que la nuit le réduit a l'inaction la plus absolue) ; 4" enfin , quand vous aurez par vos coups de plein fouet ruiné les embrasures de l'assiégé au point de le forcer à en retirer son
Il est recoQQU qu'une bausrie à ricochet ptut èlte coDstruite et mise en eut de tirer dam 36 heures ; c'est- «•-dire » dans deux nuits et un jour ^ mais au moins peuton être assuré que toutes doivent être en état de tin» dam le courant du deuxiime jour. Et c'est une nécessité d'où* vrir de jour le feu de ces batteries \ car il faut atoir le temps d'obserrer im nombre assez considérable de coupa pour pouvoir déterminer la charge et le degré d'élévation qui conviennent à chaque pièce. Cela fait, on fixe la di« rection que celte pièce doit constamment conserver par des lambourdes clouées sur sa plate-forme , tout le long de son rouage, et par une marque ou eocAe assez sensible pour être reconnue de nuit, faite à rendroH le long duquel doit poser la crosse de son aflïku Au moyen de ces précautions, on tire de ces batteries avec autant de justesse de nuit que de jour.
Si , de quelques parties le la fortification On reçoit un
ârtfllerie (ce qui est une aflaîre de deux ou trois jours), ne plus tirer qfÊL^k ricôcbet y a moins <iu*il ne s'Agisse dé dânonter (joelque pièce que V«sfîégé rétablirait dans un angle on adosiarail à une traverse denrièM laquelle cette pièce serait iè*iâ>ri de tos ricochets.
Kn un mot , hors le cas unique de ruiner des embrasures , le tir à ri- .cochets, qn d'ailleurs peut s'exercer pendant toute la dur^e du si^e» «ut cbanger de batterie*, ce 4|as ne p«atla tir àm pleitt Ibuet, embrane tous Ica objets que VaasîëgMDt peut se propeaer de l'usage d» son artillerie , et n'en peut manquer un , qu'il n'en atteigne presque fox^ cernent quelque autre. Ces objets, selon Vauban , sont, 1^ « de plonger les fossés , j couper les communications de la place aux dem»-lunes, principalement t'ik soat pleins d'ean ; 2^ de chassar l'eraiemi des clwlains couverts , et de l'y tellement tourmenter par la mptore des pa« lissades, en les plongeant d'un bout a l'autre, que l'ennemi soitibrce de les abandonner; 8* de prendre le derrière des flancs et des courtines qui peuvent s'opposer par leufs fenx ans passages d?8 fossés, et rendre leur communication inutile. » [j^Uaquê deê piaut,)
l4o £59AI G^IfÂAAL DB FOATIFI CATION.
feu de canon que les batteries a ricochet ne puissent combattre, on doit établir contre ces parties , non seulement' des batteries de mortiers , mais encore de canons tirant de pkinfmjiu, c'est-à-dire directement; et, pour ces dernières , on aura soin de choisir des emplacemens avantageux et élevés , d'où Ton découvre le plus possible de ce que Ton doit battre , et d^où Von puisse, s*il se peut , continuer à tirer par-dessus Ifes travaux en avant , pendant au moins une grande partie du siège.
Pendant les deux nuits de la construction des batteries à ricochet, Tassiégeautdoit travailler lentement à pousser ses boyaux de communication delà première à la deuxième parallèle : ce travail est exactement le même que celui que nous avons décrit, en parlant des communications k la première parallèle. Nous ajouterons seulement ici une chose que nous avons omise; c'est que, tant pour constater la distance exacte de hi place à laquelle on parvient chaque nuit , que pour servir a régler et i rectifierle tracé de ce qui doit être fait la nuit suivante ,. on doit , chaque matin, lever exactement, du dedans de la tranchée, le travail de la nuit précédente , et le porter surle-champ sur h plan directeur d^ attaques.
On doit s'attendre que Tennemi dirigera perpétuellement le feu le plus vif sur ce travail pour le troubler, et que quelquefois il essayera de Tinterrompre par des sorties ; et , comme il est naturel que des gens sans armes prennent la fuite aussitôt qu ils se voient près d'être joints, par des hommes armés , il suffira à Tassîégé de faire de^ petites sorties répétées plusieurs fois dans la nuit , pour en faire manquer tout le travail à l'assiégeant. Poiu* empêcher cet effet fâcheux , on fait soutenir ou plutôt couvrir les travailleurs par des détachemens de grena-
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•dicrs (i), qui se placent ?eDtre à terre en avant et sur les âancs du travail , et qui , éclaires et avertis par de petits postes avancés , ne se lèvent qu*«u moment de s^opposer i la sortie. Si la sortie est forte et de nature à n être point repoussée par ces détachemens , ils se retirent, ainsi que les travailleurs, dans la parallèle, d^où Ton fSût, de toutes parts , feu sifr la sortie , tandis qu'on tAcbe de la prendre eu flsnc et de la couper de la place*
Cette dernière opération est particulièrement affectée à la cavalerie de Tassiégeant* 11 doit y en avoir jour et nuit une division de chaque c6té de la première parallèle , postée à l'abri de quelque hauteur, ou, è défaut de hauteur, d'un épaulemcnt de 8 pieds de haut (%) qu'on lui aura élevé en même temps que cette parallèle. C'est de là que , quand cette cavalerie juge la sortie engagée assez avant , elle part pour se placer entre la place et cette sortie , et la prendre à dos , tandis que l'infanterie postée aux extrémités de la parallèle , se forme sur le revers de cette dernière , et marche diligemment pour prei»dre en fiUnc la même sortie, laquelle, en attendant, continue à essuyer de front le' feu de la parallèle. Il est impossible , si la cavalerie assiégeante manœuvre avec intelligence et audace , qu'elle ne dégoûte promptement l'assiégé de faire des sorties.
Tout ce que l'assiégeant aura pu faire pendant les deux nuits de la construction des batteries à ricochet, aura été de parvenir à peu de distance de la position où doit être établie la deuxième parallèle , dont il n'entreprendra la
(1) PUnch. S, fig. I. (2} Pianch. 8, fig. 1 et 2.
l4s B$9AI QknifiA% PB yOBTiPlGATlOfr.
coostmction que , quand ces batteries bien en train de jouer, âurout déjà produit quelqve effet. G est i i5o oit 160 toises , plus ou moins , des saillans du cheoiiii cou* ▼ert , qu'on trace cette parallèle , en loi cbmsissant le ter« rain le plus avantageux et en Ty pliant. Elle doit être comprise entre les mêmes limites que la première parai« ièle , r*est-à-df » embrassa les prolongemens de tous les ouvrages qui af^ssent sur FalUque , si elle doit, à ses ex-» trémit^ , coniemr des batteries à ricochet contre eux ^ si, au contraire, elle n*«ndoit pas contenir, «t que ces batteries sMent sur la premièriB parallèle , éAe ne doit s'4^ tendre que de manière k ne paa les masquer. 0>mme , A la distance o4 on Texécute , le £bu de la mousqueterie peut déjà produire tout son effiat , on se sert, pour k 00ns* truire , de gabiom ou paniers 'sans fond (i), de a -peds de diamètre et dé 3 pieds de baïK. Ces paniers faits de Imns de bois (lexibles , quoique d^un pouce au plus de diamètre , parent , même à vide , tant soit peu le coup ^le ^uil , et le parent U>ut4'^fait quand » au bout de quelques minules, on les a remplis de terre. On les pose i c6ié Tun-de Tautre prfcs-à«-près. Puis, quand ils sout remplis, on les affermit et lie ensend>le par des fascines , qu'on pose en long par^leatus, et dans lesquelles on fiiit entrer les pointes des piquets des gabions qui , pour cet effet , «n doivent dépasser le clajonnaged'un demi-ped.
On part4onc du dép6t avec autant de travaillem^ qu^H y a de gaâ>ions à poser. Chacun dWx (2) en porte |in , avec une fascine et un outil , alternativement pelle et
(I) Planch. 9. fig. 3.
(î) Flaoch. 0, fig. 1.