‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 28 sur 170 · LIT..I. CHAP. II · texte numérisé non relu

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dans Vautre méthode* On ne serait pas non plus dispensé des contre-batteries destinées à imposer aux mêmes flancs , pendant le travail du passage du fossé , et pendant l'assaut.

Quand les passages de fossé ont joint le pied des briehesy on peut, à la rigueur, donner sur-le-champ Tassant; mais il est mieux d^attendre que quelques précautions préliminaires soient prises. Voici en quoi elles consistent. On fait tirer les batteries contre le haut de la brèche, tant pour Vécrèter et Taplanir, que pour empêcher Tassîégé de s*y présenter, tandis que quelques sapeurs assiégeans , écartant les débris de murs qui ont roulé au pied de cette brèche, en adoticissent la montée, et, en se coulant le long de celui de ses bords le plus rapproché du flanc qui la défend, parviennent jusque vers son sommet, d*où, à rentrée de la nuit, ou à la pointe du jour, on reconnaît le terrain de Tassant , et s'il y a, ou non, quelque retranchement derrière la brèche.

S'il n'y a pas de retranchement^ il est rare que Tassiégé attende Tévénement de Tassaut , et ne rende pas la place , du moment où il voit des brèches praticables ] et, s'il y a des retranchemens , ils ne lui servent d'ordinaire , quand il voit T assiégeant logé sur le haut de la brèche, qu'à obtenir une capitulation honorable. Quoi qu'il en seit , l'assiégeant , sans lui faire de nouvelles sommations , qui ne seraient alors qu'un avertissement de prendre garde à lui , ne doit pas balancer, du moment que les brèches ont été reconnues praticables , d'y donner Tassaut, avant que l'assiégé le soupçonne d'être en état de le faire.

Pour diviser les forces de l'assiégé , et pour multiplier les chances de réussir, on donnera Tassaut à toutes les

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brèches à la fois, quoiqu'il suflise de le donnera iitie seule , pour emporter la place. Si jusqu^ alors on a pu sd passer de prendre la demi4une , on attendra ce moment, pour y donner aussi Vassaut, en même temps qu'aux bas-^ tions. Pour distraire Tattention de l'assiégé des mouvemens qui le menacent^ on fera feu sur lui de toutes les batteries ^ jusqu'au moment de l'assaut, et même les c(knlrc«batteries des flancs dû front d*attaque devront continuer à jouer par* dessus la tète des assaillans, tandis qu'ils traverseront le fossé, et jusqu'à ce qu'iU soient en f(Hrce au haut des brèches.

S'il a été Reconnu que l'assiégé n'a pas de retranche^ mens intérieurs, on se disposera à donner Tassant aux brèches du corps de place , avec lé plus de troupes, et de troupes d'élite, qu'il sera possible d'en faire agir à la fois sans confusion. On les rassemblera de nuit , et le plus secrètement possible, dans les tranchées (i) en ar-* rière des descentes de fossé , puis on j en fer& descendre et placer sans bruit tout autant que l'épaulement en pourra mettre à couvert. Enfin , au moment convenu ^ on formera au pied de la brèche la troupe qui devra faire la tète de la colonne; cette première .troupe, en mon^ tant , fera place à une seconde , qui se formera sur le tnème terrain , et ainsi de suite , sans interruption » jusqu'à ce que toutes les troupes qui doivent passer par la même brèche , soient entrées dans la place. La première troupe montée, soit qu'elle trouve et charge l'ennemi , soit qu'elle ne le trouve pas, ou qu'elle le surprenne et le mette en fuite, pousse droit en avant jusque sur le

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boi-d du talus intérieur du rempart , et y prend poète* Les premières d^entre les suiyantes viennent se placer i côté d'elle « pour former un front capable de couvrir et de protéger Tentrée du reste de la' colonne , qui alors dé-^ file â droite et à gauche derrière ces premières troupes , et se porte, par les remparts, aux différens postes, et surtout aux portes , dont elle s'empare et qu'elle ouvre i la cavalerie assiégeante tenue en mesure d'en profiter* Eji un mot^ on doit mettre tous ses soins à faire constamment de ses troupes un usage régulier, et i continuer d'occuper le soldat de dispositions militaires j afin que, si l'on ne peut entièrement le contenir relativement au pillage, au moins il ne s'y livre que le plus Urd possible , et que quand il n'y. aura plus de résisUnee i craindre» Car si , sans faire aucunes dispositions, on le laissait s'abandonner au pillage à l'insunt où il entre dans la place , l'ennemi pourrait , le surprenant dans ce désordre, le charger dans les rues, et le ramener battant par le même chemin par lequel il serait venu.

Les troupes commandées pour l'assaut de la demi* lune , doivent avoir Tordre d'en charger la garde lé plus vivement possible , et de la suivre de même par la ca* ponnière , pour essayer d'entrer avec elle dans la place par la poterne sous la courtine , ou au moins , pour aug^ menter, par cette tentative , l'alarme et le désordre de l'assiégé.

Si le fossé est plein d'eau , cette dernière tentative ne pourra , à la vérité , avoir lieu, mais l'assaut i là derair lune, simultané à celui des bastions, sera toujours utile, même dans ce cas , pour empêcher les défenseurs de la demi -lune de tirer au revers des brèches du corps de place , au moment ou l'on y donne l'assaut.

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S*U a été reconnu des retranchemens derrière les brèches y on D*7 fera pas donner Tassant , ou Ton ne le fera donner que par une petite troupe suffisante pour déposter le faible déuchement que Tennemi pourrait avoir en de-* hors de son reiranchenient ; et , dans ce dernier cas , on ferait à la sape yolante , pendant cette petite attaque, un logement qui se porterait jusque sur la contrescarpe du retranchementi ou qiu, an moins, en Terrait le débouché, pour empêcher Tassiégé d'en sortir et d'inquiéter Tassié* géant logé au haut de la brèche. Dans le cas plus ordi-* naire , où Tassiégé ne tiendrait plus personne en dehors de ses retranchemens, Tassiégeant, après avoir couronné le revers de la brèche par un logement , en déboucherait i la sape pleine , pour s'avancer jusqu'à la. contrescarpe du retranchement , et y établir un logement, peut-être même la couronner plus on moins complètement. Cette opération &ite par l'une ou l'autre méthode , sur le choix et l'à-propos desquelles on peut se déterminer par des considérations analogues à celles que nous avons exposées au sujet des attaques de vive force ou pied à pied du chemin couvert , on sera k portée d'examiner de quelle manière il convient d'attaquer le retranchement, et de se décider d'après celle dont il est construit. S'il est re« vêtu en maçonnerie , il faudra 7 faire brèche , soit par le canon , soit par la mine^ et le dernier sera préférable pour éviter l'embarras de guinder du gros canon au 'travers de la brèche jusqu'au haut du rempart , ce qui pour^ tant, si l'on est obligé d'en passer par là, se fera en le démontant , et au moyen de machines. Si le retranchement est en terre et fraisé , il suffiia d'y amener quelque artillerie légère , et de préférence quelque obusier qui , s'il peut surtout être placé dans le prolongement de

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celte fraise , Taiira bientôt détruite* Si le retranchement n est qo^en poutrelles , il sera également détruit en peu de temps par du canon léger et des obusiers. Mais , dans tous les cas, pour peu que Tafiaire soit de discussion , et en attendant que cette artillerie soit . en batterie, on doit se bâter de garnir le couronnement, tant de la brèche du corps de place que de la contrescarpe du retranchement , de petits mortiers à grenades et de pierriers légers, qui faciles à transporter et à mettre en action sans préliminaires , contrarieront le feu du retranchement , lequel , sans cela , serait trop meurtrier.

Je ne dois pas ayoir besoin de dire que, si le retranchement est mal fait, s'il a des -pskrties martes , c'esvâ-dire nuUement flanquées , il n'y faudra pas faire tant de façons, et l'emporter de vive force , soit par escalade , soit en coupant la fraise k coups de hache, soit en If franchissant sans cérémonie, s'il n'est pas fraisé. De quelque manière qu'on 7 donne l'assaut , tout ce que nous ayons dit relativement au dispositif de l'assaut des brèches du corps de place lui est applicable , et n'a pas besoin d'être répété.

. Les lecteurs instruits auront pu s'impatienter de la longueur de ce chapitre; mais )e m'en consolerai, si ceux pour qui la matière est neuve , la trouvent traitée de manière à leur présenter une image nette de l'attaque d'une place de guerre » et à leur donner des idées claires des principales opérations dont elle se compose. Si , malgré mes efibrts, j'ai manqué ce but, ou n'y ai réussi qu'imparfaitement, j'invite ceux qui ne m'auront pas parfaitement compris , i me rdire de npuveau avec quelque attention. Elle pourra leur épargner de la fatigue à I. la

1^8 B6SAI «ÊtlikEAL »£ rOBTlFICATIOIf.

me snivre dms ee qui me reste à leur dire : car j atom me j'ai cru devoir ici être prolixe, pour avoir le droit d*ètre désormaîa bref et concis avec des lecteurs qui doréoftVftnt doivent ia*etuendve ^ pour ainsi dire^ A demi-

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