‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 32 sur 170 · LIV. I. GHAP. iir. &o · texte numérisé non relu

LIV. I. GHAP. iir. &o

preuve de la balle » et il serait absurde d'en prétendre davantage.

Il est encore d^ autres travaux qui n'ont , pour leur exécution , poÎDt d*époque déterminée : tels sont les repaississeoiéns de parapets, quMl faut que Tasaiégé fasse partout où le canon ennemi , détruisant plus ou moins de leurs bases , menace de les réduire à une épaisseur trop faible , pour qu'ensuite ils puissent eh soutenir constamment les coups. Il faut être très'^oîgneux et tràs*attentif à entreprendre à temps ce travail , et ne pas attendre , s'il est possible , que le mal soit fait , pour le réparer ; mais au contraire , s'attacber à le prévenir, ou au moins à y remédier à mesure qu'il s'opère. De cette manière, l'ennemi ne gagnera rien sur vous , et aura beau battre et amincir vos défenses par le dehors t^ si aussi prompt que lui , vous les répaississez en même temps, et d'autant, par le dedans. C'est le moyen, d'ailleurs, d'exécuter sans risque ce travail • qui se fait avec facilité en reculant le talus intérieur d'autant qu'on prévoit que l'extérieur va reculer par éboulement , en revêtant de fascines ce nouveau talus intérieur, et en remblayant à mesure , l'espace compris entre ce nouveau talus et Tancien , avec de la terre frauebebien battue.

Pendant que l'assiégé est occupé de ces travaux , il ne néglige point de combattre par son feu et par des sorties , les batteries et les approches de l'assiégeant. Nous ne répéterons pas ce que nous avons déjà dît à ces deux égards, si ce n'est que, lorsque les batteries jouent, la marche de l'assiégé doit être la même à leur égard , que lorsqu'il en a voulu contrarier la construction 5 c'est-à-dire qu'il doit, sans négliger d'inquiéter tant soit peu chacune d'elles, réunir le plus de feu qu'il pourra conlrc'une seule, jusqu'à

So4 ESSAI GtoànAL BS FORTIFICATION.

ce qu'il parvienne à la dëmonter, pour, de là, pàsser^uo* cessivement aux autres , et tâcher de les traiter tour à tour toutes de même.

Quant aux sorties, il &ut, pour que rëunemi s'y faabitaç «t se blase » pour ainsi dire , sur leur e&t , ne pas cesser d'en faire chaque nuit plusieurs petites, jusqu'à ce que Fassiégeant en soit à rétablissement de sa deuxième parallèle. Alors , si Ton peut le prendre sur le temps de ce travail , soit qu'on Tait aperçu à l'aide de quelque pot à feu, soit qu'on en ait été averti par les petites sorties accoutumées , on fera sur lui , des ouvrages de la pUce , un feu d'artillerie à cartouches , et du chemin couvert , un feu de mousqueterie , les plus Tifs qu'on pourra, peu-» dant les premières heures de la nuit -, puis, vers les der-» nières (i), on lui fera une grande sortie qui , parUnt des trois ou quatre places d'aitnes rentrantes du chemin couvert les plus à portée , à la fois , se portera résolument à lui , jusque sur le terrain où il construit sa deuxième parallèle, que des travailleurs venus à la suite de chacune des colonnes delà sortie, détruiront et combleront en beaucoup moins de temps qu'il n'en aura mis à l'ébau** cher. Au jour, ou plus tôt, soit qu'on y soit forcé, soit que le travail de l'assiégeant ait pu être totalement détruit avant qu'il paraisse , on se retirera dans ses places d'ar-^ mes rentrantes, protégé -par le canon des onvrages, et par la mousqueterie préparée des saillâns du chemin couvert.

Il faut s'attendre à ce que le lendemain le ti^vail de l'ennemi sera recommencé, et couvert par plus de monde.

(f) Handb. 18.

Liv. I. €IAP. m. loS

Le feu qu'oïl lui fefft essuyer en sera d'autant pins meurtrier. On se bornera à le redoubler, content d'avoir retardé l'assiégeant d*nne nuit. Les ntlits suivatites , tantôt on inquiétera par de petites sorties , tantôt on retardera par lie grandes , le cheminement des approches , en atta« quant les trois marches de zigzags, soit k la fois, soit successivement, mais toujours de manière qne, quand on fera une sortie , dans la vue de combler quelques travaux de l'assiégeant , on se réserve une durée de nuii assez longue, pour remplir complètement ce bat important.

Quand rennemî en sera venu à n'avancer plus qu'à la sape , il faut , de jour, s'attacher à en canonner tellement la tète , qu'on le force k n'oser la faire cheminer que de nuit ; et afin qu'il ne puisse récupérer t è temps perdu , en tentant , dans l'obscurité , d'âVancer k la sape volante, on fera sur lui un feu nourri de canon k cartouches et de mousqaeterie , éclairé par de fréquens et nombreux pots à feu, sans négliger de petites sorties d'hommes choisis, accompagnés de travailleurs de bonne volonté, qui renversant les gabions dans la fiape , détruiront en quelques minutes ce qui souvent lui dura coûté plusieurs heures , et quelquefois bien du sang.

C'est surtout la troisième parallèle dont Tassiégé doit s'attacher à contrarier l'établissement. Si l'on tente de l'exécuter à la sape volante, on lui damera beau jeu pour cela. Car ce travail se faisant trop près de la crête du chemin couvert, pour que l'assiégeant puisse interposer entre les travailleurs qui l'exécutent et cette crête, aucune troupe armée, on est sûr de le troubler par la moindre sortie qui pourra déboucher du chemin couvert , avec d'autant plus d'assurance. que leurs travailleurs

fi06 K6SAI GÉNÈBAL Dfi FORTIFICATION.

la pareront du feu qu'elle pourrait avoir à craindre , et que de derrière ces travailleurs , on n* osera même faire feu sur elle. D'ailleurs , ces sortes de sorties seront toujours sûres de leur effet , qui est de faire abandonner le travail, du moment quelles se montreront aux travailleurs assiégeans^ fatigués du feu meurtrier qui lem* est fait à couvert de si près.

Si cV^t à la sape pleine que la troisième parallèle s^exécute, on devra, pour faire des sorties sur elle, attendre qu'il y en ait dëjà quelques portions faites en tète de chaque boyau de communication (i). Alors on portera sur chacune de ces portions une sortie qui la bordera, se couvrira de son parapet , et se servira d'elle comme d'un fossé pour tenir derrière, pendant quelques instans, que des travailleurs mettront à profit pour en renverser les gabions , surtout vis-à-vis de Tissue de la communication en arrière.

Mais dès que Tassiégeaut, surmontant toutes ces difficultés , sera parvenu à achever sa troisième parallèle , l'assiégé doit tout disposer pour recevoir l'attaque que le premier peut , d'un moment à l'autre , faire de son chemin couvert. Pour cela, il garnira suffisamment les réduits ou tambours de ses places d'armes, tant rentrantes que saillantes , et donnera aux troupes qui bordent la crête de son chemin couvert, l'ordre de continuer le plus grand feu qu'elles pourront conti'e l'ennemi , jusqu'au moment où le voyant franchir sa parallèle , et se porter sur elles, elles se contenteront de lui faire une décharge, après laquelle elles se retireront diligemment derrière la

(0 Plancb. ]0.

Page 1