‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 33 sur 170 · LIV. I. GHAP. III. S · texte numérisé non relu

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deuxième palissade et les traverses ; de là elles feront le feu le plus vif, lequel pouiTa èire soutenu de tout celui de la place, attendu que, reculés à deux ou trois toises , les d^enseurs du chemin couvert n en masqueront plus autant la crête à ceux des remparts.

II est dJi&cîle deeoncevoir qu une attaque de vive force, attendue et soutenue delà sorte, puisse réussir. Ainsi, soit que Tennemi la tente , soit qu'il renonce à s^ emparer du chemin couvert par cette voie , Tassiégé devra songer aux moyens de le défendre contre une attaque faite pied à pied. S'il soutient celle-ci de sang-froid et avec fermeté, les cavaliers de tranchée ne lui feront abandonner que ses places d'armes saillantes , non compris leurs réduits-, et de derrière sa seconde palissade, ses traverses et surtout ses réduits, il fusillera à bout portant la tète des sapes qui couronneront le chemin couvert , qu'il n'abandonnera qu'à mesure que ce couronnement formé « plongeant successivement derrière la première palissade^ puis derrière la seconde et derrière chaque traverse , Yj forcera. Mais ses réduits de charpente, il les conservera jusqu'à ce que du canon amené dans 'le couronnement du chemin couvert, le force à les quitter ; car l'assiégeant ne poiu*ra les brûler par des feux d'artifice * si l'assiégé a eu la précaution de garnir de tôle ou de fer-blanc les madriers qui les for-ment » et d'en couvrir le toit ou auvent , avec des peaux de bêtes fraîchement écorchées.

Dès le 'moment où l'assiégeant se montre , par des cavaliers de tranchée et par les sapes de son couronnement, aunlessus de la crête du chemin couvert, l'assiégé doit le battre de nouveaux feux , en démasquant des embrasures biaises ouvertes dans sa courtine, pour tirer de cette partie intacte aux ricochets , par l'intervalle qui se

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trouve entre les épaules tles bastions et les entremîtes des faces de la demi^lune. Il en fera de même aux parties des courtines des fronts collatéraux, qui déoourrent quelque chose du couronnement, et en même temps il mettra dans la plus grande activité les batteries de ses flancs , sans attemdre qu* elles aient à combattre les oontre-batteries , car il est bien plus avantageux d'empêcher rétablissement de la contre-batterie , ainsi que celui des batteries de brèche , que de les détruire quand elles sont faites , et que ces batteries peuvent se défendre. K ce moment, dans lequel l'assiégeant étend ordinairement son couronnement de chemin couvert , de façon à masquer ses batteries à ricochet, avant d'y avoir substitué des contrebatteries , est saisi par Tartillerie assiégée , elle pourra le lui rendre très funeste , jeter ce dernier dans un grand embarras, et rejeter de bien loin le dénouement auquel il a cru toucher après tant de périls et de travaux.

Mais sMl surmonte ce dangereux obstacle , et qu'il parvienne i établir ses batteries y il faudra que Tassiégé s'attache de préférence , avec les siennes , à s'opposer aux descentes de ibssé , en rasant les traverses du chemin couvert , à la faveur desquelles l'assiégeant leur fait traverser ce même chemin couvert. Nous venons de voir que les ingénieurs français modernes avaient fait à cette petite partie de la fortificatioii un changement , dont l'avantage se faisait sentir dans la défense du chemin couvert , contre une attaque de vive force. Ils j en ont introduit un autre, dont l'intention est dirigée contre l'établissement des descentes de fossé. C'est de réduire toutes ces traverses du chemin couvert , à celles près des places d'armes ren« trantes qui ne peuvent servir à l'assiégeant, i rs peds d'épaisseur; épaisseur plus' que suffisante contre les ri-

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