‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 36 sur 170 · ESSAI GÉKÈRAL DE FORTIFICATION · texte numérisé non relu

ESSAI GÉKÈRAL DE FORTIFICATION

monter a Tassaut , dès rinslant que les brèches sont praticables. Cest ainsi que fut donné le fameux assaut de Berg^p-Zoom (1747) ^^ beaucoup d'autres ; et l'on ne peut se dissimuler que si l'assiégé n'a pu parvenir, en répaississant intérieurement les parapets de ses flancs , â y conserver au moins un feu de mousqueterie entretenu avee vigilance, l'assiégeant aura raison de brysquer ainsi Tassant, qui réussira d'autant mieux qu'on s'y attendra moins. Mais si le feu des flancs balayait le fossé , il serait imprudent d'y exposer une troupe pressée en masse , pendant tout le cours d'un assaut qui , s'il rencontrait une résistance de quelque durée , deviendrait à coup sûr fort meurtrier» et finirait vraisemblablement par manquer, par la solution de continuité qu'il y aurait , à la longue , au travers du fossé, dans la colonne assaillante. Ce passage de fossé sans épaulement ne peut d'ailleurs avoir lieu que contre une brèche qui n est pas retranchée ; car on ne peut l'entreprendre et y réussir que de nuit, par surprise. Mais au jour, logé sur le haut de la brèche , sans communication en arrière par laquelle il puisse lui venir du secours , sous le feu préparé du flanc , l'assiégeant y sera-t-il bien à son aise contre les sorties qu'on lui fera du retranchement ? Avant donc de tenter cet as« saut de surprise, il fera bien de faire monter jusqu'au haut de la brèche quelqu'un de brave et d'intelligent , sur le rapport duquel il puisse compter, afin de renoncer à cette entreprise , et de faire un épaulement au passage du fossé, dans le cas où il y aurait un retranchement derrière la brèche (i),

(1) D*aprè9 cette discussion , conveDons que , quand le fossé est sec , les retrandieineiis dans les bastions sont presque de nécessité absolue.

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Du moment que Tassiégé peut craindre un assaut , îl doit , pour le retarder, user de tous les moyens possibles, et entre autres du suivant : c'est d'allumer au pied de la brèche, au moyen de fagots et de fascines goudronnés^ an grand feu qu'il entretiendra soigneusement en y lançant continuellement des bûobes.

Mais enfin , ce moyen épuisa ou rendu vain par l'assiégeant qui , i l'aide de crocs peut déranger le bûcber ou l'éteindre à force d'eau , il faudra bien se décider à se rendre y ou songer à soutenir l'assaut. Si l'on a un retranchement derrière la brèche , on ne risquera rien en prenant ce dernier parti ; mais , pour ne point y perdre trop de monde , et en tuer cependant le plus possible à l'assiégeant, apris avoir parfaitement garni le retranchement , on ne tiendra sur la brèche en arrière et sar ses^ flancs , que de petits corps très-lestes qui auront dans le retranchement leur retraite préparée et assurée , et dont la missibn sera d'opposer une résistance du moment , mais assez vive et assez forte pour exciter toute la furie de l'assaillant , et lui en faire croire l'impulsion nécessaire. Leur prompte retraite alors doit laisser au feu préparé du retranchement , toute liberté d'agir et de rendre l'assaut d'autant plus meurtrier, que l'assiégeant aura mis plus d'ardeur à s^en lasser au haut de la brèche.

Si l'assiégé sansretranchemens croit devoir soutenir un assaut , il faudra qu'il soit perpétuellement prêt h prendre *]a disposition suivante, dont des sentinelles placées au haut de la brèche , sur ses flancs ou profils , lui donneront le signaL

Deux corps d'une certaine profondeur (i), abondam-

(1) Planch. %0.

Sl4 £SSAI «ilfifcBAL D£ FOATU^ICATIOll.

ment pourvus de grenades , se porteront sur les deux flancs de la brèche, d^oà leurs derniers rangs ne cesseront de laneer des grenades sur les assaillans » pendant qu^ils monteront j et leurs premiers rangs de les fusilier dèsqu^ils se montreront. Si^ nonobstant cette grèlede coups , ils parviennent i atteindre le haut de la brèche j ils 7 doivent être » à Tinstant , chargés en tète par un corps d^bonimes choisis pour la forcé sur toute la garnison ^ couverts d^aiioes défensives et armés d'armes de longueur, telles que hallebardes, pertuisanes et faulx emmanchées à rev^, par dessins la tète desquels les der^ niers rangs jetteront des grenades parmi les assaillans. La montée de la brèche soigneusement semée de ekauue^ trof^, à l'entrée de chaque nuit, ajoutera eneore a la diiGculté de surmonter un^ semblable résistance , pen«> dant laquelle tout le &a du flanc du bastion voisin se dirigera au pied et sur la rampe de la. brèche. Des corpa frais doivent être tenus tout prêts à soutenir les premiers, et à prendre leur place en cas que Fassaillant repoussé renouvelle Tassant , après quelque relâche.

On sent parfaî temeH t combien ici la partie est peu égale entre Tassiégeant et Fassiégé^ Le premier, s'il manque son assaut , en est quitte pour se retirer et pour recommencer avec de plus grandes forces , ou dans un moment plus favorable ; au lieu que Fassiégé , s'il succombe, court risque d'être passé au fil de Fépée; aussi neluî donneronsnous le conseil de soutenir l'assaut qu'au cas où la brèche* étant étroite et peu praticable, il y a toute sorte d'avan* tages à en disputer la montée \ ou bien lorsque l'ennemi ayant négligé de couvrir sou passage de fossé par un épaulement, on peut lui faire du flanc un feu meurtrier \ ee qui , en d'autres termes , signifie qu'il ne fiiut soutenir

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