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intérèl pour lui , est de savoir si , par le moyen d'un orîlloD, Tassiégé ne conserve pas un canon tirant au pied de la brèche , et dans la brèche même , au moment de Tassant ; parce que ce canon , qu'on ne peut contrebattre, voii sans être vu , ou, au moins, n'est vu que d'un lien d^où ron ne peut lui opposer de canon, ni nwme de mousqueterie. Sans donner donc à cette propriété de rorillon plus de valeur qu'elle n'en a véritablement , je ne vois guère qu'elle , de réel et d'effectif, dans tout ce que les auteurs de fortification nous débitent des propriétés des différens systèmes pour la défense du fossé, qui , comme on sait, est k peu près le seul point auquel se bornent leurs spéculations. Mais ne les imitons pas » et examinons quels avantages prend et donne le systèmi^ de Yauban , depuis le premier pas de l'attaque jusqu'au dernier.
U est clair, qu'ai usi que tous les autres systèmes, celui de Vauban est par lui-même , et lorsqu'aucune circonstance extérieure ne le seconde , complètement exposé au ricochet; et que , lorsque les prolongemens des faces de ses bastions et demi-lunes ne sont dingés, ni suivant le cours d'une rivière , ni dans le bassin d'une inondation , ni dans un marais impraticable, ni dans le fond d'une ^aUée, ni suivant un escarpement ou la pente rapide d'une hauteur, rien n'empêche que des batteries à ricochet n'y soient établies contre ces faces , et que les approches ne soient infiniment facilitées par leur action. Bemarquons cependant que les lignes de défense de ce système étant toutes rasantes (i) (*), et les bastions aussi
(1) Planch. 33.
( ' ) T/antenr fait ici un emploi des mote, lignes de ilcfensr ra vîntes ,
ib
«44 KS5ÀI GÉNÉRAL PR FÔRTmCÀTION.
obtus qu'il est possible qu*ils le soient , la première parallèle qui doit embrasser les prolongemeiis de ces lignes de défense ou feces de bastions , est la plus étendue possible ; et que les batteries à ricochet destinées à enCler ces feces , sont le plus rapprochées possible des fronts collatéraux, et le plus exposées, pr conséquent, à rartîUerie de ces fronts -, tandis que des lignes de défense fichantes et des bastions plus aigus seraient embrassés par une parallèle beaucoup plus courte , et enfilés par des batteries à ricochet , qui , sans être moins éloignées de leur but , seraient moins rapprochées des fronts collatéraux , et par conséquent* moins exposées à Faction de teur feu. Il y aurai t donc pour l'assiégeant , dans ce dernier cas, moins de travaux et de* périls, et moins d'hommes employés , soit a exécuter, soit à défendre ces travaux. C'est donc ici, à 3oo toises de la place , et à l'établissement de la première parallèle et des batteries à ricochet, qu'on trouve la vraie raison de la préférence à donner aux lignes de défense rasantes , qu'aucun auteur de livres de foiaification n'a su chercher
au-delà du fossé.
De U jusqu'à proximité du chemin couvert, rien de partîcvilier à remarquer dans la manière dont ce système s'oppose aux progrès des attaques, à moins qu'on ne veuille compter poinr quelque chose l'avantage de la por-
ijui pourrait induire en erreur ; car la défense n'est rasante que lorsque ees lignes sont perpendiculaires aux flancs. Or, dans le système de Vanban , Vangle qu'elles forment avec les flancs , est a^ et égal à
l?2lzl5!i££'r= 80* 46' 57", la perpendiculaire étant le siidème du frotat. M. de Bousmard fait plus loin, p. 248, cette distinction. Ed.
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tée à laquelle les faces de bastions obtus , et les branches de leur ebemiu couvert , tirant les unes et les autres perpendiculairement devant elles , atteindront les apprpches ; portée moindre , en effet , que celle des mêmes feux qui partiraient, toujours perpendiculairement, des faces plus obliques de bastions aigus » et des branches de leur chemin couvert. # ^
Arrivé k portée du chemin couvert, j'observe un défaut qui est commun à ce système et à tous ceux qui lui sont antérieurs. Cest que la demi-Iun A «par son peu dç saillie , nempêche point de couronner, en même temps que le sien , le chemin couvert des bastions. Les batteries de brèche contre ces bastions y peuvent également être établies^ et les brèches être faites à ces bastions avant la prise de la demi-lune ; en sorte que Tadduion de ce dehors (i) ainsi disposé, n'obligeant à aucune
(1) On appelle eu gênerai dehort, tous les ouvrages de fortification eiLte'Heurs au corps de la place. On les oppeMea^usA ouvragée estéri^urs, et.qaelquefois ouvrages avancés, etm^me ouvrages détachés. Cependant, 8*U est vrai qu'il n'y ait point dans notre langue , et dans aucune langue peut-être , de véritables synonymes , c'est surtout dans la langue des arts qu'il importe de n'en point laisser introduire la confusion. Je crois donc devoir avertir que l'usttge des hommes de l'art est d'appeler pri' vativement dehors, tout ouvrage extérieur au corps de place, renfermé par le même fossé que celui-ci , enveloppé par le même chemin couvert, et, en outre, ne tirant pas de lui-même sa propre défense. Quand il tire de lui-même sa propre défense , on préfère de l'u^peler ouvrage extérieur. Ainsi la tenaille , la demi-lune , la contre-garde, sont dès dehors) le chemin couvert est un ouvrage extérieur : un ouvrage a corne ou à couronne, dont Iç front tire de lui-même sa propre défense, est mieux appelé ouvrage extérieur que dehors. Le même ouvrage placé au-delà du chemin couvert, comme celui de Bellecroix à Metz, se nomme ouvrage avancé. On nomme eofîii ouvrages détachés > ceux qui ,
s/|fi £5SAI GkyktLkL DE FOBTIFICATIOll.
8uîte d'opérations successives pour prendre la place, n'en retarde nullement la prise , mais la rend seulement plus coûteuse en moyens et en hommes , par le concours plus grand d'opérations simultanées qu'elle exige. Ce même dehors a , à la vérité , fourni dans ]e cours antérieur des attaques un feu croisé avec celui des faces des bastions , qui a rendu tés attaques plus meurtrières. Il a aussi conservé intacts les feux des flancs et de la courtine , pour le moment d'agir contre le couronnement du chemia couvert» A contre les batteries qu'on y établit. Mais tout cela , je le répète , coûte seulement à l'assiégeant plus de monde , et l'emploi de plus de moyens , mais ne retarde pas nécessairement la prise de la place. II y a pllis ; une fois arrivé sur la crête du chemin couvert , l'assiégeant profite de la trouée que lui ouvre le fossé de la demi-Iufie , pour ouvrir une brèche de plus » à la face du bastion ^ brèche qui , faute d'épaulement au travers du fosse, peut ne lui pas servir poiu* aller h l'assaut, mais lui sert toujours & (découvrir d'enfilade et de revers le flanc de ce même bastion , ce qui rend nul le feu de ce flanc, et conséquemment sans péril le passage du fossé qu'il défend. Ce serait donc une question moins facile peut-être à résoudre qu elle ne le paraît d'abord au premier coup d'œil , que celle de savoir si , une fois parvenu au couronnement du chemin couvert , l'assiégeant trouvé
aa-delà do chemin couvert, sont isole's , oa au moins ne sont pas tîe's entre eux , en certain nombre , par un avant-chemin couTert commun, ou sont , de quelque manière que ce soit , par leur position , dans une sorte d'inde'pendancc. Tels sont à Metz , la lunette de la Chenau j et la redoute de Saint-Thibnut, rulgaircnicnt appelée le Pâté.
dans la demî-ltiue de Yaubau et des syslèmes qui Vont précédé , des obstacles ou des facilités à réduire prompleiDe nlH sûrement la place. Je remets à indiquer le remède i I» plupart des défauts de la demi-lune , au moment où j*aorai â Gaminerie système de Gormonuiogne qui les a , en grande partie, heureusement corrigés.
3^ ai déjà dit au commencement de ce chapitre , qu'il
n y arait pas grande différence dans la manière dont la
courûne et les flancs ) dans ce système, combattent par
leur canon le couronnement du chemin couYert, ainsi
que les batteries de brèche et les contre- batteries , à
celle dont ils s'y opposent dans les autres systèmes. Eu
effet , le canon ne tirant jamais sans être pointé , pourvu
qu'il le soit bien, pim importe qu il soit placé perpendi-
culaireoieot ou obliquement au parapet d'où il tirey et
que ses embrasuires soient droites ou biaises. Ses coups
nen paiTiendront pas moins à leur but^ et si le nombre
des canons employés est le même dans les deux cas , ce
qu'en effet nous avons déjà reconnu exister ici , il ne peut
y avoir de différence sensible dans les résultats.
U n en est pas de mâme de la mousqneterie. De façon ou d'autre , elle part presque toujours perpendiculairement du parapet d'où elle s'exécute. De nuit , le soldat , sans point de mire , et placé carrément en face du parapet , tire natnrellement devant lui. De jour, le danger de recevoir un coup mortel » au moment où il se découvre de toute la tète et d'une partie de la poitrine et des épaides, pour faire feu, danger qui croit chaque jour avec la durée du siège, et qui est devenu fort grand à l'époque qui nous occupe ; ce danger, dis-je , ne lui permet pas de donner, à bien ajuster son coup» le temps néces-
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sJlïre. Il le tire donc a peu près à raTenture^ et, commet de nuit, carrément à sa position. De là suit quelç couronnement du chemin couvert, et FétàUiBseBient des batteries de brèche et des contre-batteries, parfaitement eombatCus par la mousqueterie des faces des «bastions dana tous les s^tèmes, le sont au contraire fort mal par celle des flancs dans tous ceux qui, comme celui de Pagan ; n opt pas leurs flancs perpendiculaires a«ix lignes de défense. En effet ,' dans celui de Vauban ( t) , le moins défectueux de tous , tous les coups de fusil qui partent du flanc concave , vont passer par son centre , en sorte que ceux de pliisdela moitié deee flanc fichent dansla face et le flano du bastion opposé , iet même dans la partie de comtiiie qui touche k ce flanc; tandis que ceux du reste , divcrgeaiit depuis T angle flanqué de ce même bastion jusfpi'â la gorge de la, demi4utte ^ .dis^minent leur feu c^r un espace trop étendu , pour j pouvoir être suffisammenâ.fbiU'ai la où il faudrait qu^il le fût , o^est-à-djre sur^ les batteries de brèche etletf contre-batteries.
Si le flanc est droit , ce sera encore pis. Car tons les coups d'une moitié' au moins de ce flanc , s'adresseront a|i flanc opposé , et ceux de Vautre moitié, allant pour Ja plupart /fcAer dans la face qu'ils défendent, il ny en atu*a que fort |)eu qui , doublant Tangle flanqué, parvien* dront jusqu'à la crèle du chemin couvert en atapt de cet angle. •
La défense du fossé par la mousqueterie sera encore plus défectueuse , puisqu'elle ne sera opérée que par les flancs , dont nous venons de voir qu'il n'y a qu'une petite
nr
(0 Planch. 2f.