‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 49 sur 170 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Description ditaitlée d'une place de la construction de

Comumtaingne.

Gormontaingne est un ingénieur français gui a construit les beaux ouvrages des doubles couronnes de Bellecroix et de Moselle à Metz , et du couronné d'Tutz k . Thion ville (*) , rectifié la plupart des ouvrages qui for-

(*} Od a adopte pour le coaronn^ d'Tutz , le système de Connontaingne. Mais cetourrage n'a pas été construit d'après ses projets. Il est regarde comme inférieur aux doubles couronnes de Metz, pour If trac^, les détails et l'exécution ; et néanmoins, il est d'une époque postérieure. On commença à y trayailler en 173^. Bellecroix est de 1731 .Gormontaingne ne fut nomme à la direction de Thionvill^ qu'en 1744. Ed.

^52 ESSAI QÂRiRAL DR FORTIFICATION.

meiureiiccinte de la première de ces places ^ et ajouté au ( liàieau de Biiche des ouvrages qui ea fopt ttoe place trèsforte^ et qui Tavaient rendu dignfs de devenir la citadelle d*ujic place du premier ordre ^ dont il arait formé le projet daos cette position importanle^t capitale. Plusieurs autres projets d'un mérite reconnu ont encore conUîbué à le rendre recommandable ^ mais oequi Va surtout rendu célèbre parmi les ingénieurs de sa nation, ce sont ses mémoires sur la fortification ei sur les diiféi'entes branches de,la science.mjlitaire derSugéniôur ; mémoires qui ayant transpiré par extrai^ts , et sous différentes formes , soit de son vivant y ^}\ depuis sa mort , dans le corps dont il était membre , ont infiniment contribué à en perfectionner Tinstruction., en servaujt de ba$e aux leçons qujs les élëvqs de ce corps ont reçues à Técole établie depuis Tannée 17 5o, à Mézières.

Cet ingénieur n^afficha point la prétention d'un système qui lui fût particulier. Il se contenta de rétablir (i) au système de YaubâU liss flancs perpendiculaires aux lignes de défense (^)., et d'en t(;rminer le parapet à sa rencontre avec ces ligues , en portant la courtine en avant de cette même rencontre, de toute Vépaisseur de son parapet, ainsi que nous Tavons expliqué au chapitre premier.

Nous avons, dans le même chapitre, détaillé les règles qu'il suivit dans la construction de la tenaille. Nous

(I) PUnefa. 28, fig,J.

(*) CormontaiDgiic ne changes pas le trace des Hancs adopté par Vaiiban* M. de Bousmard confond ici le système <iui était enseigné à Te colc de Méûéres avec celni de l'ingénieur de Metz. Voyer ce dernier, planche 3 S, fîg. 3. ^-

Liv. I. CRAP. VII. a55

avons dit aussi comment , pour mieux couvrir les flancs de ses bastions, il aligna sur leurs faces, à lO toises de leurs épaules, les faces de sa detni-lune. Il en plaça Tangle flanqué, à rinierseclion de deux arcs de cercle , décrits de ^rliacun de ces points distans de lo toises des angles d'épaule , comme centres , et d'un rayon égal h l'intervalle qui sépare chacun d'eux de Vépaule du bastion opposé , ce qui laissa à cev^ângle environ ôy degrés et demi d'ouverture (i). Par là il remplissait son but prin-

(1) Je pourrais bien ici me tromper* sur les points qui servent de centres à ces arcs de cercle, lesquels points sont peut-être les ëpauies des bastions ; ce qui ayec la même ouverture de compas, porterait Tangle flanqué de la demi-lune , de quelque peu encore en avant , et ne laisserait à cet angle que 64 degrés.' Pourquoi , au reste, Cormontaingne u'a-t-il pas tout d'un coup ressente cet angle jusqu'à 60 degrés , en le portant le plus en avant possible; puisque son bot était la saillie de sa demi-lune , et que l'angle de GO degrés sufBt, comme nous l'avons vu, chapitre quati'ième /à t<.us les objets utiles delà défense? Je désirerais bien, au surplus, que mon lecteur partageât mon indifférence pour la connaissance exacte , et à la lettre , des moindres conditions de la construction de chaque syslème , et qu'il se contentât d'en pénétrer l'esprit. Je sais bien que c'est cela qui, jusqu'ici, s'est appelé savoir la fortification; mais j'espère que désormais l'on n'entendra plus par cette expression, que savoir parfaitement, et comment On hi dëfeml*, et Côttiment on l'attaque , et n'avoir conservé de sej dilTércns modes da construction que le souvenir des particularités avantageuses a sa défense , ou désavantageuses à son attaque , dans \ù. vue de faire usage et de réunir le plus possible des unes et des autres , dans l'occasion où on aurait de la fortification à construire.

(*) M. de boasmard se trompe en efTet. Vojez le Hémorial <U Cormontaingne pour im fortifieadoH jMrmaitmr» , pag. 6S. Le trtcé de le d<niiil-lane eflt trfe-iiinple. Ses face* doi. Tcot «voir 6o loiMs de loon; , et être «Ufiiéei icrr lee feèe» de« bastions,' à i5 toises drs épaalos. Cette coiifU>QcLJOD lui donne tin tnfl« sailtent dB74'' 36'. Les trtcés ei^ato s sont an peu diflerens ; mais dans tons les cas», les «ngte» saillaps des déini«|fin«a de Corinontaingue sont loin d*éire anssi aigus que M. de Bonsmard le sappoee. Ed.

«54 EêSJLl GÉlf^RAL DE FOBTIPIGATION.

eipal 9 de dépasser assez les saillans du chemin couvert des bastions , pour empêcher Tassiégeant de les couronner avant la prise de la demi-lune , dont chaque face exerçait en même temps un revers sur le couronnement du chemin couvert de la face opposée de la demt-lune collatérale. Semblablement les fossés et chemins couverts de la deoai-lune étaient défendus des faces des bastions , par un feu beaucoup moins oblique.

Pour assurer cet effet oe sa demi June , de retarder la prise du chemin couvert des bastions , et rétablissement des batteries de brèche contre le corps de place , il songea à la rendre elle-même plus difficile à prendre. Pour cela il lui fit un réduit, non plus à murs crénelés , mais à bon revêtement et à parapet de terre de 1 5 pieds au moins d'épaisseur , avec un fossé de 5 toises de largeur , à contrescarpe revêtue de maçonnerie. La grande capacité de sa demi-lune le lui permit d'autant mieux , que voulant rendre impossible l'établissement d'aucune batterie assiégeante sur cet ouvrage, il en réduisit l'épaisseur â ^ toises entre les deux cordons (^), espace strictement suffisant pour pouvoir y placer du canon (i). Ce réduit

(*) A 10 toîseg. 7 suffisent. Ed.

(1) Le lecteur trouverait ici une contradiction manifeste, entre un espace où l'établissement du canon assiégeant est impossible , et le mime espace suffisant pour recevoir le canon assiégé , si l'on ne se hâtait de lui expliquer cet apparent paradoxe , et de lui prouver qu'il ne rassemble point d'idées réellement contradictoires. Car pourquoi cet espace suffit-il au canon assiégé ? c'est parce que ce canon ayant devant lui 3 toises de parapet, y compris les talus de celui-ci, il lui reste encore 4 toises pour la longueur de son affdt, et pour l'espace nécessaire à son recul , qu'il n'a nul besoin de couvrir par derrière , puisqu'il ne peut être vu de ce c6té par l'ennemi, il n'en est pas de même de Tassic-

uf. !• cnAP. VII. 9«55

reçat des flancs parallèles à la perpendiculaire du front , lesquels purent, au moyen d'échancrures faites à Textrémité de la gorge de la demi^lune , tirer dans les brèches et sur les passages du fossé des bastions , et remplacer ainsi avantageusement Tefiet des orillons. De ces mêmes flancs on put par-dessus la demi-lune , même après sa prise , tirer des obus dans le couronnement du chemin couvert des bastions. Du reste , ï\ donna & ce réduit (i)^ pieds de commandement sur la demi-lune, et ne lesounût que de a pieds au corps de place.

Pour donner à ses chemins couverts , et surtout à celui extrêmement rallongé de sa demi-lune, un appui solide qui pei^mît d'en opiniatrer la défense , et en assurât la retraite , ainsi que la facilité d*y rentrer après en avoir été chassé , il construisit dans ses places d*armes rentrantes , des réduits ou retranchemens (a) revêtus. Pour i;ela, il agrandit beaucoup ces dernières, eu letir donnant* jusqu'à 27 toises de demi-gorge, mesurées sur la contrescarpe. De ces 27 toises , il en prit 20 pour la demi-gorge de son réduit, dont il se garda bien de mener les faces parallèlement à celles de la place d'armes , mais qu'il dirigea de manière à ne pouvoir être enClées , du Couronnement du chemin couvert, en alignant la

geanC S'il place répauletnent de sa batterie sur la gorge de la demilune, il sera forcé d*en raser le parapet, pour se donner en arrière l'espace nécessaire a la longaenr de son canon , et â son recul ; et alors il sera tu à revers de la &ce du bastion» sous un angle tel, qu'il loi aéra impossible de se garantir Je ce revers par des traverses , â quelque point qu'il les multiplie.

(1) Planch. 24,fig. 5 et 6.

(3) Planch. 33 et 24 , fig. 5 et 6.

256 £SS Al G£jriAAL Dfi FORTIFICATION.

crête du parapet de ebacune d^ elles , vers un point pris à 1 8 pieds de la face de la place d'armes , et en même temps à i5 pieds du crochet de sà. traverse (*)» Il doiîna i5 pieds de hauteur au revêtement de ce réduit , en terminant ce revêtement à la hauteur» de la crête du glacis. Il le surmonta d^un parapet élevé de 4 pieds de plus , dont il réduisit Tépaisseur à la pieds , excepté dans une petite partie de sa face joignant la gorge , où ce parapet pouvant être battu des batteries de T ennemi sur les saillans des chemins couverts du bastion et de la dettii-lune, eut besoin pour y résister d'un surcroit d'épaisseur. Il sépara ce réduit de la place d'armes par un fossé de i5 pieds de largeur et de 8 pieds de profondeur, dans lequel Tassiégé pressé dans le chemin couvert , pût descendre par deux petites rampes , et se retirer dans le réduit par deux petites poternes placées a l'extréiAité de ses faces ^ et sous le feu h bout portant du bastion et de la demilune (i). On voit qu'il resta encore en dehors des réduits, le même espace à peu près pour le rassemblement des

(' ) Ce trace est encore une réminiscence de Vëcole de Mézièresl Dans le système auquel Gormontaingne 8*ëtait arrête, système un peu ornèrent de ceux qui furent exécutés , les faces des réduits de places d*arme« ont 18 toises de longueur. Ces données suffisent ayec les demi-gorges pour tracer ces ouvrages. D'après les principes de Cormontaingnc^-lcun faces ne doivent pas , ainâ que rauteisr en £ût la remarque , être parallèles i celles des places d*armes* Ed.

(I) Gela n'est vrai que nùr le plan ; car dans la réalité, le bastion et la dMiii-hna n'ont point assez de râksf , pour que ni Tun ni l'autre de ces de«x ottwages'puisse voii' les poternes du réduit. Et quand bien même leurs parapets auraient j usqu'â un pied par tcise de plongée, il s'eii faudrai t encore de 5 à 6 pieds que le seuil de ces poternes ne pût être vu 11. faudrait donc relever ce seuil , et en même temps le 9tA du petit fossé, dans

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sorties dans ces grandes places d^ armes , que dans les places d'armes anciennes.

Outre la caponnière ordinaire du milieu de la courtine , il traversa par des demi--caponnières les fossés de sa demi-lune et de son réduit (i), tant pour défendre ces fossés par leui* feu et par des sorties , que pour se conserver en tout temps la libre circulation du fossé de son corps de place , même après que Tennemi serait logé sur r arrondissement de la contrescarpe de la demi-lune, et même sur celui de son réduit.

Par cette nouvelle construction , non seulement la demi-lune du front d'attaque ^ mais encore celles des fronts collatéraux , prirent de tels avanUges sur Tattar que des bastions , qu'il devint indispensable , quand on voulut attaquer deux bastions , de prendre trois demilunes , et pour attaquer un seul bastion , d'attaquer et de prendre deux demi-lunes ; à moins que la place ne fut un polygone d'un très-petit nombre de côtés, et

cet endroit, de trois pieds au moins , en allant regagner le fond du reste da fosse , par un plan parallèle à la plongée des parapets qui le dc'fendent.

(1 ) A. Bellccroix , dont les fosses sont secs , il a creas<^ ceux du rendait de la demi-lune de 10 à 12 pieds de moins qoe ceux du corps de p^ace, et a soutenu ce ressaut par un reTétemeat de maçonnerie. Outre l'objet rempli par cette construction., de traverser à couvert de ce ressaut la trouée du fossé de cet ouvrage dans le grand fossé, il a encore atteint celui bien important d'assurer la retraite dans le réduit , des troup«s qui soutiennent l'assaut de la demi-lune « lesquelles autrement pourraient être tournées et coupées par l'assiégeant, qui se jetterait daos le fossé du réduit , en tournant l'extrémité de la face de la demi- lune au moment où il donnerait Tassant â ce dernier ouvrage. On peut encore remarquer que ce fossé, moins enfoncé sous la plongée des parapets.du corps de place, en est plus exactement défendu.)

s58 S8SA1 fii!IÉllAL Bl POETmCATlOll.

n^eùt conséquemraent les angles formes par ces côtés , très-peu ouverts. Maïs, dès Foctogone, cette propriété du système d*obHger k Tatlaque de plusieurs demi-lunes , ne put que bien dîAcitemeut être éludée par i'assîé* géant , et son influence augmenta dans les polygones supérieurs , en raison de Touverture de leurs angles , de manière i tre quMl devint touNà-fait impossible de s'y dérober.

Il suivit de là que quanti cette ouverture s^ agrandit au point quMl n'y eut plus d'angle , c'est-à-dire quand deux ou plusieurs fronts contigus ftu^nt déployés sur la même ligne droite , cette propriété fut portée à son maximum , et qu'il devînt impossible d'établir entre deux demi -lunes , non seulement de couronnement , mais même de cavaliers de trancbée contre le cbemin couvert d'un bastion.

La propriété qu'ont en outre ces grandes demi-lunes , de voir réciproquement à revers le couronnement du cbemin couvert , les unes des autres , augmenta également d'intensité avec l'ouverture des angles du polygone , et atteignit aussi son maximum à la ligne droite.

Il y eut même mieux ; de cette disposition de plusieurs firoDts en ligne droite , ou seulement suivant dos angles de polygones tellement ouverts , que les bastions eussent leurs angles flanqués de 1 35 à i4o degrés d'ouverture, il résulta une nouvelle proposition non moins essentielle, c'est que le prolong^nent des faces de ces bastions fut intercepté par la pointe des demi-lunes, et complètement soustrait à la vue de l'assiégeant , et que celui-ci n'eut par conséquent, plus de dannéeê pour la direction et l'établissement de ses batteries à ricochet , cuxquelles il dut conséquemment renoncer.

UT* I. CBAP. TU. %iq

IndépenâftTainent de toutes cas propriétés déjà très* préûeuses, ces dévdoppemeDs de fortifications en ligne droite , oa en portions de polygones qui s^en éloignai en I pea, donnèrent aur l'attaque de Tun quelconque de ces fimtts , une réunion de fenx conyergens infiniment redooiabks à Tasaiégeant. Celui-^, pour les combattre, lut foree d'étendare ses parallèles et de multiplier ses hme^ nés 9 qui, n étant pas i ricochet, n eurcmt sur celles de l'assiégé aucun avantage, et leur laissèrent tout celui q[ue ces dernières avaient d'agir de derrière des parapets solides et de terre bien rassise , contre des épaulemens faits à la l&àte et de terre remuée. Les zigzags durent être pli» losDgs et à reuyors plus firéquens, pour échapper i récartement et à Ténorme emmtTgurt des ailes du front d'attaque : conséquemment il fallut de bonne heure cheminer en sape double. Le couronnement du chemin couvert dut être k double parapet, oyx , pour miemc ààX0^ être pourvu, outre son parapet , d'un para4o$.

Id se présente une objection : comment , di^a-t-on , est-il possible de développer en ligne droite la-fortification d'une ]^ace? Cela implique coutradiclion j jamais on ne pourrait former d'enceinte. D^accord , mais ne peut^cm pas en fortifiant une place , en disposer l'enceinte de manière que tout ce qu'elle a d^accesnble g% d^aua^iablc soit fortifié par plusieurs fronu eu ligue droite ? N^a-t-on pas quelquefois des espaces entre deuTf cscarpemens; ou entre une inondation ou un marais , et qs&elque autre obstacle naturel; ou a« eoitftuentde deux grandes rivières ; ou entre deux anses , baies , ou bras de mer? Qui, en un mot, empêche de profiter des obsta* clés naturels qui rendent inattaquables quelques parties de l'enoeinte d'une place, pour placci^ sijir îiu^ même

s6o ESSAI GÉnilAL «B FOETtflCATIOn.

ligne droite les fronts qui doWent en défendre les autres parties ? Ne peat-on pas aider à la nature , (ni ajoutant aux obstacles par lesquels elle défend déjà certains points, pour fortiBer sur la ligne droite les espaces compris «ntre ces points devenus artificiellement inattaquables ? En un mot 9 la propriété de la ligne droite une fois connue et constatée, un habile ingénieur en fortifiant des places, ne manquera pas d'occasions d'en tirer parti., ou saura les fiiipe naître.

ICHAPITRE VUI.

De rmUaguô et de la défense d^ane place de taeomime^

4ian de dfmumiaingne.

Nous prenons de voir que lorsque les places de cette construction étaient très-grandes , c'est-à-dire des polygones d'un très-grand nombre de o6tés, les avantages qu'elles prenaient sur l'attaque étaient considérables, et qu'au contraire ces avantages s'évanouissaient à peu de chose près , quand les polygones étaient très*petits , des pentagones ou des carrés , par exemple. Pour ne pas donc, ou exagérer, ou déprécier les avantages de ce système , nous allons en examiner l'attaque et la défense dans un cas moyen , c'est*à-dire sur un polygone d'une grandeur moyenne, tel par exemple qu'un décagone.

Nous remarquerons d'abord , comme un avantage bien léger à la vérité, l'éloignement où les attaques et batteries de l'assiégeant se trouveront du corps de la place , quoiqu'à la même distance qu'ailleurs des saillans du chemin couvert des demi-lunes , puisque ces saillans sont plus avancés de a5 ou 3o toises que dans le système de

Liv. I. CHAF* vm. s6i

Vauban (*)• De Jà résultera moiBS de justesse dans le tir de ses ricochets et de ses bombes, et, par conséquent, moins de ravage dans l'artiHerie placée sor le rempart du corps de place.

Nous venons de voir en gros, et nons nous en convaincrons bientôt en détail , que l'assiégeant ne peut se restreindre i moins qu'à Fattaque et k la prise de deux demi-lunes, pour parvenir à un seul bastion.

Mais pour prendre ces deux demi-lunes, il faudra que son attaque n'embrasse pas moins de trois bastions , sans quoi le cheminement sur les capitales de ses demilunes , serait trop tourmenté par le feu des deux bastions collatéraux à celui de l'attaque , que rien ne contrarierait, n laudra donc (i), paitdes batteries à ricochet établies dans le prolongement des faces de ces bastions, en éteindre les feux meurtriers , et que par conséquent , les parallèles s'étendent au moins (a) jusqu'à ces prolonge- -mens. Ainsi cette attaque , et toute attaque même restreinte à un- seul bastion , est pour le moins aussi étendue que celle qui se fait contre un front entier de fortification , puisqu'au lieu d'embrasser, comme celui-ci , par ses parallèles, et d'enfUerpar ses batteries à ricochet, deux bastions et trois demi-lunes , elle embrasse et enfile deux demi-lunes et trois bastions*

Il y a même mieux, car dans ce dernier cas Vassiégé a

(*) La différence est au plus de dix toises. Ed.

(1) Planch. 25.

(2) Je dis m moins , parce qu'a l'attaque des polygones dont les gles sont fort obtus , on fera fort bien d'étendre les parallèles jusqu'aux deux demi-lunes collatérales , bien entendu qu'on ne parle ici que des parallèles qui porteraient des batteries à ricochet. Les autres parallèles, au contraire , qui masqueraient ces batteries , derront être nicooiarci*s^

a64 B8SAI ctoifiAL nji fortification.

quelques travaux de moins à faire \ deux ponts de com« mumcation au lieu, de trois , si les fossés sont pleins d V«i » et dans tous les cas un retniiicbeiiient de bastion au liéU de deux. H n*a point, non plus , dans le mode de construction qui noua occupe, de retrancbemens à faire dans les places d*armes rentrantes du chemin couvert, puisque ces retrancbemens s^y trouvent tout faits. On pourrait croire quMI en est de même des retranebe-mens des demi4unes, puisqu'elles ont des réduits. Mais f " ces demi4unes , ayant en avant d'elles les réduits des places d'armes rentrantes ^ d'où dépend la tenue dans le obeaiia couvert du bas'tum, devront recevoir des cou« pures portées ju8qu'au«deU de l'alignement des traverses de œs places d'armes , tant pov qu'il soit possibk de aevMenir ces mêmes traverses après que l'assiégeant sera logé sur la brècbe de la demi-lune , que pour continuer à occuper cette partie de la demî-lune, d'où l'on pourrait voir jusque derrière la palissade de la place d'armes , et Boème l'intérieur de son réduit. 9? Le réduit de la demilune étant lui-même assez grand pour recevoir un re* trauobement , et la conservation de ses flancs étant essenlîeHe pour tirer à revers au pied des brècbes, et d^s les brècbes même des bastions, l'assiégé doit, aussitôt que l'attaque bien décidée lui %ura désigné quelles demi* luuel devront être attaquées, faire travailler dans le réduit de chacune de ces dcmi-Iunes ^ â un retranchement solide, qui lui conservant ses flancs en entier, aille de l'un k Tau-» tre , sous la forme d'une tenaille ou d'un simple angle rentrant. Ce retranchement dent, ainsi que les coupures de la demi-lune , èt*^ asses solidement construit pour obliger l'assiégeant , ou â guinder du canon sur ses ou* vrages , afin de forcer ces retrancbemens , ou à employer

ny. I. CHAI», viii. si65

la mine pour les renverser^ ce qui, dans Tuii et l'autre cas , lui causera de rembarras et du retard. Mais il est temps de passer au journal de Tattaquc et de la défense de ce système.

Après ce que je viens de dire des travaux de Tassiégé , il est , je pense , inutile de les faire entrer dans ce jouir nal, dont les premières nuits n'auront rien de particulier, et sferogcit jusqu'à l'établissement des demi-plàces d'armes , cojpformes en tout à ce que nous ayons remarqué à l'attaque du système de Yauban. En conséquence , nous passons tout ce qui précède la septième nuit.

ATTAQUK. D$PElfSB.

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