‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 52 sur 170 · LIT* I. .CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIT* I. .CHAP. IX

que pour le jmer de l'acrion des flancs de ce réduit sur le passage du fossé du bastion , et sur le revers de la

brèche.

Cûuunent $e feit-il donc que cet étalage d'obstacles nenoift ait arrêté dans l'attaque que nous venons d'en ùà^j que six à sept jours de plus que nous n'en avons mis à attaquer Vauban ? C'est que nous avons pu profiter de la trouée du fossé de la demi-lune , pour battre le bastion en brèche. C'est que , malgré le retranchement que nous avons supposé au réduit de la demi- lune , nous avons pu , aussitôt que nous avons été logés sur la brèche de ce réduit , faire abandonner à l'assiégé les coupures de la demi*lune , et les réduits de places d'armes rentrantes que plongent ces coupures. On voit donc qu'en remédiant aux défauts du système de Vauban par des demi*Iunes plus saillantes , qui d'abord ont rendu plus dit&àle et quelquefois même impossible l'établissement des bâtîmes à ricochet contre le corps de place , et qui ensuite ont oUigé l'assiégeant à les prendre avant qu'il pût s'élaMir sur la contrescarpe de ce corps de place , Cormontaingpe n en a pu éviter deux autres. Il a ouvert plus tôt et de plus loin , par la trouée du fossé dAa^demilune , accès aux batteries de brèche contre son corps de place , et il a lendu tous ses dehors, dont l'attaque successive aurait dû être nécessaire, tellement dépendans les uns des autres , que la prise de quelques-uns d'entre eux force l'assiégé d'abandonner ceux qui lui restent encore, sajàs que l'assîégean» ait la peine de les attaquer. Il fendrait donc , pour corriger le système de Cormontaîngne, fermer^ la trouée par laquelle , du saillant du chemin couvert de la demi-lune , on bat en brèche le corps de place , et rendre ses dififérens dehors tellement indépen-

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dans les uns des autres , que jamais Fabandon d'aucaii d'eux ne fût la suite de la prise des autres. C'est ce que nous tacherons de faire dans la partie de l'ouvrage qui traitera deg tentative à faire pour per^timtner Cart de fortifier Uâ places* *

CHAPlïftE X.

Deêoripiùm détaillée d'une place dans te système de

• Cœhom,

Coehom fut un ingénieur hollandais d'une très*grande rëpuution , qu'il sut mériter à force de talens et de services , et le bonheur qu il eût de servir sa patrie , dans un temps où l'aUaque et la défense de ses places éuient pour elle de la plus grande imporunce , contrit bua encore à faire valoir les uns et les autres. Fréquem* ment opposé à Vauban , et notamment à la défense de Namur en 1692 , il en reçut dans celte occasion les éloges que le génie , trop grand pour connaitre l'envie , ne refiise jamys au mérite.

Encouragé par ses louanges » instruit par son exemple >. il osa se déclarer son émule, et parvint chez les ennemis de la France » sinon à balancer la renommée et les succès de ce grand homme , du moins à rassurer sur l'influence qu'ils pouvaient avoir et qu'ils avaient jusqu'alors constamment exercée sur les événemens de la guerre. H fortifia les places de sa patrie et de ses alliés^ et enseigna aux uns et aux autres a les défendre, et à attaquer celles de scm rival. Enviant à celui ci la découverte des efifets du ricochet , et leur emploi dans l'at-

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laque, il y ajouta Finvention d'un petit mortier à grenades, cjui pendant long-temps a porte son nom. Ce mortier, léger au point de pouvoir être servi et même transporté par un seul homme , put facilement être employé partout au moment du besoin , et consommant très-peu de mtmitions, Tètre d'une manière très multipliée. Substituant ainsi à la grandeur souvent superflue des effets des grosses bombes , une foule de petits effets toujours meurtriers , répandus sur tous les points de Tattaque^, ces petits mbrtiers désolent les défenseurs des places , bien plus encore que les gros , qui , en nombre infiniment moîn« dre , ne portent leurs effets que sur peu de points à la fois. Coehorn réserva ceux-ci pour en diriger les bombes sur les batteries assiégées , enfoncer leurs plates-formes et briser leurs affûts, pour élargir les brècbes et en adoucir la montée , pour écraser les voûtes et incendier les magasins. Mais partout où il n'y avait que des hommes à chasser de derrière des parapets , partout en un mot où l'ef&t des grenades pouvait suffire , il n'employa qu'elles et que son petit mortier pour les lancer. Cette addition au ricochet et aux autres moyens de réduire les places , employés par^ Vauban , ne contribua pas peu au succès des nombreuses attaques de places, faites par lès alliés dans la guerre de la succession d'Espagne , et fit conséquemment pencher de plus en plus , en faveur de Vatuque , la balance que déjà depuis long-temps la défense était loin de maintenir égale.

Il fut également inventeur en fortification. Il fit ses fronts et ses ouvrages plus grands qu'aucun de ses prédécesseurs , multiplia les flancs , les feux et les retranchemens , fit ses chemins couverts du double au moins plus larges et plus spacieux \ et sa* fortification admirée

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de son temps par les seuls connaisseurs , a reçu , depuis sa mort, de Topinion publique , une sanction que le temps et les événemens pouvaient seuls lui donner. Le siège de Berg-op-Zoom , quolqu'étonnanunent abrégé par la valeur française, fut cependant encore et assez long et assez meurtrier , pour laisser aux vainqueurs mêmes la plus grande idée du mérite de ses fortifications et du système dans lequel elles sont construites ; et ce système , aussi vanté par les compatriotes de Fauteur que ceux de Vauban le sont par les siens , partage avec ces derniers l'avantage d^avoir été quelquefois adopté par des nations qui , étrangères à Tun et à Tautre , ont dû n'accorder cette préférence qu'à la valeur intrinsèque de la chose sur laquelle il était le plus *de leur intérêt de ne pas se tromper. Les fortifications de Manheim déposent de cet honorable partage en faveur de Coehom. Le mortier qui porta son nom , est également en usage partout » excepté chez les Français ; et il n'est peut-être pas indigne de remarque que ce peuple , toujours si empressé d'adapter à sa tactique et à sa discipline les manœuvres et les usages des étrangers , ait semblé mettre une sorte d* orgueil national à ne nen recevoir d'eux en fortification , et en attaque et défense des places, et n'ait pas plus fait d'usage des petits mortiers que de la fortification de Coehom , qu'il est temps enfin de faire connaitre.

Le premier principe que posé cet illustre ingénieur, est que la force de toute fortification ne consiste qu'à flanquer et qu'à couvrit ; c'est-à-dire que ce sont là , selon lui , les seuls moyens directs et positifs qu'ait cet art , de parvenir à son but. Mais il en est X indirects et de négatifs ^ s'il peut être permis de s^exprimer ainsi ,

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