LIV. I. CHAP. XII
n*y a donc d'autre parti à prendre pour faire commodé-
mcni cette brèche , que celui que nous prenons^ d'y lancer
successivement un grand nombre de petites fougasses )
dont le mineur, qui n'est autre que le bombardier, soit
hors d'atteinte de celles de la galerie de Tassiégé.
En même temps que ces fossés sets derrière les ouvrages en terre ^ rendent ceux-ci difficiles h emporter à Tas* siégeant parvenu jusqu'à eux , ils fournissent aussi de grauds moyens de lui nuire , quand il en est encore éloigné. Des canons, des obusicrs , et surtout des niortiers et des pierriers peuvent avec la sécurité d'une position enfoncée , et conséquemment cachée , y agir contre lui par plongée jT depuis l'ouverture de la tranchée jusqu'au passage du fossé inclusivement , sans nuire au jeu du canon de plein fouet , placé sur les ouvrages capitaux. Le chejnjp. couvert en avant permet aussi par sa largeur, et sur-? tout par la grandeur et la facilité des défilés de ses traverses^ d'ajouter à ce double étage de feux , celui de pièces qui , plus rapprochées del' ennemi y sont d'un effet encore plus meurtrier et plus sur.
Les feux de mousqueterie jouissent aussi dans ce système y d^emplacemens commodes et spacieux , tant dans les ^pemlns couverts bordés sans interruption de banquettes , que dans les contre-gardes et ouvrages bas, uuiquemeiit consacrés à cet usage. On peut également compter pour quelque chose le feu des coffres qui forment devant es places d'armes rentrantes un troisième étage de mousqueterie, qu'à la vérité l'assiégeant pourra combattre par quelques obus , lancés s'il se peut de ses premières batteries, ou au plus tard de celles de sa deuxième parallèle , et toujours ayant d'être à portée d'en recevoir du dommage.
53o KvSSAI GÉNÉRAL DC FORTIFICATION.
Ce n'est pas, nous le savons , qu il soit possible de réunir dans quelque place que ce soit des moyens suffisans en hommes , en armes et en munitions, pour pouvoir se livrer à ce luxe de feux de tout genre , mais c'est au moins toujours un très grand avantage d'avoir des emplacemens d'où Ton puisse s'eti permettre ce que comportent les moyens qu'on a et les circonstances où l'on se trouve, et entre lesqueU on puisse faire choix de ceux où ce feu peut être le plus utile, ou s'exécuter avec le moins de danger. * '
Quoi qu'il en soit, on ne peut disconvenir qu'il n'y ait constamment dans ce système un triple étage de feux d'artillerie , et une mousqueterie également à triple étage, agissant ou pouvant agir séparément et sans confusion , quoique simultanément (i). Et cette intention de l'auteur, de tripler partout les f(^ux, est si générale et si bien remplie , que ses flancs qui , couverts et masqués par les contre-gardes, ne peuvent étendre leur action au-delà de ces ouvrages , et sont limités à la défense du fossé en arrière , sont également triples , el ne peuvent conséquemment être directement contre-battus que par le tiers à peu près du nombre de pièces que leur ensemble réunit. ^0
(1) Cela ii*est, à la lettre, vrai que de l'artillerie en totalité, et qae de la mousqueterie du chemin couvert et des coffres seulement, qui peuyeot f sans aucun risque de se nuire rëciproqueroent , faire feu à la fois. Quant aux contre-gardes et demi-lunes basses, elles ne peuvent faire feu de leur mousqueterie , en même temps que le chemùi couver t qu'elles soutiennent, et sur la crête duquel elles sont destinëes à en faire un trés-yif, lorsque Tassiëgeant l'attaquera, ou l'aura fait, de quelque manière que ce soit, abandonner, en toutou en partie, a lassiege. .