‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 69 sur 170 · LIV. I. CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. XII

Les mêmes raisons de facilité des communications et de suppression des trouées sur le corps de place , qui nous font donner au second système (i ) la préférence sur le premier, nous la lui font également donner sur le troisième, qui plus encore que le premier pèche dans ces deux points essentiels, et a comme lui à ses bastions détachés le défaut d'un fossé sec , masqué par la masse de leurs orillons ou tours de pierres détachées de la face haute de ces mêmes bastions. Il est vrai que cette imperfection, dont est exempt le corps de place , est là d'une conséquence moin« dre que dans le premier système.

Ce troisième système présente d'abord dans ses seuls ouvrages détachés , le même ensemble que le premier système entier ; il n'y manque que la courtine et le troisième étage de flancs. Outre cette différence, il y en a encore quelques-unes dans les détails , lesquelles consistent, I* en ce qu'outre le coffre placé en avant de chaque place d'armes rentrante du chemin couvert, que l'auteur nomme redan, il adosse au talus intérieur du parapet de cette place d'armes, une galerie crénelée , et qu'en conséquence il recule à a toises en arrière de sa crête la palissade du chemin couvert dans cet endroit.

s"* Que devant la caponnière de la gorge de son ravelin capital , il y a un fossé sec , avec deux embranchemens qui se rendent aux faces du ravelin, en avant des deux sorties voûtées qui conduisent k son enveloppe basse , en s'alignant à peu près sur les coffres ou coupures de celte enveloppe.

3* Qu'à là gorge du bastion détaché , il y a une soni-

(1) Planch. 31 , fig. 2.

3S8 £S8AI GÉSiBAL DB FORTIFlGATIOlV.

blable éaponnière environnée d'un fossé sec , à la contrescarpe duquel il y a une galerie crénelée adossée.

Tous ces redoublemens de chicanes ne peuvent , on en conyient , produire qu'augroenution de bons effels*

Derrière ce système d'ouvrages détachés , se trouve le corps de place , formé de bastions à orillons ordinaires , revêtus, a doubles flancs, mais à faces simples^ joints par de doubles courtines , dont la basse est brisée en avant comme au premier système. Entre les deux courtines , au plus étroit de l'espace qu'elles laissent entre elles , est de chaque côté un petit havre d'où , par des passages voûtés, pratiqués so^s la courtine basse , on communique avec les ouvrages extérieurs^ à la gorge desquels se trcmve également une sorte de havre formé par l'échancnire cir^ culaire que l'auteur a soin d'y pratiquer.

Le corps de place est disposé en sorte que la pointe de ses bastions se trouve directement derrière I0 centre de la gorge des ravelins , et qu'il y ait un fossé plein d*eau de 20 toises de largeur, entre leur» faces et les goi^es parallèles des bastions détachés.

Outre les moyens de détail que la défense de ce système a de commun avec les autres, l'auteur a eu en vue de procurer aussi à ses bastions détachés qui voient respectivement les passages de fossé et les revers des brèches, l'un de l'autre , le même avantage qu'à ceux de son corps de place , d'avoit leurs flancs cachés aux contre-batteries de l'assiégeant \ et c'est à quoi l'on ne peut disconvenir qu'il n'ait parfaitement réussi , pour les uns comme pour les autres , par la position de ses i^velins et de «es contregardes , dont les masses barrent complètement les trouées des fossés ouverts en face de ces diflérens flancs.

La figure seconde de la planche trente-unième, cotée

MT. I. GSA9. XII. 3ig

dans tout ce <{a*eUe a de particulier à ce système , fait connaître les conditions les plus essentielles de son tracé, que nous avons, ainsi que Tauteur^ appliqué à un octogone dont le côté à F extérieur duquel il fortifie est de loo toises. Il n'est au reste pas indigne de remarque que, tant par le choix des trois diiférens polygones à cbacui^ desquels il applique Tune de ses trois méthodes , que par les longueurs différentes de leurs c6tés » et par les autres conditions de leurs tracés respectifs » il arrive constamment «nx mêmes résultats dsns le tracé de ses chemins couverts, c'est-à-^dire à faire faire à leurs branches entre elles des angles d'^environ loo degrés, et d'avoir toutes ces branches de la longueur dWviron 1 3o toises»

Quant au relief de ce système, il est i peu près le mènse que celui du premier dans tout ce qu'ils ont de semblable , ou pour mieux dire de aemblabUment placé. Les contre-gardes , ravelins et bastions détachés, et même les courtines » ont les mêmes hauteurs qu'au premier sys^ tème y les bastions seuls du corps de place ont 4 pieds de hauteur de plua«

Outre cette augmentation de hauteur, et le redoublement d'ouvrages qui entraîneraient Tun et Fautre plus de remuemens de terre » et conséquerament plus de dépenses relatives pour Texécution de ce système que pour celle du premier, eHe en exigerait encore , suivant les supputations de Fauteur., une moitié en sus dans Farticle le plaft importMil, cduî des maçonneries* Ainsi par cet endroit seul ce système nâritorait d'être rd^pé k la dernière ]daee panni ks trois qi^'a inventés! aBtcu]^, si déjà cette place ne lui était justement acquise par la difficulté des communications à ses nombreux ouvrages détachés, et par le désavantage des trouées que ces ouvrages kiesent^

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tant les uns ôuf les autres , que sur le corps de place, aux batteries du couronnement du chemin couvert.

Restent à corriger dans les trois systèmes , la faiblesse des réduits ou logemens maçonnés de leurs contrescarpes, et celle des coffres , galeries , caponnières et communications. Les premiers devraient être convertis en réduits de places d'armés retranchées à la Cdrmontaingne , les caponnières et redoutes être casematées à Féprcuve de la bombe , et les coffres , galeries et communications devraient également être voût& à l'épreuve sur des piedsdroits de 3 pieds au moins, d'épaisseur. Les coihniunications en capitale , loin d'être enfoncées au^essous du niveau des eaux, devraient avoir leur sol de quelque chose au-dessus de ce niveau, et avoir leurs pieds-droitvdepart etd'autrerecA««5<^de terre en talus jusquàhauteur delà naissance de leurs voûtes, précaution aussi très convenable k prendre pour les coffres , galeries , et même pour les caponnières casematées , afin de préserver les uns et les autres d'être enfoncés par l'explosion de barils de poudre que l'assiégeant roulerait contre leurs pieds-drolu.

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